‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa (volume 5)Chapitre 187 sur 199 · NOTRE-DAME DU LAUS · texte numérisé non relu

NOTRE-DAME DU LAUS

Quinze milles environ au-dessus de Notre-Dame de la Garde, se trouve dans le canton de Wells, le petit villagfe de Notre-Dame du Laus. Mg-r. Guigues voyant que les bûcherons dispersés çà et là sur les bords de la rivière étaient presque abandonnés et privés de tout secours religieux, résolut d'y envoyer un prêtre résidant, en vue de réaliser enfin le rêve qu'il avait formé depuis son fameux voyage de 1849. M. Trinquier, curé de l'Ange-Gardien, fut donc l'homme choisi pour la tâche ingrate autant que généreuse de vivre dans ces déserts éloignés du monde, dont, depuis vingt-deux ans, il a su faire une chartreuse. Il se fixa, non au lac des Sables, où Mgr. Guignes avait eu jadis l'intention de fonder une chapelle, mais cinq milles plus bas, au lieu connu sous le nom de Notre- Dame du Laus. Tous ses paroissiens sont établis sur le bord de la rivière qui est le grand chemin du pays et sur laquelle le canot d'écorce est encore le véhicule en honneur. Ces gens ne prospèrent guère, car, au lieu de se livrer à la culture des champs, ils préfèrent les hasards de l'exploitation forestière qui n'enrichit guère que les gros bourgeois de Buckingham pour lesquels ils travaillent à l'entreprise.

M. Trinquier nommé, le 2 décembre 1873 curé de Notre- Dame du Laus, s'empressa de construire un presbytère et une chapelle qu'il a remplacée depuis, par une charmante petite

t Extrait du rapport de M. Richer, curé de la Salette.

église en bois, chef-d'œuvre de menuiserie locale. Nous raconterons plus tard comment sa mission s'est étendue sur les bords de la rivière jusqu'aux solitudes du grand Nord.

SAINT-JEAN l'ÉVAXGÉLISTE DE THURSO.

Thurso fut, comme nous avons vu, desservi de Buskingham jusqu'en 1864. A cette époque {17 octobre 1864) M. de Saunhac, curé de la Passe, y vint en qualité de premier curé résidant. Ce prêtre trouva une petite chapelle bien modeste, et un petit presbytère plus modeste encore, si c'est possible, qu'on venait de terminer, cette année même. Il acheta une cloche et surmonta la chapelle, non pas d'un clocher, comme le disent les archives, mais d'une pauvre petite coupole en cuivre dont les rayons ternis étaient devenus la risée des fiers habitants de Buckingham et de Papineauville.

M. de Saunhac ayant quitté le diocèse pour passer dans celui de Kingston (8 juin 1867) fut remplacé temporairement, par M. Olivier Boucher, curé de Clarence. Le 17 novembre suivant, un prêtre nouvellement arrivé dans le diocèse, M. George Rigby, fut envoyé à Thurso.

Au commencement de janvier 1870, M. Rigby partit à son tour, et eut pour successeur, M. Aubert de Gaspé, de Québec, qui ne demeura pas longtemps non plus dans le diocèse.

Le premier mai 1871, un jeune prêtre, M. Towner, le remplaça. M. Towner fut nommé en novembre 1874 curé de Saint- Eugène et M. André, vicaire à la cathédrale d'Ottawa, vint lui succéder dans la petite paroisse de Thurso. Le premier acte de ce dernier est signé du 21 novembre 1874.

Pendant toute cette période, la population de la mission n'augmenta guère parce que toutes les bonnes terres étaient prises, mais l'esprit chrétien s'améliora, les protestants perdirent de l'influence et la misère des premiers temps commença à faire place à une aisance relative.

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