‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 4)Chapitre 107 sur 112 · INNOCENT III · texte numérisé non relu

INNOCENT III

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II n'entre point dans mon sujet de raconter la révolte des enfants de Henri II contre leur père, la protection accordée par Louis le Jeune à ces enfants rebelles, la complicité de la reine Éléonore avee ses quatre fils, lés soulèvements des Poitevins et des Bretons, l'irruption des comtes de Flandre et de Boulogne dans la Normandie, celles du roi d'Ecosse et d'une armée de Flamands en Angleterre, les revers du roi de France^ la défaite plus sanglante de ces Flamands et des Écossais, la captitité de leur prince et l'hommage de sa couronne au roi d'AngleterrOi Mais je ne puis passer sous silence la pénitence que la peur el la superstition imposèrent à Henri II entre ses succès de Normandie el ses victoires dans son royaume^ Il attribua ses malheurs domestiques et toutes les guerres qui en étaient la suite^ à la colère de saint Thomas, et s'en silla, pieds nus, se prosterner devant soii tombeau^ y pass^ un jour entier en prières^ el livrer le lendemain ses épaules nues du feuel des molûes de Gantorbery. Il se rendait indigne des victoires qu'il avait remportées et de celles qu'il alli^rl feUipefter eâcodre;

car Dieu, qui tient ù la dignité des rois, n'exigeait pas de lui ces honteuses humiliations, que ses ennemis prirent même pour une détestable hypocrisie. Il fut plus grand en pardonnant à ses indignes fils, et plus digne du trône en assurant par des lois justes et sages la prospérité de son royaume.

Frédéric Barberousse eut son tour. Ses antipapes n'avaient servi qu'à entretenir ses évêques dans le schisme^ mais une guerre aussi longue les avait fatigués. Celui qu'il entretenait dans Rome n'y exerçait qu'une autorité précaire et souvent insultée. Ses guerres dltalie ruinaient ses armées; les Lombards le harcelaient de leurs perpétuelles révoltes. Ils l'avaient forcé de lever le siège d'Alexandrie, ville nouvelle qu'ils venaient de bâtir à peine sous le nom du pape. Henri le Lion, duc de Saxe et de Bavière, formait en Allemagne une coalition puissante. Frédéric sentit la nécessité de se réconcilier avec un pape qui venait d'humilier un plus grand roi que lui. Sa première tentative ne fut point sérieuse; il ne voulait que gagner le temps de lever une armée nouvelle ; mais cette armée fut défaite par les Lombards au mois de mai 1176, il faillit périr lui-même dans la déroute, et il mit bas tout orgueil et toute hypocrisie *. L'archevêque Veremond de Magdebourg et deux autres évêques allèrent trouver le pape à Anagni, où, après quinze jours de pourparlers, la paix fut conclue à condition que les Lombards et le roi de Sicile y fussent admis, et que les terres de la comtesse Mathilde fussent rendues au saint-siége. Venise fut

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