LE LAC SAINTE-MARIE
Nous avons raconté dans un chapitre précédent, la première visite de Mgr. Guigues au lac Sainte-Marie (1849). autre évêque, Mgr. Bourget, était déjà monté, en 1841, dans cette mission, alors extrême limite de la civilisation, et en avait fait le centre des catholiques qui travaillaient dans les bois environnants. M. Désautels, curé d'Aylmer et de toute la rivière Gatineau l'avait pourvue de tous les terrains nécessaires, à savoir : dix acres pour l'église, un acre pour l'école et deux acres pour le cimetière. Cette terre était une donation du gouvernement à l'évêque de Montréal, donation sanctionnée le 9 mai 1845 par le gouverneurgénéral. Plus tard, M. Nault, le principal habitant du pays, fit don k Mgr. Guigues d'un lot de cent arpents pour l'église. Lors de la visite de Mgr. Bourget, la petite chapelle ouverte à tous les
* Nous avons pris une grande partie de nos documents pour les paroisses du lac Sainte-Marie, de la Visitation et de Bouchette dans les annales des Pères oblats de Manivvaki.
vents dont parlait Mgr. Guigues existait déjà. Elle était pittoresquement située sur les bords du lac Sainte-Marie et avait été construite par M. Désautels. Le Père Durocher et les autres missionnaires des chantiers la visitaient deux ou trois fois chaque année, et lorsque la résidence de Maniwaki fut établie, ils en prirent officiellement la desserte.
Les missionnaires du lac Sainte-Marie furent :
Le Rév. Père Clément, de 1849 à 1853.
Le Rév. Père Andrieux, de 1853 à 1860.
A partir de 1860, le lac Sainte-Marie devint mission de Farrelton, et M. Camille Gay y dit la messe régulièrement tous les mois. Sept ans plus tard le lac fut rattaché à la Visitation de Gracefield et placé sous la houlette de M. Eusèbe Faure, lequel y construisit, en 1873, l'humble chapelle en bois, de quarante pieds sur trente, qui subsiste encore aujouid'hui, et acheta une cloche de cinq cents livres. Cette mission comptait alors une cinquantaine de familles.
La population de ce canton est irlandaise et canadienne ; le ministère s'y fait donc dans les deux langues. Elle est d'une foi et d'une docilité vraiment exemplaires. Les terres y sont très bonnes, mais les chemins y étaient mauvais alors, et en faisaient un territoire d'un difficile accès. Les habitants, tous bûcherons, méprisaient la terre et ne savaient point tirer profit des richesses qu'elle leur offrait. Ils n'ont point encore changé sur ce point, ce qui retarde considérablement leur progrès.