Ibid
Georges d'Ostie sont chargés d'une troisième lettre, où il retrace tous les ravages des Lombards, le pillage des temples et des monastères, le viol des religieuses, Tin cendie des fermes de TËglise, la destruction de ses vignes, le massacre des enfants et des femmes, la captivité des hommes *. Mais, malgré tant de messages, les étendards de Pépin ne paraissaient pas encore, et le siège ne se ralentissait pas, le danger devenait tous les jours plus terrible. C'est alors que, las de parler au nom de saint Pierre, il imagina de Je faire parler lui-même. Ce fut le Prince des Apôtres qui écrivit cette fois par la main du pape. Il assurait à ses fils de France que, s'il était mort corporellement, il vivait toujours en esprit, que c'était bien lui, le fondement de l'Église, qu'ils entendaient, que toute l'armée céleste leur ordonnait de le secourir. Il leur promettait le paradis s'ils obéissaient, il les menaçait des feux éternels, s'ils laissaient tomber son sépulcre dans les mains des Lombards ^.
Voilà où en était l'esprit humain, l'intelligence des hommes de ce temps. Etienne savait bien que c'était une fiction, mais Pépin en était-il dupe? Je n'ose ni l'affirmer ni le nier; mais aux yeux des peuples cela passait pour vrai. Les ordres de saint Pierre furent exécutés. Pépin revint en Italie. Astolphe montra la même faiblesse. Il restitua l'exarchat de R avenue, la marche d'Ancône, le duché de Rome, et Pépin les remit, dit-on, à saint Pierre \ en vertu des droits que lui donnait la victoire,
i. Cod, Car.