SAINT-FRANÇOIS-XAVIER DE RENFREW
Nous avons raconté, dans un chapitre précédent, avec quelle énerg-ie et quelle habileté le Rév. M. Rougier, curé de Renfrew, avait conduit l'entreprise de son église. Il avait fait un budget qu'il avait soumis, en 1873, à Mgr. Guigues ; ce budget comportait une dépense de treize mille piastres, ce qui ne devait laisser à l'église, en 1875, qu'une dette de trois mille quatre cents piastres. Ces calculs hypothétiques font généralement sourire ceux qui savent qu'il faut toujours compter, dans les constructions, avec ce grand facteur qu'on appelle l'imprévu. M. Rougier comme tout le monde, fut surpris par l'imprévu, les dépenses dépassèrent les prévisions, mais là où éclate son mérite, c'est qu'il ne fit point comme tout le monde, et que, à mesure que les dépenses s'accrurent, il trouva le secret d'accroître les recettes, si bien que, en fin de compte, les proportions s'équilibrèrent et la dette n'en fut point augmentée. Voici en quels termes Mgr. Duhamel constata et admira ce tour de force :
" Renfrew, janvier 1876.— M. Rougier mérite nos éloges pour la magnifique église qu'il a construite au prix de quinze mille piastres. Ceux qui ont le plus contribué au succès de cette entreprise sont M. Bonfield, d'Eganville, et M. le curé. La dette ne s'élève qu'à trois mille six cent quatre-vingt-treize piastres."