SAINT-PATRICE DE FALLOWFIELD
Nous avons laissé, dans un chapitre précédent, la mission de Fallowfield décidée, sous la pression de Mgr. Guigues, à bâtir une nouvelle église. Pour être juste, il faut dire qu'elle était plutôt décidée à ne rien faire du tout. Ses bonnes intentions étaient de celles qui ne se réalisent jamais.
A l'occasion de sa visite de 1861, l'évêque d'Ottawa écrivait : " Rien de changé à Fallowfield ; l'église est de plus en plus délabrée. J'ai menacé de l'inteidire, d'empêcher en même temps que le prêtre dise la messe dans les maisons privées et de ne plus mettre les pieds dans cette mission. Cet état de choses est réellement honteux."
Sous le coup de cette menace, les gens de Fallowfield donnèrent en 1862, le contrat de construction, mais ils se gardèrent bien
de commencer les travaux, pensant que l'évêque se contenterait peut-être de cette apparence de bonne volonté. Mal leur en prit, car dans sa visite à Richmond (hiver de 1864) Mg'r. Guigues leur manifesta son vif mécontentement et refusa d'aller chez eux. Cette fois, ils cédèrent tout de bon et le travail de la bâtisse fut entrepris sous la direction d'un comité de citoyens. L'église fut bénite solennellement le 21 octobre 1866 en présence d'un grand concours de peuple. C'était un édifice en pierre simple et peu vaste, mais suffisant. D'ailleurs, on mit longtemps à l'achever.
Dans sa visite de 1868, Mgr. Guigues écrivait : "Nous avons approuvé les livres du comité de construction qui est composé des principaux citoyens. Cent quarante-trois familles, généralement à l'aise, ont souscrit pour l'église. Elle a coûté jusqu'ici neuf cent soixante-douze louis, mais l'intérieur est encore loin d'être achevé et il faut clôturer le cimetière. Cette population est très morale."
La note de la visite de 1871 est très satisfaisante : " Nepean — Population, cent soixante-quatre familles. L'église est en pierre et bien finie à l'intérieur. Soixante-treize pieds de long sur quarante de large. Coût : quatre mille six cent vingt-sept piastres. On se propose d'y ajouter vingt pieds de plus et de faire un sanctuaire et une sacristie. Cette œuvre, une fois terminée, un prêtre vivra aisément dans cette mission, mais il faudrait acheter un emplacement convenable pour le presbytère et ses dépendances. On pourra l'avoir à de bonnes conditions de M. James Sterny."