ADMINISTRATION
'ANNONCE du sixième concile provincial de Québec fut promulgué par Mg-r, Duhamel, le 28 octobre 1882. Nous citons cette promulgation parce qu'elle fut accompagnée le 6 novembre d'une mesure importante, la création d'un tribunal ecclésiastique, selon les prescriptions du neuvième décret du concile. Voici les noms des premiers membres de ce tribunal. Officiai, Rév. M. J. O. Routhier, V. G.
Assesseurs, H. J. Tabaret, F. Michel, J. Mangin et J. Whelan. Promoteur, G. Bouillon.
Vice Promoteur, E. C. Croteau.
Chancelier, L. N. Campeau.
Vice Chancelier, J. Sloan.
La colonisation avait toujours été l'œuvre de prédilection de Mgr. Guigues ; on pense bien qu'elle n'attirait pas moins l'attention de son successeur ; c'était d'elle, en effet, que dépendait l'avenir de la religion dans le pays. Le lecteur sera heureux de
trouver ici un extrait du mandement par lequel Mgr. Duhamel annonça la fondation de la société diocé. aine de colonisation, (4 mai 1884.)
"Encore un bon nombre de cantons de ce diocèse sont couverts d'épaisses forêts . . .Voilà un fait qui ne doit pas nous laisser toutà-fait indifférents. Le temps semble venu de songer sérieusement à coloniser ces terres qui, à peine seront-elles défrichées, produiront d'abondantes récoltes,
" La patrie et la religion gagneront beaucoup par la fondation de missions et de paroisses dans ces bois maintenant solitaires.
" Des centaines de canadiens, dit-on, s'en vont chaque année chercher fortune aux Etats-Unis, et combien ne reviennent plus au pays !
" Il est facile de diminuer considérablement cette émigration. Il suffit que l'œuvre de la colonisation ait plus d'apôtres parmi les hommes d'état, les députés du peuple, les hommes et femmes instruits, et particulièrement parmi les prêtres.
"Chers co-opérateurs, je ne veux pas m'arrêter aux considérations que le patriotisme pourrait m'inspirer, mais je dois dire un mot des avantages que la religion tirerait d'une colonisation plus étendue.
"Oui ou non, l'église est-elle intéressée à l'établissement de quarante à cinquante missions nouvelles dans la seule partie du diocèse qui se trouve dans la province de Québec.
" La Très Sainte-Trinité ne serait-elle pas plus honorée si, au lieu de soixante-quinze églises et chapelles, il y en avait cent vingt-cinq dans le diocèse ?
" Notre Seigneur ne serait-il pas plus glorifié si notre population catholique atteignait le chiffre de 200,000, qui serait à peu près le double du chiffre actuel ? Et, si nous nous occupons efficacement de colonisation, nous pourrons en peu d'années, amener ce beau résultat
" A cause de sa position particulière, Ottawa, et par conséquent le diocèse, ne doit manquer d'aucune institution d'éducation et de charité. Qui doit aider et à soutenir ces institutions ? Evidemment les catholiques du diocèse. Or, et l'expérience le prouve,
nos fidèles ne sont ni assez nombreux ni assez riches pour donner tout le secours désirable.
"Travaillons donc, chers coopérateurs, à attirer dans nos nouveaux cantons, le trop plein des vieilles paroisses de la province de Québec, et nous deviendrons assez nombreux pour faire nos œuvres.
"La vallée d'Ottawa est mieux connue maintenant. Les terres sont généralement bonnes et peuvent donner, après deux ou trois ans de culture, des récoltes plus que suffisantes aux besoins des colons.
