‹ Histoire de la province ecclesiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'OttawaChapitre 231 sur 277 · LES MISSIONS SAUVAGES · texte numérisé non relu

LES MISSIONS SAUVAGES

OUS ne pouvons point terminer cet ouvrage sans revenir sur les missions sauvages de la province ecclésiastique d'Ottawa, dont nous n'avons parlé qu'en passant.

Le premier missionnaire qui ait fait mention des sauvages du nord, dit M. l'abbé Proulx, qui nous sert de guide dans cette notice historique,* est le Père Vimont, Dans sa relation de 1640, énumérant les nations sauvaécrit : " Les Nipissiriens ont au nord les Timiscini, les Outimagami, les Ouachegami, les Mitchitamou, les Outubi, les Kiristinons qui habitent sur la rive de la mer du Nord où les Nipis. siriens vont en marchandises." Plusieurs de ces noms sont facilement reconnaissables, notamment ceux des algonquins du lac Temagami et ceux des Cris ou Cristinaux de la baie d'Hudson.

En 1660, les Cris ou Kiristinons de la baie d'Hudson firent inviter les Pères jésuites à aller visiter leurs neuf bourgades où ils trouveront des hommes qui ont la douceur et la langue des Attikamigues et des Montagnais. Les PP. Druillettes et Dablon répondirent à l'invitation. Partis de Tadoussac le ler juin 1661, ils étaient à Chegoutimis le 6, campaient sept ou huit jours sur les bords du lac Saint-Jean, et remontaient ensuite une rivirèe qui les conduisit, après mille obstacles, au lac Nékouba, où ils arrivèrent le 29 juin. Ce lac, aux sources de l'Ottawa, de la Gatineau, de la Lièvre, du Saint-Maurice et de la Chamouchouane, était le marché et le rendez-vous de tous les sauvagfes du nord.

* Voyage à la baie d" Htidson, par l'abbé J.-B. Proulx.

Cette année, la foire manqua par peur des iroquois qui portaient leurs ravages jusque dans ces contrées, et les sauvages n'osèrent pas conduire plus loin les missionnaires qui durent rebrousser chemin et rentrer à Tadoussac.

En 1671, le 51 août, le Père Charles Albanel, accompagné de M. de Saint-Simon et d'un autre français, fit, à l'instigation de l'intendant Talon, une nouvelle tentative.

Partis également de Tadoussac, nos voyageurs arrivèrent, le 7 septembre, à la tête du lac Saint-Jean où ils prirent le parti d'hiverner. L'année suivante, le ler juin 1672, ils poursuivirent leur route. Le 10, ils atteignirent la hauteur des terres ; le 18, ils arrivèrent au lac Mistassini ; le 25 ils découvrirent le lac Nemiskau, enfin, le 28 juin ils contemplèrent avec ravissement les flots de la baie d'Hudson, sur lesquels flottaient déjà les couleurs de l'Angleterre, car les anglais y venaient, dès lors, régulièrement faire la traite.

Bien accueilli par les sauvages, le Père Albanel baptisa leur chef, puis, le 5 juillet, nos voyageurs reprirent le chemin de Québec, baptisant en route un certain nombre d'indiens, et promettant aux autres de les instruire une autre année. Ils étaient de retour à Chegotimik le ler août 1672, harassés de fatigue, mais heureux d'avoir accompli le premier voyage par terre à la baie d'Hudson.

Le second missionnaire qui parvint à la baie d'Hudson fut le Père Sylvie, chapelain de la fameuse expédition du chevalier de Troyes, en 1685. On sait que ces aventureux soldats suivirent la route de l'Ottawa et de l'Abbitibi, comme nous faisons aujourd'hui, et que leur entreprise fut couronnée du plus éclatant succès.

En 1691, un navire de traiteurs français enmena avec lui à la baie d'Hudson, un troisième missionnaire, le Père Dalmas. Le Père Dalmas passa deux hivers au fort Sainte-Anne (aujourd'hui Albany) prodiguant ses secours aux soldats de la garnison et apprenant la langue des sauvages. On sait comment il fut assassiné par le taillandier Guillory qui craignait qu'il ne révélât le meurtre du chirurgien de l'équipage (hiver 1693).

