‹ Histoire de la province ecclesiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'OttawaChapitre 116 sur 277 · SAINT-HUGUES DE SARSFIELD · texte numérisé non relu

SAINT-HUGUES DE SARSFIELD

Sarsfield, à l'encontre de tant de paroisses, dont la croissance hâtive donne de trop grandes espérances suivies de déceptions, s'est développé très lentement, mais sans aucun mouvement d'arrêt. La colonisation n'y a pas, aujourd'hui encore, dit son dernier mot, car beaucoup de terres excellentes restent encore à prendre et plusieurs fermiers anglais se voyant débordés par le courant canadien-français, ont fait savoir à M. le curé qu'ils se déferaient volontiers de leur magnifiques fermes. Le motif qui a jusqu'ici ralenti le progrès de l'immigration est le haut prix des terres que les compagnies de Toronto détiennent, ce qui en rend l'acquisition inaccessible aux colons pauvres.

Le premier curé résidant de Sarsfield fut un jeune prêtre du diocèse, M. Oscar Cousineau (ler octobre 1886) lequel occupe encore actuellement ce poste. M. Cousineau, à peine installé, obtint qu'on lui élevât un beau presbytère en briques, sur les plans de M. le chanoine Bouillon. Dans sa visite de juin 1888, Mijr. Duhamel constata avec satisfaction l'heureuse réussite de cette entreprise. Prix $2,000.

Il fallait song-er ensuite à construire une église. Deux choses retardèrent longtemps cet ouvrage : les difficultés pécuniaires et surtout l'incertitude sur les dimensions à donner à l'édifice. Monseigneur, en effet, formait de grandes espérances sur l'avenir de la paroisse et craignait d'entreprendre trop tôt une église qui aurait pu dans la suite devenir insuffisante.

Enfin, en 1894, le temps propice lui parut arrivé. On donna à M. Bourque, entrepreneur de Hull, au prix de seize mille piastres, le contrat d'une vaste église en pierre de 120 pieds de long sur 50 de large. Cette église se dresse sur une petite colline, ri côté de l'ancienne, dans une magnifique position d'où l'on domine tout le pays d'alentour. La bénédiction de la première pierre fut faite par monseigneur le 16 mai J895 et la bénédiction du monument par Mgr. Routhier, administrateur du diocèse, le 22 décembre 1895. *|

L'église, toutefois, n'est terminée qu'à l'extérieur. Les ressources manquent pour entreprendre les décorations intérieures qui coûteront plusieurs milliers de piastres. On a donc jugé prudent d'attendre. Quoiqu'il en soit, l'église de Sarsfield, d'ores et déjà, doit être classée parmi les plus belles du diocèse.

Une mission a été prêchée à Sarsfield, en octobre 1892, par les PP. Alexis et Victor capucins. Cette paroisse compte aujourd'hui 210 familles catholiques, dont 50 canadiennes et 60 irlandaises. Elle possède une terre de neuf arpents.

SAINT JACQUES d'eMBRUN. |

M. Guillaume, curé d'Embrun, quitta, en 1885 le saint ministère, et fut remplacé, le 29 septembre 1885, par M. Philion, son ancien vicaire, alors curé de Saint-Albert.

La paroisse d'Embrun, toute canadienne, et composée de cultivateurs, était alors une des plus populeuses et des plus florissantes du diocèse.

M. Philion inaug"ura son ministère par deux entreprises que Mgr. Duhamel approuva, dans sa visite de juin 1888 : la construction d'un mag"nifique presbytère, et l'érection, dans le village, d'une école séparée à la tête de laquelle il plaça deux sœurs-grises d'Ottcwa (1896).

Cependant les craintes qu'avaient manifestées l'archevêque, lorsqu'il donnait, en 1876, l'autorisation de construire l'église d'Embrun, s'étaient malheureusement trop bien réalisées. Les fondations de l'édifice, mal assises dans la vase du sous sol, s'enfonçaient irrégulièrement, les murs se lézardaient chaque jour davantage, et l'énorme bâtisse, déjà toute ruineuse, menaçait d'écraser les fidèles assemblés sous son toit. Ainsi, l'ancienne dette n'était point encore éteinte qu'il fallut déjà songer à en contracter une nouvelle.

En i8gi, M. Bourque, entrepreneur de Hull, fut chargé de construire une seconde église sur des bases inébranlables. La première pierre fut bénite le 16 mai 1891, et le 22 décembre de la même année, eut lieu la bénédiction solennelle de l'édifice, par Mgr. Duhamel. L'église d'Embrun est en pierre, les décorations de l'intérieur ne sont point faites, mais la magnifique sacristie est complètement terminée. Elle a coûté jusqu'ici trente mille piastres, et passe ajuste titre pour un des plus importants monuments du diocèse, quoiqu'on ait quelques inquiétudes sur sa solidité. Dimensions : L'église a 151 pieds sur 62, la sacristie 60 pieds sur 36. Les architectes furent MM. Roy et Beaulieu, de Montréal.

Plusieurs vicaires se sont succédé à Embrun, voici leurs noms :

RR. MM. Lucien Ducolomb, arrivé le 30 novembre 1885. Tremblay, de Chicoutimi, le ler octobre 1886. C. Drolet, le 16 septembre 1887.

J. O. F. Allard, des Trois-Rivières, le 22 décembre

igo

RR. MM. Chas. Sicard de Carufel, des Trois-Rivières, le 7 juin 1890.

O. Lemay, le 25 avril 1891.

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