Gibb, cho XLiz
les Papes sera fécond en désordres, en bouleversements de toute espèce; et il faudra pour le détruire le travail incessant de huit siècles.
On a fort exagéré les qualités de Sylvestre IL II était vergé dans toutes les sciences de son temps, il montrait plus de respect que ses prédécesseurs pour les conciles, et ne décidait rien que sur leur avis. Mais comment concilier ses paroles d'archevêque et ses sentiments de pape? Que dire de son étrange, de sa brutale sentence contre le vicomte de limoges? Ce vicomte, nommé Guy, sollicitait de révoque d' Angoulême la jouissance de l'abbaye de Brantôme, et, sur le refus de l'évêque, il l'avait jeté dans une prison. L'appel de ce captif devait, suivant toutes les lois, être porté devant le roi de France ; mais Robert étant excommunié, c'est au pape que l'évêque demanda justice. Le vicomte fut mandé à Rome ; et il eut la faiblesse d'obéir à la Sommation d'un pape qui s'établissait de sa propre autorité juge criminel d'un seigneur laïque. Uq de ses prédécesseurs avait rêvé cette monstruosité, mais on n'avait jamais exécuté ce décret. Sylvestre II l'osa et sa sentence fut d'une révoltante barbarie. Il ordonna que le coupable serait attaché au cou de deux chevaux indomptés, que son corps traîné sur la terre, brisé, déchiré, serait jeté à la voirie, et il ne donna qu'un sursis de trois jours pour l'exécution de cet arrêt. L'évêque qui en fut chargé fut heureusement plus doux que le pape. Il eut horreur de tant de cruauté et se sauva de Rome avec le vicomte *. Gomment qualifier cet acte d'un