‹ Histoire de la province ecclesiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'OttawaChapitre 143 sur 277 · C. A. M. Paradis, du 13 septembre 1884 au 2 novembre · texte numérisé non relu

C. A. M. Paradis, du 13 septembre 1884 au 2 novembre

N. S. Dozois, du 30 septembre 1885 au 18 août

J. P. Guéguen, 27 novembre 1886.

H. Perrault, du 27 mai 1887 au 28 août 1887. J. B. Grandfils, supérieur, du ler septembre 1890 au

6 mars 1891.

N. S. Dozois, du 7 mars 1891 au 26 juillet 1892. J. M. Pian, supérieur, 6 mars 1891, Odilon Chevrier, 11 mai 1891.

Arm. Laniel, 29 mai 1891.

P, S, Déguise, du 13 mai 1892 au 25 octobre 1892. J. C. Laporte, supérieur, 14 octobre 1892.

Jusqu'en décembre 1885, le supérieur de la communauté de Maniwaki était en même temps curé de la paroisse. A partir de cette époque, les RR. PP. Dozois, Perrault, Grandfils et Pian ont

exercé successivement la fonction de curé d'office. Le Père Laporte a cumulé depuis le 14 juillet 1892. les deux charges de supérieur et de curé.

Voici la composition de la communauté des oblats à Maniwaki en 1895 :

Supérieur : Rév. Père C. Laporte ; curé : Rév. Père J. P. Guéguen ; missionnaires : RR. PP. J. M. Pian, A. Laniel, Desjardins.

Nous avons raconté tout au long les origines de Maniwaki ; son histoire dans les temps actuels est plus courte.

L'ancien cimetière de Maniwaki qui existait avant la fondation même de la résidence a duré jusqu'en 1882. Il était situé sur le bord de la rivière, et maintes fois, l'eau, en minant le sol, avait causé des éboulis qui menaçaient de remettre à jour les cercueils et même de les entraîner dans les flots.

On jugea donc convenable d'ouvrir (7 novembre 1882) dans la propriété des PP. oblats, un nouveau cimetière parfaitement situé dans lequel on transporta solennellement les restes du Père William Corbett et d'un certain nombre d'autres personnes.

On sait qu'une statue de la sainte Vierge avait été bénite en 1869 et placée sur le dôme de l'église (26 juillet 1871). Cette statue fut détruite par la foudre le 24 juillet 1881. Elle a été remplacée par une croix de fer qu'on fixa en 1892 sur la flèche du clocher. Enfin, un orgiie et trois beaux autels en bois, ouvrage de M. Rochon, d'Ottawa, ont achevé la décoration de l'église.

Plusieurs missions ont été prêchées à Maniwaki ; en voici la liste : j

En 1864 par les RR. PP. Aug. Brunet et Derbuel. J

En 1865 par les RR. PP. Déléage et Van Laar. ^

En 1886 par les RR. PP. Alex. Brunet et Van Laar.

En 1892 par les RR. PP. Gladu et O'Riordan.

Maniwaki compte également les congrégations ou sociétés suivantes :

Enfants-de-Marie, fondée en 1883. \

Scapulaire du Mont-Carmel, fondée en 1887. *

Dames de Sainte-Anne, fondée en 1888.

Les Amis du Sacré-Cœur, fondé en 1893.

La Sainte-Famille, fondée en 1893.

Ajoutons à cette liste la société nationale de Saint-Patrice, fondée en 1873, ^^ la cour des Forestiers Catholiques établie le 5 septembre 1892.

Nous avons vu dans un chapitre précédent que la première école de Maniwaki date de 1853. La classe fut successivement confiée à Mme Small, à M. John White, à sa fille, Mlle Mary White, et à une demoiselle Osborne jusqu'en 1861. A cette époque, l'école resta fermée, faute de maître, pendant plusieurs années.

De 1865 à 1866, le frère convers oblat, James Cooney, se dévoua à faire la classe, mais l'apnée suivante, l'école resta de . nouveau fermée jusqu'à ce qu'elle fut reprise, en 1867, par M. John White.

