‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa (volume 5)Chapitre 194 sur 199 · NOTRE-DAME-DES-SEPT-DOULEURS DE GRENVILLE · texte numérisé non relu

NOTRE-DAME-DES-SEPT-DOULEURS DE GRENVILLE

La mission de Grenvilje se trouvait, en 1861, dans la plus fâcheuse situation. Il fallait y bâtir une église, et le bon sens exigeait qu'elle fût placée dans le village, à portée de la rivière, du canal et du futur chemin de fer dont on commençait déjà à parler. D'un autre côté, on avait tout à craindre du ressentiment de Beauchamp et des gens qui s'étaient attachés à son parti. Ce qu'on craignait depuis longtemps, arriva en en effet. Le gouvernement céda les deux lots de village qu'on lui avait demandés. Le contrat pour une église en pierre fut donné (1862) et grâce à l'énergie de M. Mancip, qui profita de la présence d'un grand nombre d'ouvriers travaillant au canal, pour faire des quêtes fructueuses, tout fut si bien poussé, qu'en novembre 1862, Mgr. Guigues put venir faire la bénédiction solennelle da l'édifice. L'intérieur, cependant, était loin d'être terminé, et ne le fut que plus tard.

Dans ces conjonctures, Beauchamp et ses amis, ne voulant pas se soumettre au nouvel ordre de choses, prirent un parti désespéré, apostasièrent et se firent protestants ou suisses, comme on les appelle, à la grande désolation de tous les bons catholiques de la paroisse. C'est ainsi que l'orgueil et l'entêtement aboutissent toujours aux dernières catastrophés.

La note de Mgr. Guigues sur Grenville (juin 1864) respire la douleur que lui avait coûté ce triste événement. Celle de juillet 1866, au contraire, est plus consolante. Elle constate une réaction dans la paroisse dans le sens de la piété, et la diminution de la dette de l'église. Mgr. recommande qu'on termine les travaux de l'intérieur, et manifeste le désir d'envoyer à Grenville un prêtre résidant qui puisse moraliser la paroisse et faire cesser les scandales causés par les jeunee gens des cages et l'abus des boissons.

Enfin, en 187 1, un jeune prêtre qui venait d'être ordonné à Ottawa, le 3 juin, M. Foley fut nommé curé résidant à Grenville. Sous son administration un presbytère fut construit, dans lequel il entra dans le courant de l'été suivant (1872). L'ég^lise fut terminée à l'intérieur, et le bon ordre fut rétabli partout. En juin de cette même année, Mgr. constata l'accroissement de la paroisse et surtout du village.

A la fin de 1874, M. Foley fut appelé à l'évêché et remplacé à Grenville par M. Chemin, curé de l'Ange-Gardien (12 novembre).

SAINT-PHILIPPE D'aRGENTEUIL.

L'histoire de Saint-Philippe dans cette décade se résume en peu de mots. M. Mancip était chargé des deux missions, et disait la messe tous les quinze jours successiv^ement à Grenville et à Saint-Philippe.

En juin 1864, Mgr. Guigues se plaignit de l'importance de la dette et du manque de générosité des paroissiens à l'égard de leur curé. En 1866, au contraire, il constate une grande diminution dans la dette de l'église. Enfin, en juin 1872, il a la satisfaction de voir que toutes les dettes sont éteintes, et il recommande de faire des économies dans la prévision de l'érection d'une nouvelle église à une date qui ne saurait désormais, être très éloignée.

Depuis 1870, M. Mancip était chargé de la mission de Saînt- Joachim, de l'autre côté de la rivière. Ce prêtre, dont la santé était déjà chancelante, avait accepté cette desserte que lui offrait le curé de Saint-Eugène, dans l'espoir d'être déchargé de la pénible mission de Grenville, ce qui eut lieu, en effet, car presque aussitôt, Mgr. Guignes envoya M. Foley dans ce dernier poste, en qualité de curé résidant.

Le novembre 1873, M. Mancip fut nommé curé de l'Orignal où il décéda peu de temps après. Son successeur à Saint-Philippe fut un autre français, M. Comminges (1873-1877).

TABLEAU COMPARATIF DES RECENSEMENTS DU COMTÉ D'AR- GENTEUIL EN 1861 ET EN 1871.

Canadiens- Irlandais Total Protestants Population

français. catholiques, catholiques. ' totale.

Nous parlerons une autre fois du comté de Terrebonne. La population dans les limites du diocèse s'y élevait déjà à 1449 âmes toutes catholiques moins une.

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