SAINT-ALBERT DE CAMBRIDGE
Nous avons raconté les heureux commencements de Saint- Albert et la construction de ses édifices paroissiaux. La population s'accroissait chaque année, et bientôt l'on eut peur que l'église, à peine bâtie, se trouvât trop étroite. Dès le mois de juin 1885, Mgr. Duhamel prévoyait le moment où il faudrait l'allonger.
Cette même année, le 29 septembre 1885, M. Philion fut nommé curé d'Embrun. Il fut remplacé à Saint-Albert par le curé de Saint-Adolphe de Howard, M. Gauthier, le 2 octobre 1885.
M. Gauthier établit (2 janvier 1886) une bibliothèque paroissiale qui renferme cent cinquante volumes ; puis, il s'appliqua jusqu'en 1891, à liquider la dette de la paroisse, d'ailleurs peu considérable, quatorze cents piastres, et à faire deux mille trois cents piastres d'économies. Muni de cette somme (3 juillet 1891) il profita de la visite pastorale de l'archevêque d'Ottawa, pour lui demander l'autorisation de procéder à l'agrandissement et à la décoration intérieure de l'église. Monseigneur convoqua une assemblée de paroisse dans laquelle les dits travaux furent déclarés d'une urgente nécessité. Un comité de bâtisse fut formé, sous la
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présidence de M. le curé, composé des membres dont voici les noms : MM. Venance Landry, Alphonse Meilleur, Basile Fayette, Moïse ScheflFer et Adrien Trudeau. Il s'agissait d'ajouter à l'église un transept, un chœur et une sacristie latérale. MM. Roy et Gauthier, architectes de Montréal, fournirent les plans, et l'entrepreneur, Alexis Daoust, de HuU, se chargea des travaux, pour la somme de sept mille trois cent soixante-quatre piastres. L'ou vrage commença dans le courant de 1892, et, l'année suivante eut lieu la bénédiction solennelle de l'église que ses récentes transformations avaient rendue méconnaissable. Nous donnons l'acte de bénédiction :
'* Le 16 mars 1893, nous soussigné, archevêque d'Ottawa, avons bénit, avec les solennités prescrites, un allongement (trentesix pieds) fait à l'ancienne construction de l'église qui datait de 1881, avec une sacristie neuve de quarante pieds de longueur et vingt-six de largeur.
" La grand'messe a été chantée par le Rév. Père Lauzon, O. M. L, de Hull. Après la grand'messe, Nous avons bénit deux cloches dont l'une du poids de mille livres et l'autre de cinq cents livres. N. B. — Une troisième cloche ayant été achetée avec les deux premières et ne se trouvant pas d'accord avec celles-ci, nous avons décidé d'en remettre à plus tard la bénédiction. Ceci doit vous faire comprendre, N. T. C. F., ajouta monseigneur, que tous les paroissiens doivent être unis et en bonne intelligence avec leur curé s'ils veulent recevoir la bénédiction de Dieu. La collecte et les dons des parrains ont donné trois cents piastres." Ont signé avec monseigneur les RR. MM. Gauthier, Campeau, Lauzon, Philion, Talbot, Carufel, Prudhomme, Desjardins et Brunette.
La troisième cloche, du poids de trois cents livres, fut bénite ie 16 juin 1893 par le Rév. M. Philion, curé d'Embrun. Quelques jours après (21 juin) M. Gauthier érigeait dans la nouvelle sacristie le chemin de croix de l'ancienne église. L'année suivante (29 avril 1894) ^^ autre chemin de croix plus beau et plus riche fut solennellement béni et placée dans l'église restaurée.
Il ne restait plus pour compléter toutes choses dans l'église qu'à se procurer un instrument de musique digne du temple et de
la paroisse. Un joli petit org-ue, de la facture de MM. Casavant et frère, de Saint-Hyacinthe, fut acheté pour la somme de douze cent cinquante piastres et bénit solennellement le 10 mai 1894 au milieu d'un nombreux concours de peuple et de clerg-é.
On peut dire maintenant que la paroisse de Saint-Albert est une des mieux organisées du diocèse, tant au point de vue matériel qu'au spirituel. Plusieurs confréries ou congrégations y sont établies ; en voici la liste :
Congrégation de la Sainte-Vierge, fondée le 31 janvier 1884.
Congrégation des dames de Sainte-Anne, fondée le 28 décembre 1883.
L'association de Saint-François de Sales, fondée le 21 novembre 1880.
Le scapulaire du Mont-Carmel, fondé le 23 juin 1891.
L'Union de prières, fondée le 11 décembre 1894.
Quatre missions ont été prêchées à Saint-Albert dans l'ordre suivant :
La première par le Rév. M. Prudhomme en 1886.
La seconde par le Rév. M. Guillaume en 1888.
La troisième par le Rév, M. Guillaume en 1891.
La quatrième par le Rév. Père Moïse, capucin, en 1895.
La paroisse compte plusieurs écoles :
L'école publique No. 3, établie le 2 novembre 1857.
