‹ Histoire de la province ecclesiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa (volume 4)Chapitre 178 sur 193 · SAINT-ANTOINE DE PERKINS MILLS · texte numérisé non relu

SAINT-ANTOINE DE PERKINS MILLS

ONSIEUR Chaîne, curé de Saint-Joseph d'Orléans, desservit la misssion de Perkins' Mills jusqu'en 1867, malgré les dang-ers que faisaient courir, à certaines époques de l'année, les débordements de la rivière.

Il parvint à terminer l'intérieur de la chapelle et à la mettre en bon état. Après lui, Perkins passa successivement sous la houlette des curés de l'Ange-Gardien et de la Gatineau. Les prêtres qui desservirent cette église furent : M, Ovide Charbonnier, de l'Ange-Gardien, du 5 mai au 7 juillet 1867 ; M. Dusserre-Telmon, de la Pointe-Gatineau, du 8 juillet 1867 au 23 juillet 187 1 ; M. Eugène Trinquier, de l'Ange-Gardien, du 24 juillet 1871 au 2 décembre 1873 ; enfin, M. L. G. Chemin, de l'Ange-Gardien, du 7 décembre 1873 ^^ 4 novembre 1874,

l'ange-gardien d' ANGERS.

M. Chaine, curé de Saint-Joseph d'Orléans, fut chargé (17 juin 1860) de la desserte des deux missions de Perkins Mills et de l'Ange-Gardien où il allait une fois tous les mois.

Son premier soin fut de faire procéder à l'érection canonique et civile de l'Ange-Gardien (6 et 30 octobre 1861)* afin d'être à

* On lit ailleurs 28 novembre pour la proclamation civile.

même de taxer les fidèles et de construire une église. Il y avait alors cent vingt-cinq familles dans cette misssion et Mgr. parlait d'y placer un prêtre résidant. En 1863, M. Chaine réussit heureusement à bâtir, à la place du village actuel, une chapelle temporaire destinée à devenir plus tard presbytère. Mgr. Guigues, dans sa visite du 12 octobre 1864, rend aussi hommage à la dextérité de ce missionnaire : "Grâce à l'intelligence de M. Chaine, les dissensions occasionnées par la question de l'emplacement de l'église se sont enfin apaisées. Le service divin se fait dans une maison destinée à devenir presbytère. Quatre arpents de terre ont été donnés par M, Maisonneuve et quatre autres par M. Monet. Cette mission compte actuellement cent cinquante familles."!

Deux ans plus tard, l'évêque constatait que la population n'augmentait plus ou que les terres étaient toutes prises, mais que les fermiers se fortifiaient et devenaient plus à l'aise.

Le 5 mai iSby, M. Ovide Charbonnier, prêtre français, remplaça temporairement M. Chaine, parti pour un voyage en Europe et desservit l' Ange-Gardien jusqu'au 7 juillet suivant. Il résida, croyons-nous, dans cette mission et constata qu'elle n'était pas prête encore à soutenir un prêtre. Après son départ, l'Ange- Gardien n'eut plus de missionnaire attitré. M. Chaine qui était chargé maintenant de la desserte de Sarsfield, s'arrangeait avec M. Jouvent, de Buckingham, pour visiter, de temps en temps, l'Ange-Gardien. Bientôt l'un et l'autre discontinuèrent leurs visites et cette mission fut comme annexée à Buckingham.

Un tel état de choses ne pouvait durer longtemps sans danger pour la religion. Le 24 juillet 1871, un jeune prêtre français, M. Eugène Trinquier, fut nommé premier curé de l'Ange-Gardien. Le 2 décembre 1873, ce prêtre ayant été envoyé sur le haut de la Lièvre fonder la paroisse de Notre-Dame du Laus, fut remplacé à Angers par M. L. G. Chemin (7 décembre 1873—4 novembre 1874).

Au mois de juin 1872, Mgr. Guigues, lors de sa visite pastorale, écrivit sur cette paroisse les remarques suivantes : "La

t Sans doute avec Perkins. On ne dit la messe que très peu de temps dans la chapelle de M. Mong^eon.

maison actuelle est trop petite pour une ég-lise. M. Trinquier en commence une nouvelle en pierre. Elle aura quatre ving-t-dix pieds de long sur quarante-six de large et coûtera quatre mille piastres. On espère qu'elle sera terminée à la Saint-Michel. L'intérieur se fera ensuite peu k peu. Les protestants vendent leurs terres."

L'espoir de Mgr. de voir se terminer promptement l'église fut déçu. L'entrepreneur avait demandé un prix trop bas pour son travail, on ne jugea point à propos de le presser et les travaux traînèrent en longueur. Ce ne fut que le 5 avril 1874 que M. Chemin, délégué par le Père Dandurand, administrateur du diocèse, put bénir solennellement cette église. Elle était en pierre et belle pour le temps. Les catholiques, sans être nombreux, étaient à l'aise.

L'année précédente, M. Trinquier avait acheté et bénit une cloche (25 septembre 1873).

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