Le Père Sylvie, sans se laisser efi'rayer par ces aff"reuses nouvelles, revint cette fois par mer, à la baie d'Hudson (été de 1693)

mais sa santé qui s'altéra le força de rentrer avec les traiteurs à Québec, dès l'automne de cette même année.

Le dernier missionnaire jésuite du nord fut le Père Gabriel Marest. Il accompagna le vaillant d'Iberville dans sa grande expédition de 1694, qui fut si glorieuse et qui devait finir si mal. En effet, après un hiver passé dans la baie, d'Iberville se décida à reprendre la mer, laissant une garnison de 80 hommes dans les forts qu'il avait conquis, mais à peine ses deux navires avaient- ils disparu que l'ennemi survint en nombre et fit prisonnière la troupe française, avec le Père Marest, son aumônier (1695.)

Aucune nouvelle tentative d'évangélisation ne fut faite dans le nord jusqu'aux voyages de M. de Bellefeuille en 1836.

Nous n'avons point à répéter ici ce que nous avons dit plus haut dans divers chapitres de cette histoire, où la liste des divers missionnaires, depuis M. Bellefeuille jusqu'à nos jours, a été soigneusement dressée. Seulement, comme depuis la création du vicariat, plusieurs missions du Saint-Maurice ont été confiées à Mgr. Lonain, il convient d'ajouter quelque chose à ces chapitres.

En juin et juillet 1887, Mgr. Lorrain fit un grand voyage ou visite pastorale dans les missions sauvages "connues généralement sous le nom de missions du Saint-Maurice," quoique la plupart soient situées dans le haut de l'Ottawa et la terre de Rupert.

A son retour il écrivit sur ce voyage, un remarquable mandement dont nous donnons les extraits suivants.

" C'est un voyage de près de 1,700 milles. Pour les pays sauvages ; je prends les chiff"res du Père Guéguen qui parcourt ces forêts depuis 21 ans.

De Pembroke au Long-Saut 152 milles.

Du Long-Saut au Grand-Lac ... 186

Du Grand-Lac au lac Barrière, aller et retour 120

Du Grand-Lac au lac Waswanipi 500

De Waswanipi à Mekiskan 180

De Mekiskan à Kikendatch 160

De Kikendatch à Wémontaching 66

De Wémontaching aux Piles 160

Des Piles à Pembroke 37°

30 Total 1,694

"Nous avons pris le canot d'écorce, le 20 mai, au lac Obaching, à trois milles du Long-Saut, et nous ne l'avons laissé que le 25 de juillet, aux Piles, ce qui fait, dans cette frêle embarcation, un trajet de 1,172 milles. Sur ce parcours, les portages qu'il faut faire dans la forêt ou sur les grèves, pour passer d'une rivière à une autre, d'un lac à un autre, pour éviter les chutes ou les rapides qu'il est impossible de sauter, sont au nombre de 157, leur longueur varie d'un arpent à quatre milles, nous estimons avoir marché en tout 83 milles. Nous avons été assis dans le canot 44 jours durant, et nous avons couché sous la tente, ou dans les maisons sauvages, auxquelles nous aurions préféré la tente, 50 nuits.

" Outre bon nombre de fermes, appartenant à des bourgeois de chantiers, où nous nous sommes arrêtés, nous avons visité les missions sauvages du lac Keepawa, de la rivière du nord, du Grassey lake, du grand lac Victoria, du lac Barrière, ces deux derniers dans le haut de l'Ottawa, de Wasnipi et Mekiskan par delà la hauteur des terres, de Kikendatch, de Wémontaching et de Coococache, sur le Saint-Maurice. La population sauvage qui fréquente ces missions s'élève à mille âmes environ.

" Ces missions remontent très haut dans l'histoire de notre pays. Dès la seconde moitié du dix-septième siècle, nous voyons que les Atticamègues du Saint-Maurice et les Outaouais du haut de l'Ottawa étaient évangélisés les premiers par le Père Buteux et les seconds par le Père Druillettes. Les Pères jésuites continuèrent de ce côté leur œuvre d'apostolat jusqu'à la cession du pays ; alors le défaut de prêtres fut fatal à ces missions lointaines qui durent être abandonnées, et les sauvages, petit à petit, retombèrent dans l'infidélité.