Enfin, les sœurs-grises fondèrent leur résidence à Maniwaki le 21 juin 1870. Elles commencèrent à demeurer, du 21 juin 1870 au 28 octobre 1873, dans l'ancienne maison d'école, puis, à cette dernière date, elles s'installèrent, comme nous avons dit, dans la maison de bois que leur cédaient les Pères, en prenant possession de leur nouveau presbytère.

A partir de 1873, ^^^ classes se firent au second étage de la nouvelle résidence des sœurs, excepté la classe des algonquins qui fut laissée dans l'ancienne école.

En 1885, un bel établissement fut construit pour servir de couvent et d'école. La sœur Marie du Sauveur et ses deux compagnes s'y installèrent le 30 octobre, jour où le Père Pian dit la première messe dans la chapelle et en fit la bénédiction.

On compte deux autres écoles dans la paroisse : l'école No. i d'Egan, fondée en 1884, brûlée, puis rebâtie, et l'école érigée en 1888, au Bitoubi, canton de Baskatong, par le département des sauvages, pour l'usage de ceux-ci.

La paroisse de Maniwaki, futur terminus des chemins de fer de la Gatineau et du Montréal et Occidental, est certainement

appelée à un grand avenir. Elle compte actuellement près de trois cents familles : cent cinquante et une canadiennes et cent quarantequatre irlandaises.*

MISSIONS DE MANIWAKI.

Les RR. PP. oblats ne se contentent point d'administrer la paroisse de Maniwaki et d'évangéliser les sauvag-es, leur zèle s'exerce sur tout le pays d'alentour, aussi loin que s'étend la colonisation, c'est-à-dire dans les cantons d'Egan, d'Aumond, de Sicotte, de Lytton et même de Baskatong, à 36 milles au nord, quoique dans ces trois derniers il n'y ait point encore de chapelle. Déjà, quatre de leurs missions, celles de la Sainte-Famille et de Saint- Gaétan, dans Aumond, de Saint-Boniface et de Sainte-Philomène,

* Dans un voyag'e que nous afons fait récemment (1897) à Maniwaki, il nous a été donné de constater, de visu, les grands progrès de cette paroisse.

Du haut d'un rocher qui domine le village et l'église, nous voyions se dérouler devant nous un panorama de sauvage et grandiose beauté.

A notre gauche, à l'ouest, boisée et inculte comme il y a cinquante ans, s'étendait la réserve des sauvages ; devant nous, au septentrion, les deux rivières du Désert et de la Gatineau, unissant leurs eaux et rompant de leur vaste lit déjà bordé de formes blanches, la sombre monotonie de la forêt ; à l'est, la colonisation dans sa première phase : abattis, fondrières, champs encombrés de troncs de pin, huttes fumantes ; enfin, au sud, les derniers mamelons des Laurentides couverts d'arbres jusqu'à l'horizon, entre lesquels un brouillard blanc nous traçait le cours sinueux de la rivière.

Le village s'étendait à nos pieds allongeant sa longue et unique rue jusqu'à la rivière et au magnifique pont de fer qui la franchit.

Sur le flanc même de la colline, au-dessus des maisons, s'étalent, sur un seul rang : le couvent, l'église, la résidence des Pères oblats et les nombreuses servitudes qui l'entourent.

Maniwaki a toutes les apparences d'une petite ville, avec ses maisons coquettes, ses nombreux magasins et ses quinze hôtels, rendez-vous des voyageurs.

Le couvent, devenu trop petit, doit être reconstruit sur de plus vastes proportions ; on parle également de construire un hôpital pour les gens de chantiers. L'église fièrement campée sur le roc, où l'on accède par des rampes monumentales, suflit à peine au nombre toujours croissant des fidèles. La résidence des Pères, en pierre, comme l'église, a aussi fort belle apparence.

