‹ Histoire de la province ecclesiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'OttawaChapitre 162 sur 277 · SAINT-SIXTE · texte numérisé non relu

SAINT-SIXTE

Nous avons raconté dans un chapitre précédent les origines de la petite et pauvre paroisse de Saint-Sixte. Cette mission, située au milieu des bois et des montagnes, a progressé plus lentement que les paroisses voisines, non que les terres y manquent de fertilité mais parce qu'elles ne s'y trouvent qu'en petites parcelles et qu'elles ont été difficiles à ouvrir.

Le Rév. M. Châtelain, curé de Thurso, fut le premier à visiter régulièrement la mission de Saint-Sixte qu'il desservit pendant cinq ans. On lui doit l'érection de la chapelle actuelle, modeste construction en bois, de cinquante-quatre pieds sur trente-sept, qui date de 1886. Cette chapelle méritait plutôt le nom d'abri, car le vent, la neige et la pluie y pénétraient librement. Elle avait coûté de sept à huit cents piastres.

De Thurso, la desserte de Saint-Sixte passa à Saint-André Avellin. Les vicaires de cette dernière paroisse y vinrent dire la messe régulièrement tous les quinze jours. Le Rév. M. Bélanger fit alors construire à ses frais un presbytère minuscule de seize pieds sur dix-huit, qui servit de pied-à-terre au missionnaire.

Enfin, le 5 juin 1895, le Rév. M. Albert Forget, vicaire de Saint-André Avellin et desservant de Saint-Sixte, fut nommé par

* La chapelle de Notre-Dame de Lumière a été bâtie sur un terrain de quatre arpents donné généreusement par la maison Edwards et Cie. Elle a coûté environ deux mille piastres. Ses dimensions sont de cinquante pieds sur quarante.

Mgr. l'archevêque premier curé résidant de la mission, à la grande jubilation des habitants qui sollicitaient depuis longtemps une telle faveur.

M. Forget ne perdit point de temps pour faire faire aux édifices paroissiaux les réparations et les améliorations nécessaires. Il emprunta, en octobre 1895, ^ monseigneur la somme de $600, au nom de la paroisse, avec lesquelles il lambrissa l'intérieur et l'extérieur de la chapelle, qui fut en même temps peinturée, et qui présente maintenant un aspect fort convenable. Malheureusement la sacristie fait encore défaut. Quant au presbytère, M. Forget le termina également et y fit une petite allonge de 12 pieds sur 16, ce qui le rend, sinon vaste et magnifique, du moins logeable. Une grange et une étable de 30 pieds sur 20 sont actuellement en construction.

La fabrique possède deux lopins de terre. Le premier contenant deux arpents sur lesquels sont élevés tous les édifices paroissiaux et le cimetière, est un don de M. J.-B. Boivin ; le second, plus vaste, puisqu'il renferme sept arpents, mais plus rocheux, fut donné par M. Augustin Boivin, père de Jean-Baptiste Boivin, et sert de pâturage.

Tel est l'état actuel de la paroisse de Saint-Sixte. Le curé y vit péniblement et y amasse plus de mérites que de richesses, mais il se console en voyant la bonne volonté et l'esprit de foi des habitants.

Une retraite a été prêchée à Saint-Sixte, le 9 août 1896, par le Rév. Père Léonard, capucin, pendant laquelle six croix ont été érigées dans les diverses concessions de la paroisse.

On compte dans cette paroisse environ 80 familles catholiques, toutes canadiennes, moins cinq irlandaises. Au milieu d'eux, vivent en bon accord, une vingtaine de familles protestantes.

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