" Un peu après 1830, les évêques de Québec et de Montréal s'entendirent pour reprendre l'évangélisation du Saint-Maurice et du haut de l'Ottawa.

" Dès 1836, MM. Dumoulin et Harper se rendaient à Wémontaching et à Kikendatch et renouvelaient leur visite les années suivantes. On peut les appeler les apôtres de ces missions telles qu'elles existent maintenant. En 1838, M. Harper se noya au

rapides des Petites Pointes, martyr de son zèle dans l'accomplissement de sa tâche apostolique.

" M. Doumoulin continua à visiter le Saint-Maurice. Après lui vinrent, jusqu'en 1844, MM. Payment, Olscamps, Doucet et Maureault.

" En 1838, le g-rand lac fut évangélisé pour la première fois depuis le temps des jésuites par M. Bellefeuille, prêtre de Saint- Sulpice, l'apôtre du Témiscamingue et d'Abbitibi qui mourut à son retour des suites des fatigues sans nombre qu'il avaient éprouvées pendant ce long voyage. Ces travaux furent continués jusqu'en 1844 par MM. Payment, Olscamps, Moreau et le Père Duranquet.

" En 1844, les oblats de Marie Immaculée se chargèrent de toutes ces missions et poussèrent de ce côté-ci, leurs courses apostoliques jusqu'à Mékiskan, Waswanipi, pendant que d'un autre côté le Père Laverlochère s'avançait jusqu'à Albany sur la baie d'Hudson. Les Pères dont suivent les noms ont cultivé cette partie de la vig-ne du Seigneur de leurs travaux et l'ont arrosée des grâces de leur saint ministère : les PP. Laverlochère, Garin, Clément, Andrieux, Déléage, Lebret et Guéguen.

" Depuis 22 ans le Père Guéguen parcourt ces forêts avec un zèle et un plaisir toujours renouvelés, y passant chaque été trois ou quatre mois consécutifs. Il fut accompagné en 1870 par le Père Drouet, en 1873, 1874, 1877 et 1878 par le Père Prévost, en 1885 par le Père Fafard. Ces deux dernières années, le frère Tremblay lui a prêté son habileté dans les travaux de charpente et de menuiserie pour la construction de ses chapelles. Enfin, cette année 1887 le Père Dozois, pour faciliter la rapidité de la visite épiscopale, donnait seul la mission de la Barrière et nous accompagnait le reste du voyage."

Nous terminons cette étude par le rapport suivant que nous devons à l'obligeance du Père Guéguen :

" Maniwaki, 12 septembre 1896.

" Mon Révérend Père,

" En réponse à votre lettre du 3 courant, voici les informations que je puis vous donner :

" Dans le diocèse d'Ottawa, il n'y a qu'une seule résidence de missionnaires sauvages et qu'une seule mission sauvage proprement dite ; c'est Maniwaki, à 90 milles d'Ottawa sur la Gatineau. Cette mission est desservie par les RR. PP. J. M. Pian, J. P. Guéguen et A. Laniel.

' ' Les sauvages de Maniwaki sont des algonquins ; population : 120 familles, 433 âmes. La mission a été fondée en 1849 par le Père Clément.

Depuis deux ans, le Père Guéguen, chargé aussi des missions du Saint-Maurice qui se trouvent dans le vicariat apostolique de Pontiac, a donné la mission régulièrement au Boskatong, k 35 milles au nord de Maniwaki sur la Gatineau ; au Micomis, à environ 40 milles en haut de Baskatong ; et au Majamegose, sur le lac du même nom, sur la rivière du Lièvre, aux sauvages du diocèse d'Ottawa, lesquels se réunissent habituellement à Maniwaki pour la mission. Les sauvages du Baskatong ont été visités plus souvent.

" Le vicariat apostolique de Pontiac a deux résidences de missionnaires sauvages : Albany et Témiscamingue. Voici maintenant les différentes missions visitées, tant par ces missionnaires que par ceux de Maniwaki.