" Le Rév. A. Labelle, curé de Saint-Jérôme, avec un zèle, un dévouement et une persévérance au-dessus de tout éloge, a travaillé, depuis quelques années, à coloniser une partie de cette magnifique vallée ; vous savez tous quel beau résultat il a obtenu : Suffolk, Ponsonby, Amherst, Wolfe, Clyde, Loranger, ont leur chapelle, pour une population toujours croissante desservie par les prêtres des missions les plus rapprochées ; De Salaberry et Howard ont leur curé, MM. Ouimet et Gauthier, qui n'ont pas craint les plus rudes privations en s'associant à l'œuvre du curé Labelle ; Joly et Nominingue ont les dévoués Pères de la Compagnie de Jésus, qui continuent les traditions des anciens missionnaires de cet ordre illustré qui a l'insigne honneur d'être bassement et violemment attaqué partout, parceque partout il y a des ennemis de Jésus et de tout bien.
"Dans le canton de Wentworth, les RR. PP. Fleurance et Bouchet, de la compagnie de Marie, aidés de six Frères coadjuteurs de la même congrégation, ont entrepris de mener à bonne fin l'œuvre des orphelinats agricoles fondée par le Rév. messire Rousselet, actuellement curé de Saint-Jacques, à Montréal, et un certain nombre de laïques de cette même ville, tous animés d'un grand esprit de religion, d'une charité et d'une générosité que je ne saurais assez louer.
"Les RR. PP. Oblats, à Maniwaki, se sont fait, depuis la fondation du diocèse, apôtres de la colonisation. Je ne puis, dans une circulaire, redire tous leurs travaux ; je dois me contenter de constater qu'ils les continuent avec le même zèle, avec la même
abnégation. L'été dernier, j'ai visité pour la première fois, quatre nouvelles missions où ils sont parvenus à construire, à force de sacrifices, des chapelles en bois où les colons sont maintenant si heureux d'aller assister aux saints offices. Ces nouveaux centres religieux, situés dans les cantons d'Egan et d'Aumond, portent les noms de Saint-Cajétan, la Sainte-Famille, Sainte-Philomène et Saint-Boniface.
"Avec un peu de zèle de notre part, chers coopérateurs, avec un peu de générosité de la part des catholiques, nous pourrions faire à Jésus-Eucharistie de nouveaux tabernacles autour desquels des centaines d'âmes viendraient se grouper pour lui rendre leurs adorations.
"Vous me permettrez donc, chers coopérateurs, de croire à votre zèle et à la générosité de vos ouailles. C'est avec cette confiance que je viens m'adresser à vous pour augmenter les recettes de la société de colonisation du diocèse. Je vais d'abord vous faire connaître ce que je crois devoir ordonner ; puis je vous expliquerai ce que je vous prie de faire pour aider la colonisation dans la vallée de la Grande Rivière ou Ottawa.
" I. Une quête sera annoncée le second dimanche de mai, dans toutes les églises, et sera faite par le curé lui-même, le dimanche suivant, le i8 de ce mois. Je compte sur vous pour bien annoncer cette quête. Si vous voulez toucher la fibre religieuse et patriotique de vos paroissiens, ils seront généreux comme ils le sont toujours dans certaines paroisses où les raisons des quêtes sont parfaitement expliquées. Vous voudrez bien m'envoyer le produit des quêtes, dès le lundi.
" II. Je vous envoie la " Constitution de la Société de Colonisation du diocèse d'Ottawa," et des billets d'aggrégation.
" En lisant la constitution vous remarquerez l'article 8 qui donne aux curés la présidence des cercles qu'ils formeront dans leur paroisse et vous verrez que toute latitude leur est laissée pour faire rentrer les contributions.
"Je fais appel k votre zèle pour former dans vos paroisses des dizaines, des vingtaines, des centaines ayant à leur tête des zélateurs et des zélatrices dont vous vous efforcerez d'entretenir la sainte ardeur pour la colonisation.
." Chacun est libre d'organiser le cercle de sa paroisse comme il le voudra, soit en formant un conseil particulier composé d'un vice-président, d'un trésorier, d'un secrétaire et de plusieurs directeurs, etc., soit de toute autre manière qui n'est pas contraire à la constitution de la société du diocèse."
