PROCÈS VERBAL DE LA DÉDICACE DE LA CATHÉDRALE DE BYTOWN
" L'an 1853, le quatre du mois de septembre, jour de dimanche, l'église-cathédrale de Bytown, sous le vocable de la Très- Sainte et Immaculée Vierge Marie, a été consacrée par Son Excellence Monseigneur Cajetan Bedini, archevêque de Thèbes, nonce de Notre Saint-Père Pie IX, heureusement régnant, auprès de l'empereur du Brésil, ambassadeur extraordinaire auprès du président des Etats-Unis d'Amérique. Le même prélat a également consacré le maître-autel dans la cérémonie de ce jour ; et dans le tombeau de l'autel ont été mis des ossements de saint Victor, martyr, et le corps tout entier de sainte Félicité, martyre, qui a été découvert à Rome-, dans les catacombes le 22 janvier 1850. Dans l'acte authentique, il est constaté que le nom de Félicité est un nom propre. La cérémonie s'est faite avec beaucoup d'éclat et au milieu d'un peuple considérable et recueilli. Mgr. Eugène Guignes, évêque de Bytown et Mgr. Joseph Larocque, évêque de Cydonia et coadjuteur de Mgr. l'évêque de Montréal,
t Richard Moloney, oblat, né le 22 février 1822, à Cork ; ordonné le ler avril 1850 ; arrivé au Canada le 11 août de la même année ; nommé à Ottawa en 1854.
étaient présents ainsi que plusieurs prêtres. La municipalité de la ville a assisté en corps à la dédicace ainsi qu'à la grand'messe." Dans le courant de l'année 1858, on acheva les deux tours de l'église et on y plaça trois belles cloches. Ces tours sont d'une grande élévation et d'une parfaite élégance. Malheureusement les clochers qui les surmontent, étant en bois, devront, dans un avenir peu éloigné, être remplacés par une superstructure plus solide et plus coûteuse.
EGLISE SAINT-PATRICB.
La cathédrale ne pouvait plus suffire depuis longtemps à la population toujours croissante. Dès 1846, les catholiques de la haute-ville avait loué un appartement dans la maison d'un M. McCarthy,* où un prêtre de l'évêché allait chaque dimanche, leur dire la messe. En 1852, Mgr. Guigues acheta, pour la somme de douze cents piastres, une petite église méthodiste, rue Sparks, No 258, dans laquelle il fit des réparations, qu'il bénit et livra au culte le 31 mai 1852, sous le patronage de saint André, t Les prêtres de l'évêché continuèrent à desservir cette chapelle jusqu'en 1855, époque à laquelle elle fut érigée en paroisse séparée et confiée au P. Dawson. l Ce bon père agrandit l'église, acheta un orgue et des ornements, mais comme le digne homme se distinguait beaucoup plus par ses talents littéraires que par ses qualités d'administrateur, il ne tarda pas à s'embarrasser dans de telles difficultés financières qu'il fut obligé de renoncer à un fardeau trop lourd pour ses épaules. (11 août 1861). §
Les Oblats reprirent alors la desserte de cette paroisse.
* Rue Sparks, 401. Cette maison est aujourd'hui occupée par M. Landreville, voiturier.
t Cette petite église en pierre est aujourd'hui détruite. Elle était située dans un terrain vague, entre le bureau de Thackray et Cie et le magasin de M. Parker, teinturier, rue Sparks, 260.
X ^neas MacDonell Dawson, né en Ecosse le 13 juillet 18..., fit une partie de son éducation en France. Chapelain du couvent de Sainte-Marguerite d'Edinbourg en 1842. Arrivé au Canada en 1854. Curé de Saint-André d'Ottawa en 1855, d'Osgoode en 1870. Retiré en 1879. Mort à Ottawa en janvier 1895. Ecrivain distingué. (Rép. Gén. du clergé.)
§ Le premier acte que nous trouvons dans les registres de la paroisse Saint-Patrice est le baptême de Michael, fils de Michael Reddie et de May Wynne, signé ^neas Dawson, 16 décembre 1855.