‹ Histoire de la province ecclesiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'OttawaChapitre 113 sur 277 · SAINTE-FÉLICITÉ DE CLARENCE-CREEK · texte numérisé non relu

SAINTE-FÉLICITÉ DE CLARENCE-CREEK

A paroisse de Clarence était entrée dans une période de prospérité. Elle comprenait, en 1881, tout le canton de ce nom qui est actuellement divisé en trois paroisses. Cependant, non content de veiller aux besoins spirituels des catholiques du Brook et du village naissantde Rockland, M. Caron avait encore la desserte de la mission de Wendover. Ce prêtre se vit donc obligé de demander un vicaire à Mgr. Duhamel. Monseigneur lui envoya d'abord un jeune prêtre de Rimouski, M.Vigeant, qui ne fit que passer à Clarence (3 mars-6 mai 1881) ; puis un autre jeune prêtre du diocèse, M. Gourdines (6 mai 1881). Ce dernier était malheureusement atteint d'une maladie qui le força à se retirer bientôt (20 juillet) et qui l'emporta dans le courant de l'automne. Dans ces conjectures, Mgr. Duhamel, manquant de prêtres, dut remettre la mission de Wendover aux soins du curé de Plantagenet.

Débarrassé de Wendover, M. Caron employa dès lors toute son énergie à fonder les deux paroisses du Brook et de Rockland, dont nous n'avons point à parler ici puisque nous allons tout-àl'heure faire leur histoire. C'est assez de constater que le Brook resta attaché à Clarence jusqu'au 22 juillet 1885 et Rockland jusqu'au lerjuin 1889.

Rockland, en 1886, avait acquis une telle importance que M. Caron sentit de nouveau le besoin de demander à Mgr. l'archevê-

i8o , il

que un vicaire. On lui envoya (lo mai 1886) un jeune prêtre des Trois-Rivières, M. Barry. M. Barry ayant été nommé curé de Billing's Bridge (30 septembre 1887) fut remplacé, huit jours après, par M. Grondin, prêtre de Québec. M. Grondin rentra dans son diocèse le 9 septembre 1888 et eut pour successeur à Clarence un ^' ancien oblat retiré, M. Clément, le même qui avait fondé jadis ^. Maniwaki et qui devait se faire tuer accidentellement plus tard par ^ un train de chemin de fer. M. Clément quitta Clarence le 3 juin |; i88g après l'arrivée du premier curé de Rockland.

Quoique M. Caron restât officiellement à la tête de toute sa paroisse, néanmoins, depuis l'arrivée de M. Grondin, il s'était déchargé sur celui-ci de la desserte de Rockland. M. Grondin et M. Clément allaient tous les dimanches faire les offices dans cette mission. Quant à M. Caron, il se voua exclusivement à la grande œuvre de reconstruire son église.

Ce n'était point une entreprise facile. Il s'agissait de faire souscrire pour une trentaine de mille piastres de billets aux habitants, alors que l'ancienne église pouvait encore paraître bonne, et n'était pas même terminée. M. Caron y réussit néanmoins dans le cours d'une année. Le 13 juin 1888, le contrat fut donné, les fondations commencèrent à l'automne ; la première pierre fut bénite l'année suivante (19 mai 1889) par Mgr. Duhamel. Al. Rochon, de Papineauville, fit le sermon de circonstance.

L'église de Clarence fut bénite le 18 août 1891. Elle est en pierre et passe, ajuste titre, pour une des plus belles du diocèse. Nous donnons ici l'acte de bénédiction k cause des renseignements intéressants qu'il fournit.

" Le i8e jour du mois d'août 1891, Nous soussigné, archevêque d'Ottawa, avons béni, avec les solennités prescrites, la nouvelle église paroissiale de Clarence. La dite église, construite en pierre, a cent trente-trois pieds de longueur en dedans et cinquante-deux pieds de largeur, aussi en dedans. La façade a soixante-huit pieds de large en dehors. La hauteur, au-dessous des lambourdes est de quarante-cinq pieds. Les plans ont été faits par Victor Roy, architecte de Montréal. La maçonnerie a été faite par Onésime Martineau, de Sainte-Marthe, la charpente

par Joseph Fauteux, de Saint-Benoit. Les syndics ont été : Léon Laviolette, Adolphe Bussière, Israël Jubinvilleet Magloire Landry. La première messe, qui a été une messe pontificale, a été chantée par Nous, archevêque soussigné. Ont été présents, un grand nombre de fidèles et plusieurs membres du clergé. Le Rév. Père Langevin, O. M. I. du collège d'Ottawa, a donné le sermon de circonstance. Plusieurs ont signé ainsi que nous." Suivent les signatures de monseigneur et des prêtres ci-dessous : RR. MM. Campeau, Bélanger, Croteau, Guay, Cousineau, Dacier, Hudon, Ferron, Dufour, Larose, Châtelain, Rochon, Pilon, Lavoie, Langevin, Huot, Caron.

Les gens de Clarence, dans cette circonstance mémorable, eurent une délicate pensée. Voulant rendre complète la joie de leur archevêque, ils lui annoncèrent par la voix du docteur Desrosiers, leur interprète, que toutes les écoles publiques de la paroisse au nombre d'une dizaine, environ, venaient d'être transformées, à la fois, en écoles séparées. Rien ne pouvait être plus agréable au cœur paternel du chef du diocèse.

Il semblait que désormais, M. Caron n'allait plus avoir besoin de vicaire. Malheureusement la fatigue avait ruiné sa robuste constitution, il tomba gravement malade. M. Beausoleil, vicaire de la basilique, vint administrer temporairement la paroisse, et, le 6 juin 1893, un jeune prêtre, M. B. Ducharme, fut nommé vicaire à Clarence, poste qu'il occupe encore aujourd'hui, quoique l'état de santé du curé se soit amélioré. Le 4 août 1896, M. Ducharme a été remplacé à Clarence par M. J. H. Leroc.

Un touchant événement marqua l'année 1893. M. Caron ayant atteint sa vingt-cinquième année de prêtrise, ses paroissiens résolurent de célébrer dignement ses noces d'argent. Un comité fut formé, ayant pour membres MM. Desrosiers, T. Perrin, O. Guibord, T. Rochon, T. Lavictoire, et pour secrétaire le Rév. M. Beausoleil. De nombreuses invitations furent lancées, de grands préparatifs furent faits. Mgr. l'archevêque se fit un devoir d'assister, ainsi qu'un nombreux clergé, à la fête, dont le souvenir ne s'effacera point de longtemps dans le pays. L'orateur de circo- tance fut M. Labelle, curé d'Aylmer.

Quelque chose manquait encore k la belle paroisse de Clarence-Creek ; l'ancien presbytère, rong-é par l'humidité, était malsain et tombait en ruines. Le contrat pour une belle maison en pierre a été donné l'année dernière (1895) ^ l'entrepreneur Fauteux, qui doit terminer son travail dans le courant de cette année.*

Trois missions furent prêchées, dans l'ordre suivant, à Clarence ; une le 20 juillet 1883, par le Père Thérien, oblat, une autre en juin 1887, par les PP. Paulet et Sternon, rédemptoristes, une troisième en juin 1895, par les PP. Alexis, Victor et Bonaventure, capucins. La congrégation des dames de Sainte-Anne date du 20 juillet 1883.

La paroisse de Clarence-Creek, l'une des plus importantes du diocèse, et exclusivement canadienne, compte aujourd'hui 325 familles catholiques, dont deux seulement de langue anglaise.

Le 3 janvier 1897, la dévotion du Pain des pauvres a été établie à Clarence-Creek.

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