Comme on le voit dans ce mandement, deux nouvelles familles religieuses venaient de faire leur entrée dans le diocèse : les Révérends Pères Jésuites, du Nominingue (1882) et les Pères de la Compagnie de Marie, de Montfort (1883).
Avec ces religieux deux nouvelles congrégations de femmes, les sœurs de la Sagesse et les sœurs de Sainte-Croix, y furent également admises. Les Pères Jésuites n'étaient point destinés à faire une fondation définitive, du moins, quand ils se retirèrent, furent-ils remplacés par les chanoines réguliers de l'Immaculée Conception (octobre 1891).
L'encyclique Humanum Genus de Léon XIII, publiée le 24 mai 1884 par monseigneur, fut l'occasion que prit celui-ci de lancer, sous forme de mandement, une série de six remarquables instructions sur la franc-maçonnerie qui gouverne le monde et particulièrement l'Amérique sans que, malheureusement, presque aucun catholique s'en préoccupe. On s'obstine à représenter la franc-maçonnerie anglaise et américaine comme inoffensive et l'on ferme les yeux sur ses menées ténébreuses. Espérons que les récents événements du Manitoba éclaireront les plus aveugles.
L'année 1884 vit entrer dans le diocèse l'ordre illustre des Dominicains. Monseigneur les introduisit dans sa ville épiscopale et leur confia l'importante paroisse de Saint-Jean-Baptiste (9 août 1884.)
Le 10 août 1884, Mgr. Duhamel reçut à l'évêché la visite de Mgr. Henri Smeulders, délégué apostolique au Canada.
De graves événements religieux se préparaient pour le pays.
Le saint siège, voulant reconnaître à la face de l'univers, l'importance religieuse et politique de la naissante nationalité canadienne, lui accorda l'éminente faveur de la dignité cardinalice.
Monseigneur Taschereau, archevêque de l'antique métropole de Québec, reçut la pourpre romaine et fut admis dans l'auguste sénat de l'église universelle (7 juin 1886).
Ce ne fut pas tout. La vieille province ecclésiastique de Québec fut divisée. Montréal, l'opulente cité, brisa le dernier lien qui l'attachait à sa rivale et eut son archevêque. Bien plus, Ottawa, la ville née d'hier et encore presque inconnue mais fière de son titre de capitale et ambitieuse d'avenir, Ottawa atteignit d'un bond le premier rang et devint, elle aussi, métropole (8 juin 1886).
Il est vrai que sa grandeur soudaine la laissait un peu boiteuse puisque le bref pontifical du 10 mai 1887 ne lui donna qu'un suffragant, le vicariat apostolique de Pontiac, et que jusqu'à nos jours elle n'a pu trouver ce second diocèse nécessaire au parfait fonctionnement d'une province ecclésiastique.
Ces mesures si généreuses du saint-siège causèrent au Canada une profonde sensation ; des fêtes splendides se succédèrent à Québec, à Montréal et à Ottaw^a. L'imposition du pallium, insigne de l'archevêque, eut lieu à Ottawa le 24 juillet 1886.
Le cardinal Taschereau vint en personne le donner à Mgr. Duhamel ; les archevêques de Montréal, de Toronto et de la Nouvelle-Orléans, les évêques de Charlottetown, de Chatham, de Rimouski, de Sherbrooke, de London, de Kingston, d'Ogdensburg, de Saint-Hyacinthe, de Nicolet et de Cytère, furent présents.
Un jeune prêtre distingué, de Montréal, l'abbé Bruchési, fit le sermon de circonstance.
Le clergé du diocèse et les fidèles témoignèrent la part qu'ils prirent à cet heureux événement en offrant à monseigneur une chapelle en vermeil et d'autres cadeaux dont le prix s'éleva à $2,800.
