MISSION DE PÉLISSIER (AUTREFOIS SAINT-PIERRE DE WAKEFIELD
Dkns les montag-nes du canton de Wakefield, au nord de Cantley et à l'est de la Gatineau, s'étend un pays pauvre et difficile, que ses mines de mica commencent à laire connaître. Cette bande de terre qui sépare la Gatineau de la Lièvre, jusqu'à Maniwaki et à la Kiamika, est certainement une des régions des plus sauvag'es et des plus arides que l'on puisse trouver dans l'immense comté d'Ottawa. Néanmoins, quelques hardis colons n'ont point craint de s'y établir depuis de long"ues années. Parmi les pionniers de Wakefield on compte, en première ligne, M. Pélissier, originaire du pays de Sorel, dont le nom a été donné récemment au bureau de poste ; sa maison a servi longtemps de chapelle, et chez lui le prêtre a toujours trouvé la plus cordiale et la plus respectueuse hospitalité.
On rapporte que ce fut le Père Paquin, oblat, qui dit la première messe en ces parages, dans la maison d'un M. Legrand. M. Ginguet, curé de la Gatineau, visita ensuite ce pays (1859- 1861) une fois par an.
Après lui, 1862, M. Chaîne, curé de Saint-Joseph-d'Orléans et desservant de Perkins Mills, vint tous les six mois, tenir mission chez M. Pélissier, jusqu'à ce que le soin de cette localité échût à M. Dusserre, curé de la Gatineau, 1866. M. Dusserre monta trois fois par an à Wakefield. Lorsque M. McGoey fut nommé curé de Cantley, 1869, il fut à son tour, chargé de Wakefield qu'il visita à des époques indéterminées. Les RR. MM. Trinquier et Charbonnier, de l'Ange-Gardien lui succédèrent. Ils allaient à Perkins Mills, et de là, ils se rendaient tous les mois à Wakefield.
Au mois de juin 1875, la mission avait pris assez d'importance pour que Mgr. Duhamel jugeât à propos d'y faire une visite. Il descendit chez M. Pélissier et visita un emplacement de huit arpents de terre que M. Côté lui offrait pour y construire une chapelle. Le lieu lui parut central, et Monseigneur décida qu'aussitôt que le contrat de donation du terrain à la corporation épiscopale serait signé, les catholiques pourraient commencer les travaux.
Deux ans plus tard, l'évêque d'Ottawa visita de nouveau la mission et écrivit l'importante note qui suit: "Juin 1877. Grâce
à Dieu, une chapelle en bois a été construite dans l'espace de quelques mois. M. Charbonnier, de l'Ange-Gardien, l'a bénite, le 6 mars dernier, et lui a donné saint Pierre pour patron. Huit arpents de terre ont été cédés à la mission par M. Bénoni Côté, au prix de cinquante piastres-, et une souscription est ouverte par MM. Côté et Pélissier, pour couvrir les frais de cette vente et de la chapelle. Désormais à partir de septembre prochain, le curé de Cantley sera chargé de la desserte de cette nouvelle église."
Le 29 juillet suivant Mgr. Duhamel donna à M. Charbonnier le pouvoir d'ériger à Saint-Pierre les stations du chemin de la croix. Ces stations, nous ne savons pour quelle cause ne furent, néanmoins, placées que l'année suivante, 24 février 1878. M. Charbonnier officia, assisté du curé de Cantley, M. McGinnis, qui était alors chargé de la mission.
M. McGinnis et ses successeurs continuèrent à aller une fois par mois à Saint-Pierre de Wàkefield.