‹ Histoire de la province ecclesiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa (volume 4)Chapitre 176 sur 193 · LA VISITATION DE GRACEFIELD, CANTON DE WRIGHT · texte numérisé non relu

LA VISITATION DE GRACEFIELD, CANTON DE WRIGHT

Lorsque, en 184g, Mgr. Guigues visita pour la première fois la Visitation, il y avait déjà dans cette mission, soixante familles canadiennes et une petite chapelle en mauvais état. Cette mission éloignée avait été visitée d'abord par M. Désautels, curé d'Aylmer, puis par le père Durocher, dans ses visites annuelles aux chantiers. Les pauvres colons qui avaient besoin du ministère d'un prêtre pour les baptêmes, mariages, etc., étaient obligés de descendre à la Pointe-Gatineau en canot d'écorce, à. l'énorme distance de soi-

xante milles. Lorsque les PP. oblats se furent établis définitivement à Maniwaki, la desserte de la Visitation leur fut confiée, et cette mission marcha, dès lors, dans la voie du progrès matériel et spirituel.

Voici les noms des pères qui desservirent successivement cette paroisse :

Rév. Père Thomas Clément, 1849-1853.

Rév. Père Paul Andrieux, 1853-1860.

Rév. Père Rég-is Déléage, 1 860- ler janvier 1868.

La mission se donnait d'abord, à l'est de la rivière Gatineau, dans une petite chapelle construite, paraît-il, en 1841, ou chez M. Augustin Ethier, homme excellent qui prêtait avec une générosité sans réserve, ses services et sa maison aux missionnaires. Plus tard, lorsque le chemin public fut ouvert de l'autre côté de la rivière:, les habitants supplièrent Mgr, de changer le site de la chapelle, et de la placer sur la rive droite, devenue plus accessible. Il obtempéra donc à leurs vœux, et choisit un terrain vis-à-vis de l'ancienne chapelle, qui appartenait à MM. Johnson et Lafrance. Ces citoyens firent don chacun de quatre arpents de terre (1856) et l'année suivante, Mgr. acheta le lot entier de M. Johnson. C'est sur ce lot que fut élevée, par le Père Andrieux (1857) la chapelle qui subsiste encore aujourd'hui. Elle a 70 pieds de long sur 40 de large, et ne fut terminée qu'en 1864. Le village de Gracefield coquettement bâti sur les bords de la Gatineau, comptait, en 1855, quinze habitants, il en compte soixante-quinze aujourd'hui.

Mg-r. avait l'intention de mettre à la Visitation un prêtre résidant, qui desservît le lac Sainte-Marie et tout le pays d'alentour. En 1864, il comptait cent quarante familles dans cette pieuse et jolie mission ; on parlait d'y construire un presbytère, et il espérait bien y envoyer dès l'année suivante un curé. Ce ne fut, toutefois, que quatre ans plus tard que l'affaire fut définitivement conclue.

Le 24 décembre 1867, veille de Noël, un prêtre récemment arrivé de France, M. Eusèbe Faure, vint s'établir à la Visitation, dont il resta le curé jusqu'en 1880. Il eut plusieurs vicaires : M.

G. Motte (14 mars-5 juillet 1874) ; MM. Corkery el Terreri, qui ne demeurèrent dans cette paroisse, chacun, que quelques mois.

A peine installé, M. Faure se hâta de faire construire un presbytère et une sacristie. Puis, il s'occupa de l'intérieur de l'église qui fut plâtrée et mise en bon état. Le clocher manquait ; il en éleva un et y plaça une cloche qui fut bénite par Mgr. Guigues (août 1871) lors de sa visite pastorale. Comme nous l'avons vu depuis son arrivée (1868) en même terhps que la Visitation, M. Faure desservait le lac Sainte-Marie. Il visitait également les nombreux chantiers qui couvraient alors le pays.

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