‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa (volume 5)Chapitre 147 sur 199 · SAINT-MICHEL DE HUNTLEY · texte numérisé non relu

SAINT-MICHEL DE HUNTLEY

M. Vaughan continuait d'administrer la paroisse de Huntley. A la fin de 1863, probablement le jour de Noël, le feu prit à l'église qui périt avec tout son contenu. Cette calamité fut sans doute permise par la Providence pour réveiller le zèle endormi des habitants, qui se mirent immédiatement à faire des souscriptions et qui donnèrent à un entrepreneur d'Osgoode, M. Brennan, le contrat pour une jolie petite église en pierre, du prix de deux mille six cent soixante-douze piastres. En attendant, M. Vaughan dit la messe, d'abord, dans des maisons privées, puis, quand vint la belle saison, dans la grange d'un homme vénérable, John Kennedy, le patriarche des catholiques du pays. Voici l'acte de bénédiction du nouveau temple :

"Le 26 février 1865, la nouvelle église de pierre récemment érigée dans la huitième concession de Huntley, a été solennellement bénite et dédiée, sous le patronage de l'archange saint Michel, au Dieu Tout-Puissant, par Mgr. Guignes évêque de ce diocèse, en présence des soussignés :

Edward Vaughan, Prêtre.

TiMOTHÉE Ryan, O.M.I.

John O'Connor, Secr. D. D.

J. J. Collins, Prêtre.

En 1866, Mgr. Guignes constate l'existene, à Huntley, de 147 familles. Il constate également, mais avec regret, que la faute commise à Richmond s'est répétée ici, et que les murs, écrasés sous le poids disproportionné de la toiture, doivent être reliés par des barres de fer.

M. Ed. Vaughan, quitta Huntley, le premier juillet 1868, et fut remplacé par M. O'Malley, ler novembre de la même année. Dan« l'intervalle, M. O'Connell de Richmond, avait été chargé de la visite des malades.

Au mois d'août 1870, la mission de Huntley fut éprouvée par un désastreux incendie qui dévasta tout le pays d'alentour jusqu'aux portes de la ville d'Ottawa. Quatre maisons d'habitation seulement devinrent la proie des flammes, mais les forêts furent anéanties, une foule de grang-es furent consumées avec ce qu'elles contenaient, et beaucoup de bétail périt. Les servitudes du presbytère partagèrent le sort commun ; on employa quatre cents piastre, l'année suivante, à les remplacer.

SAINTE-MARIE d'ALMONTE.

Comme nous avons vu, la desserte d'Almonte appartenait, en 1861, à M. Vaughan, curé de Huntley.

Dans sa visite de 1864, Mgr. Guignes constate l'état de délabrement dans lequel tombe la chapelle, et autorise une dépense de cent louis pour réparer la toiture et une partie des enduits.

Au commencement de 1868, il visita de nouveau Almonte et observa avec joie que ce village, grâce aux manufactures qui s'y établissaient, était en passe de devenir une ville prospère. Il conçut dès lors le projet de bâtir là une église qui fut digne de l'avenir qu'il prévoyait. Un accident l'aida puissamment dans ses proiets.

Pendant la nuit de Noël de cette même année 1868, le feu prit dans l'église qui fut réduite en cendres. La perte n'était point irréparable ; d'ailleurs une assurance de quinze cent quatorze piastres qu'on reçut adoucit considérablement les regrets.

M. O'Malley, depuis quelques mois déjà, avait succédé au Rév. M. Vaughan.*

C'est à lui qu'échut la lourde charge de réparer les ruines. En attendant qu'on put bâtir un nouveau temple, les exercices religieux se tinrent chaque dimanche pendant près d'une année, dans la grande salle appelée Reilley's Hall. Quelques jours après l'incendie, le 6 janvier 1869, les catholiques se réunirent en assemblée,

* Le Rév. Antoine O'Malley naquit le 17 avril 1816 à Balynrobe, Mayo, Irlande. Ordonné le 8 mai 1847, il arriva au Canada le 24 juin suivant. Il fut successivement vicaire de Notre-Dame de Montréal, curé de Sherringfton (1849) de l'Orignal (1854) de Portage-du-Fort (1861) et de Huntley (1868). Il se retira dans son pays en octobre 1884.

pour former un comité qui se chargeât de recueillir des fonds et de présider aux travaux de reconstruction. Ce comité fut composé de neuf membres, hommes actifs et dévoués: MM. Isaiah McKean, E. Dowling-, John Vaughan, Michael Foley, Wm. Reardon, H. StafFord, Robt. O'Brien, J. O'Reilley, P. Reilley, qui se mirent aussitôt à l'œuvre. Le plus grand enthousiasme régnait dans la population ; les listes de souscription se remplirent avec rapidité, les protestants donnèrent eux-mêmes leur obole, bref une somme considérable fut recueillie, et, dès le 29 juin 1869, M. O'Malley, en l'absence de Mgr. Guigues, alors au concile du Vatican, put bénir la première pierre du magnifique édifice qu'on préparait. Ce ne fut que plus tard, toutefois (1875) que l'église a été bénite, à cause des retards qu'occasionnèrent les travaux intérieurs ; mais depuis longtemps déjà on y disait la messe.

En juillet 1872, Mgr. Guigues considérant l'importance toujours croissante d'Almonte, se décida à y envoyer un curé résidant. Il choisi pour cette charge le docteur Rémi Faure, alors vicaire à Saint- Patrice.! Ce prêtre ouvrit les registres paroissiaux dont le premier acte date du 21 juillet. Comme on n'avait point encore de presbptère, M. Faure s'installa provisoirement dans une une maison proche de l'église, jusqu'à ce qu'il prît possession de la demeure qu'on lui préparait (15 décembre 1873). Le presbytère est en pierre bosselée, entouré d'une belle plantation d'arbres verts, et digne en tout de l'église et de la ville d'Almonte.

On doit à M. Faure la fondation d'une belle école catholique séparée. Toutes ces constructions sont élevées sur un terrain de quatre arpents donné à la paroisse, à l'époque de la construction de l'église.

On comptait en 1873, ^ Almonte' cent vingt familles catholiques dont quatre-vingts dans la ville et quarante à la campagne. Ce nombre s'est considérablement accru dans la suite.

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