SAINT-HUGUES DE SARSFIELD. (ANCIENNEMENT BEAR-BROOK
Dans ses notes de visite de juin de 1803, Mg-r. Guigues écrivait ces lignes : " Les gens du Brook ont pétitionné pour avoir une chapelle. L'éloignement où ils se trouvent de Cumberland leur donne idroit à cette faveur. Je la leur accorderai aux conditions suivantes : 1° de se pourvoir d'un terrain convenable, dans une position centrale ; 2° de bâtir la chapelle à leurs frais ; 3° de souscrire quarante louis pour le support du prêtre. Les billets souscrits pour l'ancienne chapelle seront applicables à la nouvelle, les limites entre les deux missions sont fixées, par la nature même, à la grande savane qui les sépare.
" La mission du Brook et le territoire du Lac resteront attachés à Cumberland, mais à cause de la difficulté des communications avec Cumberland, par l'obstacle de la savane, il a été convenu entre MM. Boucher et Bertrand, que ce dernier, moyennant le tiers du support, visiterait les malades qui l'enverraient chercher."
Les choses en restèrent là jusqu'en 1866, époque de l'incendie de Cumberland. La chapelle du Brook était alors située sur le numéro dix de la cinquième concession. L'année suivante, 1867, cette chapelle fut démolie et transportée au village de Sarsfield qui donna son nom à la mission, dans un site qu'elle occupe encore aujourd'hui, sur un terrain donné par un de ses principaux catholiques.
A partir de cette époque, la mission de Sarsfield fut enlevée à M. Boucher et donnée à M. Chaîne, curé de Saint-Joseph d'Orléans, qui y disait la messe une fois toutes les deux semaines. La chapelle, quoique petite, était suffisante pour la population.
Le 26 juin 1868, Mgr. Guigues visita Sarsfield ; il évalua la population à quatre-vingt-cinq familles, et donna l'ordre de terminer l'intérieur de l'église, de clôturer le cimetière et d'élever le support du prêtre à soixante louis.
Dans ses visites successives de 1871 et de 1873, Mgr. Guigues constata l'excellence des terres de la mission, l'accroissement lent mais constant de la population, et son bon esprit religieux.
Le 19 novembre 1873, M. Chaîne fut remplacé à la cure de Saint-Joseph par M. Sheehy.
SAINT-JACQUES d'eMBRUN.
Le premier prêtre résidant à Embrun fut M. Maurel (octobre 1864). Ce prêtre, arrivé de France l'année précédente et nommé temporairement vicaire à Fitzroy et aux Allumettes, fut averti, pendant la retraite ecclésiastique de 1864, d'avoir à se rendre à Embrun. On lui doit un presbytère, malheureusement construit dans de mauvaises conditions, et le cimetière qui fut bénit par l'évêque le 5 juin 1865. M. Maurel quitta le diocèse le 18 mai
A la date de 1865, Mgr. constatait que la population d'Embrun était déjà nombreuse. " Malheureusement, ajoutait-il, ces braves gens s'abandonnent à la boisson et se font exploiter par des marchands protestants."
En 1868, il constate que sans avoir beaucoup augmenté en nombre, la population s'est considérablement fortifiée au point de vue de la culture et qu'elle commence à prospérer. Il déplore aussi l'état de délabrement de l'église et du presbytère. Ce dernier est restauré, mais il juge qu'au lieu de dépenser de l'argent à réparer l'église il vaut mieux songer à en construire une autre en en pierre dans un avenir non éloigné. Cette construction d'une église en pierre le préoccupa jusqu'à la fin. Il en reparle souvent et demande (16 juin 1871) que lorsqu'on la bâtira, elle n'ait pas moins de cent pieds sur cinquante. A cette époque, Saint-Jacques d'Embrun comptait deux cent treize familles.
Après le départ de M. Maurel, la mission resta un an et demi sans curé. Elle fut desservie pendant ce temps par MM. O. J.
Boucher, Dandurand et Lombard. Enfin, M. Ag-nel y fut nommé (ler décembre 1867-ier octobre 1868). Pendant son court séjour à Embrun, ce prêtre restaura le presbytère. Son successeur, M. L. Francœur (6 novembre 1868-mars iSyijfit les galeries de l'ég-Iise. M. Jacob Guay, qui vint après (4 mars 1 871 -septembre 1873) s'employa à faire signer des billets pour commencer prochainement la construction d'un nouveau temple en pierre. Il eut pour remplaçant M. C. Guillaume (1875-1885.
SAINT-JOSEPH d'oRLÉANS.
Le premier prêtre résidant de Saint-Joseph d'Orléans fut un jeune français, M. Chaine. Vicaire desservant de ce poste qu'il s'agissait de fonder, à partir du 17 juin 1860, date de son ordination, il en'fut nommé définitivement curé le ler octobre de la même année. Il visitait en même temps l'Ange-Gardien et Perkins' Mills de l'autre côté de l'Ottawa. Mais comme à certaines époques de l'année la traverse de la rivière est fort dangereuse, dès que le départ de M. Boucher de Cumberland pour Clarence Creek l'eut éloigné de Sarsfield, Mgr. déchargea M. Chaine de ses missions du nord de la rivière et lui donna, en compensation, Sarsfield qui resta désormais attaché à Saint-Joseph (1867).
Nous trouvons dans les papiers de l'évêque d'Ottawa, la note suivante sur Saint-Joseph à la date de 1871 : Il y a cent-dix familles dans cette mission. On y a commencé une église en pierre de cent-quatre pieds de longueur sur quarante-quatre pieds de largeur. Les fondations sont achevées et les dépenses s'élèvent à onze cents piastres.
Les travaux se poursuivirent lentement, la population n'augmentant guère.
Le 19 novembre 1873, M. Chaine fut nommé curé de Curran et fut remplacé à Saint-Joseph par M. Sheehy. Il laissait l'église assez avancée : les murailles étaient achevées depuis le mois de mai et la charpente devait être posée dans le courant de l'année.
La vente des bancs avait produit six cents piastres, somme énorme, quand on pense que la messe ne se disait à Saint-Joseph, qu'un dimanche sur deux. Les dépenses de TégHse s'élevaient déjà à deux mille sept cent soixante-huit piastres. La population de la paroisse était de cent quarante familles, sans compter la mission de Sarsfield.