On a fait disparaître les rochers qui obstruaient tous les passages, et on a construit à leur place une terrasse, d'où l'on jouit d'une vue superbe. Par derrière s'étendent de vastes servitudes : écuries, remises, granges, moulin, car les Pères oblats dirigent une exploitation agricole et s'intéressent de toutes façons au progrès du pays. C'est aux efforts persévérants du Père Laporte, secondé puissamment par M. Charles Logue, que Maniwaki est redevable du pont de fer qui vient d'être jeté sur la Gatineau.

dans Eg-an, sont en pleine prospérité ; la dernière même, possède un curé résidant, depuis 1892.

Nous allons faire, en quelques mots, l'historique de leur fondation.

LA SAINTE-FAMILLE ET SAINT-CAJETAN, CANTON d'aUMOND.

On ignore dans quel chantier du canton d'Aumond et à quelle date précise la première messe fut célébrée, mais ce fut probablement entre le 10 janvier et le mois de mars 1850, car le Père Clément visita à cette époque les nombreux chantiers qui couvraient, dès lors, le pays.

En 1861, les Pères oblats bâtirent un moulin sur la rivière Saint-Joseph, et, à partir de cette époque, ils y vinrent dire la messe de temps en temps, dans la plus grande salle de la maison, sur un autel portatif. Tel fut l'origine de la mission de la Sainte- Famille.

A la même date, ils commencèrent également à dire la messe dans les maisons échelonnées, plus au nord, sur la rivière du Castor-Blanc. Telle fut l'origine de la mission de Saint-Cajétan.

La mission de Saint-Cajétan resta stationnaire pendant une quinzaine d'années. Celle de la Sainte-Famille, au contraire, augmentait. Lorsqu'elle compta environ vingt-cinq familles, c'est-àdire en 1875, 1^ besoin d'une chapelle ou d'une salle spacieuse se fit sentir, et on loua, aux PP. oblats (ler novembre 1875) pour la somme annuelle de ving-t piastres, une maison neuve, d'assez vastes dimensions : trente-six pieds de long sur vingt-quatre de large, dans laquelle vingt bancs furent placés. La vente des bancs et les dons des fidèles permirent promptement d'acheter le linge et les ornements nécessaires au culte. Le 19 août 1877, les stations du chemin de la croix furent érigées par le Père Déléage. Le 19 mars 1878, deux statues, celles de la sainte Vierge et de saint Joseph, furent bénites et placées sur l'autel. Enfin, le 23 août 1881, un cimetière fut ouvert.

Le Père Mauroist qui desservait alors cette mission, fit élever (29 avril 1882) une jolie chapelle en bois de cinquante pieds sur trente, suffisante pour la population de l'époque. Elle était com-

plètement terminée et prête à être livrée au culte l'année suivante] (8 août 1883) lorsque Mgr. Duhamel y vint faire sa premièrej visite pastorale. Monseigneur se rendit d'abord à l'anciennel chapelle qu'on dépouilla de ses tableaux et de ses statues, puis U clergé et les fidèles partirent en procession dans la direction di nouveau temple. L'évêque bénit la chapelle qu'il dédia à la? Sainte-Famille (on ne la connaissait auparavant que sous le nom"^ du moulin ou de la rivière Saint-Joseph) et érigea les stations du chemin de la croix. Le lendemain, il donna la confirmation à trente-cinq personnes.

La chapelle était bâtie sur un terrain appartenant aux Pères oblats. Par un acte signé du 9 octobre 1883, le Père Pian en a passé la propriété avec celle d'un arpent de terre à la corporation épiscopale.

Dans une visite de 1886, Mgr. Duhamel constata que le Père Mauroist avait grandement amélioré et embelli la chapelle.

La mission de la Sainte-Famille a possédé trois écoles : la première ouverte en 1886, la seconde en 1887, et la troisième en 1892. La première ayant été deux fois consumée par le feu, n'a point été rebâtie ; les deux autres sont en plein exercice. ^ V

Voici maintenant les noms des religieux qui ont desservie la mission de la Sainte-Famille :

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