‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 3)Chapitre 77 sur 105 · Berthold Gonstanliensis; DoJechinus, an · texte numérisé non relu

Berthold Gonstanliensis; DoJechinus, an

riage d'anathème. On y joignit, suivant l'usage, Texcommanioation de Tempereur, de l'antipape et des investisseurs laïques. Philippei^ fut ébranlé, il envoya des députés à Rome^ promit ce qu'il n'avait pas l'intention de tenir; et malgré les sévères conseils d'Yves de Chartres, Urbain II, oubliant les traditions d'Hildebrand, lui ac'^ corda un délai d'une année*

Je remarquerai encore sa mansuétude à l'égard de Guillaume le KouX) roi d'Angleterre. C'était le fils de Guillaume le Conquérant qui avait constamment refusé de prêter serment à Grégoire VII, et le fils comprenait encore moins qu'un roi pût être le vassal d'un évêque d'Italie. Il se disait au contraire le maître des évêques et de leurs domaines. Il ne permettait pas qu'on remplit les abbayes et les sièges vacants, regardait leurs revenus comme siens. Les prêtres et les moines sollicitaient en vain la permission de se donner des chefs, c C'est moi qui » le suis, > répondait-il, et il parlait en roi ; mais on profita d'une maladie grave pour dompter son avarice par la crainte de l'enfer; et' sa peur fut si grande qu'il supplia le vénérable Anselme, abbé du Bec, d'accepter le siège primatial de Cantorbery. Mais il guérit et ce primat devint l'objet de sa haine. On fut obligé de lui remettre le pallium en cachette. 11 ne put obtenir du roi ni la convocation d'un concile, ni l'élection d'un seul abbé, t Les abbayes sont à moi, » disait- il ; et fatigué des remontrances du vertueux Anselme, il le mit dans la nécessité de s'enfuir d'Angleterre, et d'aller chercher des consolations à la cour d'Urbain IL Anselme pria le pape de ne lancer contre son persécuteur ni anathème, ni interdit; le

pape comprit que tout le clergé d'Angleterre en serait puni, et le primat ne put y rentrer qu'à la mort de Guillaume le Roux.

Urbain était alors plus heureux en Italie. Il ouvrit le 1" mars 1095 le célèbre concile de Plaisance, et il s'y montra dans tout l'appareil d*un évéque universel. Il y vint deux cents évèques, quatre mille clercs et trente mille laïques. Aucune église ne pouvait les contenir, et ce fut dans une plaine que se tint cette assemblée. L'im^ pératrice Adélaïde ou Praxède vint s'y plaindre des outrages de son époux Henri IV. Des ambassadeurs d'Alexis Comnène y parurent pour implorer les secours de l'Occident contre les Sarrasins; la sympathie des assistants répondit à leurs doléances. On parla même de cette croisade rêvée par Grégoire VII, mais les Italiens aimaient trop leur Jt^eau pays pour en changer. C'est à une nation plus belliqueuse qu'Urbain alla demander des armées. Après le renouvellement de toutes les excommunications de l'époque, il se rendit en France où les nombreux pèlerins qui revenaient de la Terre Sainte soulevaient déjà les esprits au nom du Saint Sépulcre. Pierre lËrmite en arrivait. C'était un homme d'une grande vertu, et le renom de sa vie austère lui attirait la vénération des peuples. Il rapportait de Jérusalem les prières des malheureux moines que tourmentaient les infidèles. Urbain II le joignit à Clermont. Il y arriva porté pour ainsi dire par les populations qui l'accueillaient avec des transports de joie *, malgré les anathèmes dont il me-

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