Cette même année 1886 (18 octobre) une association nouvelle, l'Union de prières et de bonnes œuvres fut établie dans le diocèse.
D'autre part, les religieuses sœurs de Marie fondèrent un couvent dans la paroisse de Vankleek-Hill.
L'année 1887 vit l'installation dans la ville d'Ottawa d'un monastère de religieuses contemplatives, les sœurs du Précieux Sang fondées à Saint-Hyacinthe en 1861. L'église qui pourvoit à tous les besoins, spirituels comme temporels, témoigne une tendresse toute spéciale pour ces vierges qui, dans l'ombre du cloître, se vouent à la perpétuelle contemplation des beautés du céleste époux. Aussi monseigneur prit-il un ton lyrique, lorsque, dans son mandement du 19 mai 1887, il fit part aux fidèles de l'arrivée de la nouvelle congrégation.
"Les sœurs du' Précieux Sang doivent établir leur cloître dans la maison même qui a été le berceau des sœurs-grises de la Croix, sur la rue Saint-Patrice, tout près de l'archevêché. Elles y seront conduites processionnellement, le 23 de ce mois, après les premières vêpres de la fête de Notre-Dame Auxiliatrice.
" Nouvelles Maries, elles se tiendront en oraison aux pieds de Jésus-Christ pendant que leurs devancières, à l'exemple de Marthe, s'occuperont des œuvres extérieures d'éducation et de charité, et cette maison qui a été témoin de l'activité, des sacrifices, des mille travaux des unes abritera désormais les autres dont la vie est une contemplation continuelle et une incessante prière. Les adoratrices du sang divin off'riront leurs hommages au Dieu de l'eucharistie dans cette chapelle où les premières sœurs-grises d'Ottawa, alors Bytown, se sont agenouillées et ont prié, et où Jésus va reprendre sa place au tabernacle. Le fait que cette chapelle a été conservée si longtemps nous avait toujours paru une preuve indubitable que Dieu voulait y être encore honoré et adoré par des âmes religieuses. Que son saint nom soit béni, puisqu'il nous est donnné de la rouvrir au culte catholique ! Que son saint nom soit béni, puisque le saint sacrifice sera dorénavant ofi^ert sur l'autel que nous allons y ériger.
" Réveillez-vous, échos de ce sanctuaire, à la voix de ces nouvelles épouses de Celui dont jadis vous avez tant de fois répété le nom ! Il est temps pour vous de le.répéter encore et le jour et la nuit. Revenez, anges adorateurs de l'hostie vivante ! Reprenez votre place dans cette enceinte sacrée. Venez, vous aussi anges privilégiés qui avez assisté au drame sanglant du Golgotha, venez,
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des coupes en main, puiser dans le calice de l'autel le sang du Sauveur pour le porter partout, dans cet archidiocèse, où il y a des âmes à rafraîchir ou à purifier. Et vous, qui venez vous dévouer comme des victimes, entrez avec confiance dans cette pauvre maison qui vous tiendra lieu de monastère. Par une nouvelle bénédiction de l'Eglise, elle va se trouver encore toute parfumée de l'odeur des vertus angéliques pratiquées par les vierges qui vous y ont précédées et dont plusieurs ayant quitté cette vallée de larmes, doivent être en ce moment au pied du trône de Dieu pour vous obtenir du Père, du Fils et du Saint-Esprit toutes les grâces que vous pouvez désirer.
" Ne craignez pas de manquer du nécessaire. La providence de Dieu et la générosité des catholiques de cette ville et du diocèse tout entier vous seront comme des trésors où vous pourrez puiser en temps opportun.
" Nous avons l'espoir. Nos Très Chers Frères, que votre charité inépuisable trouvera des secours à donner à ces vierges du Seigneur dont la vie se passera à adorer le Sang de Jésus-Christ. Vous n'attendrez pas qu'elles vous tendent la main pour recevoir une aumône, vous irez vous-même leur porter ou l'oflFrande du riche ou l'obôle du pauvre. En retour, elles vous feront part de leurs richesses spirituelles ; elles vous admettront à partager les mérites qu'elles s'efforcent d'acquérir par leurs oraisons et tous les autres exercices de la piété chrétienne et religieuse."
