MISSIONS DU FORT COULOXGE ET DES BOIS-FRA'NCS
Nous avons vu que dès le 8 février 1873, "'"' comité avait été formé pour bâtir une église au fort Coulonge. Ce comité fit d'ailleurs peu de choses, et le 17 août 1875, un nouveau comité de construction fut constitué comme suit . Germain Leclair, W. Gillies, sr., G. Morissette, sr., Chs. Labine, Philippe Gervais, Chs. Belee, jr., Pat. Davis, secrétaire-trésorier.
Dans une note de 1875, Mgr. Duhamel signale une démarche des gens du Coulonge qui l'avaient prié de fixer l'emplacement de l'église. Cette fameuse église fut enfin construite (en bois) dans le courant de 1876. M. Ginguet, curé de la Passe, délégué par Monseigneur et accompagné de son vicaire, M. Rochon, la bénit solennellement le 7 novembre 1876 et lui donna pour patron l'apôtre saint Pierre. Il y célébra ensuite pour la première fois le saint sacrifice.
L'église avait quatre-vingts pieds de long sur quarante de large. Elle fut faite par l'entrepreneur Walsh, de Bryson, mais ce ne fut que plus tard qu'on la lambrissa de briques. Il y avait alors à Coulonge deux ou trois cents hommes qui faisaient des radeaux dans les booms ou estacades ; ces jeunes gens venaient le soir donner un coup de main aux ouvriers moyennant une rasade de whisky.
Ce même été 1876, les premiers enduits furent posés. Le menuisier Joseph Trottier fît l'autel et une partie des bancs ; Alfred Ross fit le reste.
Les dépenses de l'église s'élevèrent, k la date de sa bénédiction (7 novembre 1876) à mille soixante piastres. Du 7 novembre 1876 au 31 décembre 1878, les dépenses pour le complément des travaux montèrent à six cent huit piastres, ce qui fait un total de seize cent soixante-dix piastres. Ce chiffre n'était point considérable et les souscriptions en billets promissoires le couvraient amplement. Malheureusement, ces souscriptions ne rentrèrent pas, et l'on dut emprunter de l'argent au taux de douze et demi pour cent.
A l'époque de la visite de Mgr. Duhamel (26 juin 1879) '^ dette s'élevait encore à onze cents piastres. Deux ans plus tard lors de son passage (17 février 1881) elle était réduite à mille piastres.
Heureusement, le. curé actuel de la Passe, M. Lemoyne, obtint de madame Vve Bryson, principale créancière de l'église, une remise considérable dans la note qu'on lui devait. Au lieu de six cent soixante-quinze piastres elle consentit à accepter la somme de trois cent quatre-vingt-cinq piastres, faisant généreusement don du reste à la mission. Le 17 févriec 1878, une cloche de cinq cent cinquante livres fut bénite par le Rév. M. Ouellette.
Coulonge comptait en 1876, quatre-vingt-huit familles.
La mission de Saint-Antoine de Padoue des Bois-Francs, canton de Pontefract, possède une petite chapelle large de vingtsix pieds et demi sur vingt-quatre de long qui fut construite par corvées. On tira les pièces équarries de la montagne voisine.
Quant au bois du plancher et de la toiture, il fut acheté chez Thos. Bryson et payé plus tard par le Rév. M. Lemoyne.
En 1875, Mg-r. Duhamel recommanda à M. Ging^uet de continuer à donner la messe de temps en temps à cette pauvre mission éloignée de la Passe de quinze milles.
En 1879, on fit une addition à la chapelle qui compte aujourd'hui soixante-quatorze pieds de long- sur vingt-six et demi de large.
Il y avait alors dans le canton de Pontefract quarante-six familles catholiques, mais toutes les terres étaient loin d'être prises. En 1883, la chapelle des Bois-Francs fut ornée d'un clocheton.
Dans une note du mois de juin 1879, Monseigneur loue beaucoup le zèle du Rév. M. Rochon, curé de la Passe, qui surveille avec soin ses missions lointaines et fatigantes.