‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 3)Chapitre 23 sur 105 · Eginhard, an · texte numérisé non relu

Eginhard, an

métropolitain de sa province, car les évéques de France, de Lombardie et d'Allemagne relevaient plutôt de son trône que du saint-sîége. C'est par son ordre et en son nom que, Tannée précédente, Tarchevêque Arnon, nommé par lui métropolitain de Bavière, parcourait la Germanie pour convertir les peuples et instituer des évéques. Il consultait cependant le pape dans ce qu'on appelait les causes majeures, comme dans l'affaire des chorévêques. Mais c'est lui qui ordonne la suppression de cette espèce de coadjuteurs qui empiétaient sur les droits des titulaires *. C'est lui qui défend à ceux-ci et aux prêtres de combattre à la tête de leurs peuples, et qui leur enjoint de rester dans leurs églises pour attirer sur ses armes les bénédictions du ciel. Ni Adrien l" ni Léon III n'avaient gêné Charlemagne dans le fréquent exercice de la puissance spirituelle; et quant à la puissance temporelle qu'aurait dû leur conférer la donation prétendue de leur bienfaiteur, elle était en quelque sorte démentie par les lettres de Léon III qui, après l'inauguration du nouvel empire, étaient datées des années du règne de Charlemagne.

Cette nouvelle date apposée aux lettres pontificales devait nécessairement interrompre les rapports du pape avec les empereurs et les patriarches de Constantinople, où de grands événements s'étaient passés, sans que Léon III eût l'air de s'en occuper. L'exécrable Irène avait fait mourir son fils Constantin Porphyrogenète, et avait régné seule pendant cinq ans. Son zèle pour le rétablisse-

Page 1