Pour compléter l'œuvre de ces excellentes religieuses, Monseigneur érigea dans leur chapelle, 28 octobre 1887, la confrérie du Précieux Sang.
Le ler janvier 1888, fut un jour de fête pour l'univers catholique, qui célébra, avec des transports de joie, le jubilé sacerdotal du Pape Léon XIII glorieusement régnant. Monseigneur voulut que son peuple partageât la joie universelle, et ordonna de grandes manifestations religieuses à cette occasion.
Le 5 août 1888, pendant la retraite ecclésiastique, fut solennellement tenu le premier synode diocésain. Cette salutaire institution qui pourvoit aux nécessités particulières des diocèses, de la même manière que les conciles provinciaux et généraux pourvoient
aux besoins des provinces ou de l'ég-lise universelle, était un éloquent témoignag-e de l'état complet d'organisation du diocèse d'Ottawa. Les synodes se sont renouvelés deux fois depuis, en 1891 et en 1895 î ^^ ^^^ ordonnances portées par eux n'ont pas été sans promouvoir le bon ordre et sans porter d'heureux fruits.
Quelques semaines plus tard, 10 octobre 1888, Monseigneur entreprit son troisième voyage ad limina ; c'était pour la quatrième fois qu'il traversait les mers, en comptant la visite qu'il fit à Rome en 1869. Le Rév. M. Routhier, V.G., exerça, pendant son absence, les fonctions d'administrateur.
Comme toujours l'archevêque d'Ottawa avait pour ce voyage de graves motifs : c'était l'année du jubilé pontifical, et il convenait que le nouveau métropolitain vint, à cette occasion, déposer ses hommag-es aux pieds de Sa Sainteté ; c'était aussi l'ouverture du séminaire canadien, que la congrégation de Saint-Sulpice, toujours généreuse, venait de construire à ses frais ; de plus, il avait en vue des œuvres spéciales à son diocèse.
Lorsqu'il retourna, en effet à Ottawa (9 avril 1889) il ne rentrait point les mains vides. Il apportait à son cher collège d'Ottawa un bref, daté du 5 février 1889, l'érigeant canoniquement en Université, et complétant ainsi l'acte du parlement qui depuis plusieurs années lui avait donné ce titre.
Il apportait également l'approbation de la congrég^ation des sœurs-grises. Déjà par un premier décret du saint siège, en date du 9 mars 1885, leur institut avait été loué et autorisé à prendre le nom de sœurs-grises de la Croix ; par le décret du 15 janvier 1889, leurs règles et constitutions furent formellement et définitivement approuvées.
Enfin. Mgr. Duhamel apportait, en troisième lieu la nouvelle de l'érection d'un Chapitre. Monseigneur pensait depuis longtemps à cette création. L'élévation de l'église d'Ottawa au rang de métropole le détermina à précipiter l'affaire.
Le Chapitre ou corps des Chanoines est le conseil de l'évêque ; il chante l'office au chœur de la cathédrale et assiste le prélat dans ses fonctions ; c'est un grand honneur pour un prêtre d'être nommé membre d'un corps si vénérable.
Le Chapitre métropolitain d'Ottawa fut érigé par Léon XIII le 12 janvier 1889. Toutefois, à cause des difficultés locales, le saint Père dispensa les chanoines de l'assistance quotidienne au chœur et réduisit leurs obligations à ce sujet à une seule réunion tous les deux mois.
• Voici la liste des nouveaux chanoines :
Très-Rév. J.-O. Routhier, V/G., archi-prêtre.
Rév. L.-N. Campeau, archidiacre.