" I. Albany, sur la baie James, dans la baie d'Hudson, à 100 milles de Moose Factory ; résidence de missionnaires sauvages desservie par les RR. PP. Fafard et Guinard depuis 1892. Les sauvages sont des Maskégons ou Cris. Population, environ 200 familles, soit près de 1000 âmes. Albany a été visité en 1848 par les PP. Laverlochère et Garin. Il y eut une chapelle dès les premières années de la mission. La chapelle actuelle a été bâtie par le Père Pian en 1862 ou 1863. Elle est belle et fait l'admiration des sauvages ; 50 pieds de longueur sur 30 de largeur. Les missionnaires demeurent temporairement dans la sacristie. Le fort d'Albany est le plus important de toute la baie après celui de Moose F"actory.

" 2. Winack, au nord d'Albany, visité par le Rév. Père Guinard depuis 1892 ; sauvages Cris, la plupart venant d'Albany. Cette mission possède une chapelle.

" 3- Martin's Falls, sur la rivière Albany, à 300 milles environ de la résidence d'Albany ; population, 25 familles : 100 âmes. Ces sauvages sont des Sauteux visités par le Père Fafard depuis 1892. Point encore de chapelle.

" 4. Fort Hope, sur la rivière Albany à 100 milles au-delà de Martin's Falls. Mission visitée depuis 1892 par le Père Fafard qui y construisit une chapelle. Population Sauteuse, 125 familles : 400 âmes.

" 5. Severn, sur la baie d'Hudson à 700 milles au nord d'Albany. Mission visitée en 1895 par le Père Fafard. J'ignore absolument le chiffre de la population et le nom de la tribu.

" 6. Moose Factory, sur la baie James à 100 milles au sud d'Albany. Chef-lieu des postes de la compagnie de la baie d'Hudson et résidence d'un évêque anglican. Petite ville d'un cinquantaine de maisons. Grandes relations commerciales avec l'Angleterre. Cette mission, visitée par le Père Fafard, compte 80 familles de Cris ou Maskégons catholiques, soit 200 à 300 âmes. Cette station fut visitée par les PP. Laverlochère et Garin en 1847. Comme je l'ai dit, Moose Factory est le siège d'un évêché anglican. Arrivés avant nous et protégés par la compagnie, les protestants ont accaparé la majorité des sauvages en ces parages.

" 7. New Post, surl'Abbitibi à 150 milles de Moose Factory ; autrefois dépendance d'Abbitibi, aujourd'hui desservie par le Père Fafard. Une chapelle y a été bâtie en 1892 ou 1893. Population crise ou algonquine : i5^ou 20 familles, 70 à 80 âmes.

" Ici finit la circonscription des Pères d'Albany.

"8. Abbitibi, sur le lac de ce nom à 200 milles de Témiscamingue, dépendant de la résidence du Témiscamingue ; desservie en 1896 par les PP. Dozois et Beaudry, ce dernier devant rester seul missionnaire des sauvages. Tribu algonquine ; population : 115 familles, environ 450 âmes. Chapelle fondée en 1837 par M. de Bellefeuille et rebâtie par le Père Nédelec, 42 pieds sur 20 ; sacristie, logement pour le missionnaire. La mission d'Abbitibi est un fort de la compagnie assez important.

" 9- Longue-Pointe, sur le lac des Quinze, rivière Ottawa, à 55 milles de la baie des Pères ; desserte du Père Beaudry. Population algonquine : lo à 12 familles, environ 60 âmes. Cette mission possède une chapelle construite en 1889 par le Père Nédelec.

" 10. Matadjwan, à dix milles environ à l'ouest du Témiscaming, desservie par les Pères de cette résidence. Population algonquine, huit à dix familles, soit une cinquantaine d'âmes.

"11. Timagami, sur le lac du même nom. Population misauteuse, mi-algonquine, 20 à 25 familles, environ 100 âmes, visitée par les Pères du Témiscamingue ; chapelle bâtie récemment par le Père Paradis de Domrémy.

"12. Mattawagamangue, visitée en 1849 par le Père Clément et en 1868-1869 par le Père Pian, desservie du Témiscamingue. Population crise et algonquine, 40 à 50 familles, environ 250 âmes.

