‹ Histoire de la province ecclesiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'OttawaChapitre 110 sur 277 · SAINT-ISIDORE DE PRESCOTT · texte numérisé non relu

SAINT-ISIDORE DE PRESCOTT

Nous avons vu que le 13 août 1882, M. J. H. Lecourt, ancien professeur au petit séminaire de Sainte-Thérèse, avait été nommé premier curé de Saint-Isidore de Prescott.

Ce prêtre fut appelé, par un singulier retour des choses, à desservir, en même temps que sa paroisse, celle de Fournier qui était ramenée à l'état de mission, à cause, sans doute, de la mauvaise volonté que mettaient les paroissiens à souscrire leurs billets d'église.

M. Lecourt fit bénir par Mgr. Duhamel, une cloche (9 octobre 1882) et construisit un joli presbytère en bois, lambrissé de briques, de trente-six pieds de longueur sur trente-quatre de largeur.

Après trois années de résidence à Saint-Isidore, ce prêtre rentra dans son diocèse, laissant sa succession à M. Guillaume, ancien curé d'Embrun (22 septembre 1885).

M. Guillaume fut à son tour remplacé (30 mai 1888) par le curé de Wendover, M. Larose, lequel ne demeura à Saint-Isidore que deux ans. C'est à cette époque (26 septembre 1890) que Mgr. Duhamel envoya dans la paroisse le curé actuel, M. J.-O. Boulet.

Une imposante cérémonie eu lieu vers ce temps-là dans la paroisse (15 février 1891). Le Rév. M. L.-D. Grenier, fils d'un des principaux citoyens du village, fut ordonné prêtre par l'archevêque d'Ottawa. Cette même année, M. le curé érigea six grandes croix dans les divers rangs de la paroisse. Il fit également prêcher deux missions : l'une par le Rév. Père Gafïre, dominicain, la seconde par le Rév. Père Alexis, capucin.

On compte à Saint-Isidore, cinq écoles, trois publiques et deux séparées, qui sont fréquentées par deux cent cinquante enfants.

L'église n'est point encore terminée, mais comme la fabrique n'a plus de dettes, il est à souhaiter qu'on entreprenne incessamment les travaux qui doivent en faire un des beaux temples du dio-

cèse.* L'union et l'esprit de foi distinguent cette population laborieuse.

La paroisse de Saint-Isidore comprend environ deux cent quarante-quatre familles catholiques, toutes, moins une, de langue française.

SAINT-VICTOR d'ALFRED.

La paroisse de Saint-Victor prospérait de plus en plus, et le temps était venu de parachever l'église. M. Lavoie donna donc à M. Cyrias Ouellet, entrepreneur, de Kamouraska, le contrat pour la voûte, les bancs et la décoration intérieure. Ces divers travaux qui coûtèrent douze milles piastres, furent terminées en 1887, à la satisfaction universelle. Saint-Victor passa, dès lors, pour un des postes de choix du diocèse, et Mgr. consigna dans les registres la satisfaction que lui causait l'habile administration du curé.

M. Lavoie, dont la santé s'affaiblit, demanda, (30 mars 1890) un congé de quelques semaines pour aller aux Etats-Unis. Pendant son absence, un ancien sulpicien, de passage dans le diocèse, M. Archambault, desservit la paroisse. A son retour, M. Lavoie ne se sentant pas guéri, donna sa démission et s'en alla passer l'hiver dans l'île de Trinidad. Il fut remplacé à Saint- Victor par M. Lombard, curé de Curran (25 septembre 1890) M. Lavoie ayant pris du mieux, l'année suivante, accepta la paroisse de Saint-Joseph d'Orléans.

Ou doit à M. Lombard la construction de trois autels, de la chaire et des stalles du chœur, ouvrage de l'entrepreneur Fauteux.

Trois missions ont été prêchées à Saint- Victor : une en 1876, par le Père Charpeney, oblat, l'autre en 1886, prêchée par les PP. Hendricks et Guillemin, rédemptoristes, la troisième en mars 1893, par les PP. Ladislas et Alexis, capucins.

Trois écoles publiques et trois écoles séparées ont été établies, ces dernières datent de mars 1891.

* Le souhait que nous formulions est devenu une réalité : l'église de Saint- Isidore vient d'être terminée. On l'a ag^randie, on a bâti une mag-nifique façade, et on a construit une sacristie de 45 pieds, le tout en style gothique du meilleur goût. Ces travaux ont coûté le prix considérable de quatorze mille piastres (octobre 1896).

Saint- Victor comptait en 1894, trois cent vingt familles, dont quatre-ving-t-cinq dans le joli village qui s'est formé autour de l'église, dix-neuf seulement sont de langue anglaise.

Le Rév. M. Lombard étant allé faire un voyage en Europe, fut remplacé pendant son absence (17 octobre 1895-25 février 1896) par le Rév. M. Pelletier.

L'église de Saint- Victor étant devenue trop petite pour la population, on s'occupe actuellement de dresser les plans pour des accroissements considérables qui en doubleront la capacité.

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