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pas qu'un examen plus impartial de son règne laiss&t subsister le titre de grand qui est resté attaché à son nom comme à celui de tant d'autres qui ne Tavaient pas mieux mérité. Ce qu'il nous importe à nous de re-^ marquer, c'est que, malgré sa piété, il n'oublia point qu'il était le premier chef de TÉgiise. Nous avons vu les appels faits à son autorité par Syrice et par Ambroise. Les évéques d'Italie ont abandonné par son ordre la cause d'Évagrius et reconnu Flavien pour évêque d'Antioche. Il fait plus. Après avoir ordonné le bannissement des Manichéens, il enjoint aux prêtres de veiller à ce qu'ils ne se déguisent en catholiques, qu'il ne reçoivent pas la communion, que leurs bouches impures ne touchent point, dit-il, le corps de Jésus-Christ. Il ne le permet pas même à ceux qui se convertissent de bonne foi. Il les relègue dans les monastères, il les condamne à des prières, à des jeûnes éternels. Il permet seulement qu'a« près de longues épreuves on leur donne le viatique à l'article de la mort; et tout cela appartenait à la puissance spirituelle.
Le pape Syrice ne prit aucune part aux derniers événements du règne de Théodose. Il mourut en 398, le 26 novembre suivant le Père Pagi, ou au mois de janvier, suivant quelques autres. Ambroise l'avait précédé dans la tombe; et jusqu'au dernier jour de sa vie il était demeuré aux yeux de tous le chef de l'Église occidentale et le juge des grands de la terre. La métropole de Milan était devenue la rivale de Rome, plus par l'ascendant de son évêque que par la résidence de deux de ses empereurs. C'est à la voix d'Ambroise qu'on
déterrait les corps des martyrs pour les dresser sur les autels à la place des dieux qui n'étaient plus. Ses jugements étaient comparés à ceux de Salomon. Ses décisions étaient des lois pour les évéques. Sa réputation seule faisait des prosélytes. Saint Paulin, son panégyriste, fait convertir une reine des Marcomans.par le seul récit de ses vertus * ; un roi barbare lui attribue comme à Josué le pouvoir d'arrêter le soleil ^. Les miracles sans nombre attachés par la vénération des fidèles à sa vie, à sa mort, à sa sépulture, furent imposés plus tard à la crédulité publique par les historiens de rËglise. Si un évêque de ce caractère avait succédé à Damase dans la chaire romaine, Tinfluence de ce siège lui eût peut-être inspiré des idées plus ambitieuses, eût avancé sans doute la domination du sacerdoce; et la lutte de quatre siècles, que nous aurons à raconter depuis Louis le Débonnaire jusqu'au pape Innocent III, aurait pu faire place à des événements d'une autre nature. On nous contestera vraisemblablement lefTacement de Syrice en présence de saint Ambroise;et Ton rappellera à ce sujet les décisions contenues dans sa lettre à Himérius, évêque de Taragone, que nous avons nommée la première des véritables décrétales. A la demande de cet évêque, il prononça en effet sur bien des questions de discipline ecclésiastique, sur la conduite à tenir avec les apostats, avec les religieuses et les religieux qui s'étaient mariés, avec les évoques qui per«