Pagi, an
de suspectes par Tabbé Fleury lui-même *. On y comprend la Sicile qui était encore au pouvoir de l'empereur d'Orient, et ce pourrait bien être une interpolation du onzième siècle. Mais on y lit encore que l'empereur Louis donne au pape la ville et le duché de Rome. Les trois premiers donateurs ne l'avaient donc pas cédée! et c'est par là cependant qu'ils auraient dû commencer. Quel besoin avait-on d'ailleurs de ces renouvellements, si les premières donations étaient réelles? citerait-on une autre puissance qui fit ainsi confirmer de siècle en siècle son titre de possession ? Ne détruisait-on pas ainsi ce qu'on prétendait confirmer? N'accusaît-on pas un sentiment de doute et d'incertitude sur le droit qu'on s'attribuait; et les étranges contradictions qu'on lit dans ces actes ne sont-elles pas des témoignages de leur fausseté ou de leurs altérations postérieures ? Ni Egînhard ni l'Astronome, seuls historiens du temps, ne parlent de ce capitulaire; et la narration du second, purgée des sortilèges et des prodiges dont les moines assaisonnaient tous leurs récits, a un grand caractère d'authenticité. Que signifiait enfin cette quatrième donation de la ville éternelle, quand on y lit encore que l'empereur se réserve la domination de cette même Rome et de ses habitants, quand surtout on le voit exercer cette souveraineté à l'égard du pape lui-même?
Selon Mézeray, qui a tort de ne jamais citer ses autorités, Pascal était fort importuné de cette domination française et cherchait sans cesse à s'en affranchir quoi-