CHAPITRE VI
COMTÉ DE PONTIAC — 1871-1881
"ivrl y J 4? A résidence du Temiscaming-ue qui avait été comme la ^i*4^ "h maison-mère de Mattawa, demeura bien plus longrs>^ '"^ temps que cette dernière à l'état de pauvre mission perdue. Les colons n'y firent leur apparition qu'après 1886. En revanche, depuis leur installation au Témiscaming-ue en 1863, les Pères oblats partag-èrent leur temps entre la visite des tribus indiennes et celle des chantiers, qui commencèrent dès lors à être nombreux chaque hiver dans cette immense région forestière.
Nous avons vu que les premiers missionnaires de Mattawa dépendaient du Témiscamingue où ils résidaient d'ordinaire, à l'exception du Père Nédelec qui, à partir de 1869, établit ses quartiers d'hiver à Mattawa.
En 1874, à la mort de Mgr. Guigues, nous trouvons le Père Poitras également à Mattawa en qualité de supérieur. La mission du Témiscamingue se composait alors du Père Pian, supérieur et fondateur, et des Pères Laverlochère, Guéguen et Prévost, arrivés les deux premiers en 1867, le troisième en 1873. Le Père Guéguen et le Père Nédelec étaient déjà et sont restés jusqu'à nos jours les véritables missionnaires des sauvages qu'ils s'étaient partagés. Tandis que le Père Nédelec visitait les missions de l'ouest, depuis la Bonnechère jusqu'à la baie d'Hudson, le Père Guéguen s'occupait surtout des indiens de l'est, depuis le haut de l'Ottawa et de ses affluents jusqu'aux sources du Saint-Maurice, ce qui ne les empêchait pas d'accompagner, à leurs temps libres, leurs confrères dans les chantiers.
Mgr. Duhamel fit sa première visite au Témiscamingue le 14 août 1876. Quelques jours après l'évêque, de nouveaux hôtes, les Pères Soulier et Antoine, l'un visiteur, l'autre provincial des oblats au Canada, montèrent à la mission. A la suite de cette visite, il fut décidé qu'on abandonnerait la vieille chapelle située près du fort dans la province de Québec, et qu'on en construirait une nouvelle en Haut-Canada, un peu en arrière des maisons des pères et des religieuses, sur la colline qui domine le jardin.
La construction de cette chapelle ne commença, toutefois, qu'aux premiers jours de mars 1878. Le Père Pian, aidé des frères et de quelques hommes, eut tôt fait de lever la charpente de l'édifice. Le 12 mars il y ajouta le petit clocher et le 16 juin il put y célébrer la première messe. L'église avait cinquante pieds de long sur vingt-six de large et le clocher s'élevait à soixantedouze pieds dans les airs.
L'année suivante (7 septembre 1879) un harmonium y fut apporté ; enfin, le 2 mars 1880, les frères Moff"ett et Verrette montèrent de Mattawa une belle statue de la sainte V'ierge et une cloche de cinq cents livres qui fut mise en branle pour la première fois le 7 du même mois.
Le 10 octobre 1879, le Père Prévost partit pour Maniwaki et fut remplacé au Témiscaming-ue par le Père ÎMourier, de Hull qui, après une absence de quatorze années, était tout heureux de rentrer dans sa chère mission.
Le 2 août 1881, Mgr. Duhamel accompagné du Rév. M. Proulx, de l'abbé Robert et du Père Nédelec fit sa seconda visite au Témiscamingue. Il poussa même à deux cents milles plus loin, au lac Abbitibi où il arriva le 7 août. 11 trouva là une jolie chapelle de quarante pieds sur dix-huit et quatre cents sauvages, convertis par le Père Nédelec. Monseigneur resta deux jours à Abbitibi et rentra le 14 au Témiscamingue. L'année suivante (ler octobre 1882) le Père Pian fut envoyé en qualité de supérieur à Maniwaki, tandis que le Père Déléag-e de Mattawa alla prendre sa place au Témiscamingue (30 octobre). Il y trouva de résidence les Pères Laverlochère, Guéguen, Mourier et Paradis, ce dernier récemment arrivé.