SAINTE-CÉCILE DE MASHAM
M. Brunet, curé de Masham en 1860, resta peu de temps dans ce poste, puisque, le ler septembre 1862, il était transféré à l'Orignal. Son successeur fut un prêtre français, récemment incorporé au diocèse, M. Louis Frémont. Ce prêtre mourut quatre ans plus tard (21 juin 1866) au presbytère de Masham, et son corps fut enseveli dans l'église.
A sa mort, Masham resta pendant près de deux ans, privé de prêtre résidant. M. Philippe, curé de Farrelton d'abord, puis M,
Camille Gay, curé de la même paroisse, enfin le père J. B. Baudin, oblat, furent successivement charg-és de cette pénible desserte.
Au commencement de l'année 1868 (ler janvier) M. Charbonnier, qui avait desservi la paroisse de Saint-Joseph d'Orléans, pendant le voyage en Europe de M. Chaîne, s'étant trouvé libre, fut nommé curé de Sainte-Cécile de Masham,
M. Charbonnier eut un vicaire ou plutôt un remplaçant dans la personne de M. Jacob Guay, pendant une partie de l'année 1870. En 1873 (19 septembre) il fut envoyé à l'Orignal aider M. Mancip, malade, et eut pour successeur l'ancien curé de Saint-Luc de Curran, M. Bertrand, qui demeura à Sainte-Cécile jusqu'en
C'est pendant l'administration de M. Charbonnier que s'accomplit la catastrophe redoutée depuis si longtemps, et que la prudence de Mgr. Guignes ne put, malgré tous ses efforts, retarder davantage, nous voulons parler du passage à l'hérésie d'un certain nombre de catholiques.
Nous avons raconté dans un chapitre précédent, quelles rancunes profondes avait soulevées la question de l'emplacement définitif de l'église. Mgr. se trouvant impuissant à résoudre pacifiquement cette question, l'avait ajournée, mais le temps était enfin venu où il fallait prendre un parti.
En 1870, l'ancienne chapelle tombant en ruines, et la population s'étant considérablement accrue, il fut décidé unanimement que l'on construirait une nouvelle église en bois, spacieuse et convenable. Deux parties se formèrent alors :' les uns la voulaient à la place même de l'ancienne chapelle, les autres à quatre milles plus haut. Mgr. Guigues, consulté, opta pour l'ancien emplacement qui fut définitivement choisi. Lorsque, en 187 1,* on voulut procéder à l'érection civile de la paroisse afin de pouvoir faire les répartitions lég-ales et taxer les habitants, sept des opposants se révoltèrent, se proclamèrent protestants, et apostasièrent leur foi. Toutefois, grâces aux supplications de leurs femmes restées fidèles, trois de ces derniers reconnurent leur erreur et rentrèrent au gfiron
* Le décret d'érection de la paroisse de Masham est daté du 24 décciTibre 1868, mais la proclamation n'en fut faite que le 8 août 1871.
de l'église. Les quatre autres ont persisté dans leur fatale détermination. L'ég-lise fut construite par l'entrepreneur Rocque.t Elle était en bois, convenable et assez vaste pour le temps. Le jubé fut ajouté, après coup, par les soins de M. Bertrand. Masham comptait, en 1872, cent vingt familles.