"13. Témiscamingue, station des missionnaires sauvages PP. Mourier et Beaudry. Les sauvages sont presque tous morts. Les survivants, une douzaine de familles, la plupart métisses écossaises, résident sur la réserve de la Tête-du-Lac, où le Père Beaudry a également établi sa demeure. Jolie chapelle. Population de 50 à 60 âmes.

"14. Grassey lake, sur la rivière Keepawa, à 100 milles, est de Témiscamingue, desservie par le Père Mourier. Chapelle bâtie par le Père Guéguen en 1886, agrandie depuis par le Père Nédelec. Population algonquine, 20 à 25 familles, une centaine d'âmes.

"15. Mattawa. Autrefois célèbre mission sauvage, aujourd'hui importante paroisse urbaine. Le Père Nédelec, missionnaire sauvage y est demeuré jusqu'en 1892, et y est mort en février 1896. Le Père Pian est venu, après sa mort, y donner la mission aux quelques sauvages qui subsistent encore. Population algonquine, 20 à 25 familles, 100 à 120 âmes.

" 16. Golden lake, sur la Bonnechère, mission de sauvages algonquins venus du lac des Deux-Montagnes, visitée régulièrement chaque année par le Père Nédelec jusqu'en 1895. Population, 14 à 15 familles, environ 80 âmes.

" 17- Quelques familles algonquines du fort William, que le Père Nédelec réunissait, dans ces derniers temps, aux Joachims.

Ici finit la circonscription des Père du Témiscamingue.

" i8. Grand-Lac, sur l'Ottawa, à 200 milles est du Témiscamingue, desservie par le Père Laniel de Maniwaki. Tribu algonquine, 54 familles, 300 âmes. Cette mission possède une chapelle depuis 1863. La première fut bâtie par le Père Déléage. En 1883 le Père Guéguen en construisit une nouvelle agrandie depuis, par le Père Laniel. Dimensions : 55 pieds sur 22.

'* 19. La Barrière, desservie par le Père Laniel de Maniwaki. Chapelle de 30 pieds sur 20, avec sacristie de 9 x 9. Population mi-algonquine et mi-crise ; les anciens sauvages parlent un patois des deux langues. 25 familles, environ 120 âmes.

" 20. Wemoiitaching, sur le Saint-Maurice, à 200 milles des Trois-Rivières, desservie par le Père Guéguen de Maniwaki. Chapelle bâtie en 1846, par le Père Bourassa, rebâtie en 1885 par les PP. Guéguen et Fafard, 45 pieds sur 25. Population, crise, 65 familles, 280 âmes.

"21. Waswanipi, sur le territoire de la baie d'Hudson, à 300 milles de Rupert's House, baie James, desservie par le Père Guéguen de Maniwaki, point de chapelle. Population crise, 34 familles, 164 âmes.

"Veuillez, mon Rév. Père, etc., ect., etc., prier pour votre respectueux serviteur. J. P. Guéguen, O.M.L"

Tel est le rapport de l'homme qui, aujourd'hui, connaît le mieux les sauvages du Nord. Nous allons le résumer en donnant des chiffres approximatifs de population.

Familles. Ames.

Missions dépendant d'Albany 45^ ^^3°

" " du Témiscamingue. ... 279 1270

" " de Maniwaki (vicariat).. 178 864

<' " du diocèse d'Ottawa 120 433

Total 1025 4397

Ces chiffres sont inférieurs à la réalité, car nous ne comptons ni les sauvages de la Severn, ni ceux de Winack, ni ceux du Fort William, ni les familles éparses uft peu partout dans l'Ontario et sur les rivières de Pontiac. D'un autre côté, comme les sauvages établis dans Renfrew et Pontiac proprement dits sont inclus dans le recensement, nous croyons que, tout calculé, il y a compensation et que l'on peut s'en tenir aux chiffres ci-dessus.

Nous terminerons notre travail par un dernier tableau comparatif de la population catholique du vicariat apostolique de Pontiac de 1881 à 1891

VICARIAT APOSTOLIQUE DE PONTIAC

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