Rév. G. Bouillon, primicier.
Rév. J.-A. Plantin.
Rév. F.-V. Michel.
Rév. F.-D. Foley.
Rév. J.-P. Bélanger.
Rév. S. Philip.
Rév. P. McCarthy.
L'installation des nouveaux dignitaires que l'on fit coïncider avec l'inauguration de l'Université (9 et 10 octobre) attira un grand concours d'évêques et de clergé et fut l'occasion de fêtes mémorables.
Monseigneur apporta encore de son voyage un nouvel Induit relatif au droit cathédratique. D'un côté, les frais de l'administration épiscopale et du séminaire s'étaient considérablement accrus ; le séminaire seul a coûté jusqu'ici $30,000 au diocèse ; de 'autre, la prospérité et les revenus des églises avaient augmenté également. Par Induit du 17 février 1889, le droit cathédratique à payer par le clergé à l'évêque fut fixé à dix pour cent des revenus, et monseigneur statua que, jusqu'à nouvel ordre, ce dix pour cent serait limité au revenu de la vente des bancs. L'ordonnance du 16 mai 1876 qui avait établi le droit cathédratique de 5 pour cent fut abrogée.
A cette époque, deux autres familles religieuses furent admises dans le diocèse : les sœurs de la Providence, qui prirent la direction de l'hospice et de l'école de Saint-André-Avellin (1889) et les Pères Capucins (ler juillet 1890) pour lesquels monseigneur
onda, aux portes de la ville, la paroisse de Saint-P>ançois d'Assise de Hintonburg^. Le 15 du mois de septembre suivant, monseig-neur fit un nouveau voyage à Rome en compagnie de son vicairegénéral, le Rév. M. J.-O. Routhier, laissant l'administration du diocèse entre les mains du chanoine Campeau, archidiacre de la cathédrale. M. Routhier fut honoré, pendant ce voyage, de la haute dignité de Protonotaire Apostolique (18 décembre 1890) et les deux pèlerins entrèrent à Ottawa le 5 janvier i8gi.
Des temps malheureux s'ouvraient pour l'église au Canada. Les sectes, qui s'étaient essayées déjà une fois contre les écoles catholiques de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick, firent alors un pas décisif. La législature du Manitoba abolit, en 1890, les écoles séparées. Tels furent les commencements de cette lutte formidable qui dure depuis six ans et qui semble plus éloignée que jamais de son terme. Les évêques canadiens ne pouvaient rester muets devant cette atteinte aux droits des catholiques et cette violation de la constitution qui les garantit ; ils protestèrent par un mandement collectif en 1891, et plusieurs fois depuis. Cette union, qui fait leur force, fut afiirmée par chacun d'entre eux, et l'on pense bien que Mgr. Duhamel ne fut ni le moins zélé ni le moins résolu dans l'afiïrmation de nos droits, d'autant plus qu'il a lui-même de justes raisons de redouter les empiétements du pouvoir civil en Ontario sur les écoles séparées.
Le 25 mars 1893, l'archevêque d'Ottawa promulgua dans le diocèse les documents pontificaux par lequel le Pape établit l'Association universelle de la Sainte-Famille et s'en proclama lui-même le protecteur et le chef.
Le 17 octobre 1895, Monseigneur fit à Rome un sixième voyage. Il était de retour le 25 février 1896.
Enfin, le 28 octobre 1896, Mgr. Duhamel voulut célébrer le 22ième anniversaire de sa consécration épiscopale par la création de deux nouveaux chanoines. Son choix tomba sur le Rév. M. O. Beauchamp, procureur de l'évêché, et sur le Rév. Dr. W. Deguire, vicaire à la basilique.
C'est par ce dernier acte épiscopal que nous terminons ce travail. Nous ferons ailleurs, dans un rapide tableau, la comparaison
de l'état du diocèse aux trois principales périodes de son existence, en 1848, en 1874 et en 1896.