L'école publique No. 6, établie le 2 novembre 1857.
L'école publique No. 7, établie le 28 janvier 1867.
L'école séparée du village, établie le 16 mai 1883.
L'école séparée de la huitième concession, établie le 8 mai
Saint-Albert compte 154 familles catholiques dont 2 irlandaises. '
SAINTE-EUPHEMIE DE SOUTH-CASSELMAN.
La paroisse de South-Casselman est d'origine toute récente. Elle doit sa naissance aux scieries des Grandes Chutes de la Nation du Sud. h
Le premier colon du canton de Cambridg-e aurait été, paraît-il, un certain Brownell qui s'établit au milieu du bois, aux environs de 1840. Deux ans plus tard, arriva J. Casselman qui acquit à vil prix un immense territoire comprenant à peu près tout le nord du canton. Les forêts étaient mag^nifiques et le pouvoir d'eau de la rivière invitait à y établir des moulins. Aussi, voyons-nous M. Casselman offrir, dès le mois de janvier 1876, à Mg'r. Duhamel, un emplacement pour y bâtir une chapelle. Ce ne fut, toutefois qu'en 1882 que la construction de la ligne ferrée du Canada Atlantique ouvrit ce pays à l'industrie et à la colonisation.
Le curé de Saint-Albert, M. Philion, commença en septembre 1884, à visiter le villag^e naissant de Casselman ; il dit la première messe dans une chambre haute du magasin de M. Quenneville, et voyant l'accroissement rapide de la population, il se hâta de construire une chapelle qu'il bénit le 25 septembre 1885.
M. Philion ayant été nommé, sur ces entrefaites, curé d'Embrun, son successeur, M. Gauthier, desservit temporairement Casselman. C'est alors que ce petit village devint l'objet de ces booms qui ont créé tant de villes en Amérique et qui, tombant ensuite, en ont ruiné presque autant. La proximité de la forêt, la multiplicité des moulins attirèrent sur les bords de la Petite- Nation une multitude d'ouvriers et le village de Casselman s'éleva comme par enchantement. Monseigneur dut suivre le mouvement et satisfaire aux besoins spirituels des catholiques qui affinaient.
Le 28 septembre 1886, M. G. Talbot, du Brook, fut nommé curé de Casselman. Deux ans plus tard (15 mars 1888) le Rév. L. Francœur lui succéda dans cette charge avec mission de construire une église.
Cette église qui est en bois lambrissée de briques, fut bénite par Mgr. l'archevêque le 2 octobre 1889. Elle a cent vingt pieds de long sur cinquante de large et coûte près de neuf mille piastres. L'entrepreneur était M. Cyrille Caron. Les sermons furent prêches en français par le Père Ange-Marie, dominicain, et en anglais par M. HoUand, curé de Cantley.
On doit également à M. Francœur le presbytère. C'est une
belle maison en bois de 40 pieds sur 30 qui a été depuis lambrissée en briques et entourée d'une galerie par M. Beausoleil en 1894. Elle a coûté en tout $2,500.
Un sinistre événement (juillet 1891) vint interrompre le progrès de Casselman. Un incendie détruisit les scieries de la Casselman Lumber Co. et une bonne partie du village.* Cet accident ne faisait d'ailleurs que précipiter la décadence de la paroisse. Les forêts des alentours étaient épuisées, les moulins ne pouvaient plus longtemps subsister. Le village fut en partie abandonné par la foule des ouvriers qui partirent pour trouver ailleurs de l'ouvrage.
Heureusement que à cette prospérité factice succéda une ère de progrés plus lent mais plus stable. Les terres furent prises par les colons et l'on a lieu d'espérer que Casselman va devenir bientôt une paroisse sérieuse et prospère. ■
M. Francœur, ayant pris sa retraite, fut remplacé à Casselman (26 septembre 1892) par le Rév. M. Prudhomme, ancien curé de Sainte-Anne. M, Prudhomme quitta à son tour Casselman pour aller aux Etats-Unis et eut pour successeur un vicaire de la basilique, le Rév. A. Beausoleil (5 août 1893).
M. Beausoleil appela dans sa paroisse (1894) les sœurs-grises d'Ottawa qui ont pris la direction de l'école séparée.
Le curé de Casselman est chargé de la desserte des deux missions de South-Indian et de Lemieux, ce qui l'oblige d'avoir un vicaire. Voici la liste des vicaires qui se sont succédés dans ce poste.
RR. MM. Léonidas Blondin (24 août 1891).
Napoléon Legendre (29 avril 1892).
Auguste Desjardins (26 septembre 1892) J.-R. -Honoré Major (8 août 1894).
Unt mission a été prêchée à Casselman, à partir du 30 octobre 1890, par le Rév. Père Alexis, capucin.
La paroisse de South-Casselman compte aujourd'hui 235 familles cstholiques, dont une irlandaise. Elle possède huit arpents de terre, dont six pour le cimetière, et deux à l'usage du prêtre.
* Même chose l'automne de 1807.