COMTÉ DE PONTIAC, PROVINCE DE QUEBEC
^ OUS ne possédons aucun recensement du comté de Pontiac avant 1861, car cet immense district faisait jusqu'alors partie du comté d'Ottawa.
Le comté de Pontiac est peut-être la portion la plus pittoresque et à la fois la plus pauvre de toute la province de Québec. Les montag"nes des Laurentides tout-à-fait impropres à la culture, le couvrent complètement, laissant à peine entre elles et la rivière, une étroite bande de terre fertile qui va se rétrécissant jusqu'aux Allumettes pour disparaître un peu plus haut. Les bords seuls du lac Témiscamingue, au nord, sont unis et fertiles, mais la colonisatioe n'a commencé à s'y porter que dans ces dernières années.
La population de Pontiac est donc toute groupée sur la rive gauche de l'Ottawa, et quoiqu'elle semble insignifiante en comparaison de la superficie du district, elle n'a en réalité aucune chance d'accroissement considérable, à moins qu'un canal fluvial ne vienne ranimer le commerce de la région et créer des centres industriels. Cependant, là comme partout ailleurs, l'avenir est aux catholiques, qui luttent péniblement, mais avec succès, contre une population protestante riche et nombreuse.
Si les montagnes de Pontiac sont impropres à la culture, elles sont heureusement d'une grande richesse forestière, richesse que soixante années d'exploitation incessante n'ont point encore tarie, quoiqu'elles l'aient bien diminuée. Chaque hiver des milliers d'hommes travaillent dans les chantiers, et chaque printemps, les
rivières Coulong-e, Noire, du Moyne et de la Kippewa se couvrent d'énormes quantités de billots qui s'en vont à la dérive jusqu'à Ottawa, pour alimenter les puissantes scieries de nos Chaudières.
Sur les chemins des chantiers, on trouve un peu partout, épars ça et là, à de grandes distances l'une de l'autre, des fermes agréablement situées dans le creux des vallons, entourés de frais pâturages où paissent de nombreux animaux. Ce sont les hôtelleries des gens de chantiers. Mais si l'on peut trouver en abondance des coins fertiles, capables de nourrir une famille ou deux, on ne rencontre nulle part des plaines ou des vallées assez vastes pour qu'une paroisse se constitue ; les colons renoncent sagement à s'établir dans ces déserts, loin de la civilisation et de tout secours religieux. Ces fermes espacées sont une cause de soucis pour les missionnaires qui perdent parfois une semaine à la visite d'un malade, tout en ayant souvent la douleur d'arriver trop tard pour entendre sa confession.
Dans cette étude de la province de Québec que nous allons commencer, nous procéderons, comme il est naturel, de /ouest à l'est, c'est-à-dire d'en face de Pembroke, à Sheenboro, jusqu'à Grenville, en face du comté de Prescott.