‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 4)Chapitre 70 sur 112 · I. Glab., liv. I · texte numérisé non relu

I. Glab., liv. I

complices ou victimes des clercs. Benoit VIII a la bonté de faire approuver ces canons par son César. Mais que pouvait-on attendre d'un clergé qui vivait toujours dans les camps? Pendant la guerre de Naples, une des ailes de Tarmée d'Henri II était commandée par le patriarche d'Aquilée, l'autre par l'archevêque de Cologne *. Par contre, des seigneurs se faisaient moines, et l'empereur luimême en eut envie. Le roi de France Carloman avait déjà donné cet exemple. Mais Henri II trouva un évéque et un abbé qui voulurent bien reconnaître qu'il fallait autre chose que des prêtres pour mener le monde. L'évêque Haimon de Verdun dit à Richard, abbé de Saint- Vannes, chez qui l'empereur s'était retiré : « Ne le retenez » pas ou vous perdrez tout l'empire. » L'abbé l'interrogea sur sa vocation, et lui faisant prononcer le vœu d'obéissance absolue : « Je vous reçois, lui dit-il, pour moine, et » vous ordonne de gouverner l'empire que Dieu vous a » confié et d'assurer son salut en y faisant régner la jus- » tice. » Cet abbé Richard était la plus sage des hommes de ce temps. L'empereur lui obéit et reprit sa couronne. Robert de France dégradait la sienne en faisant brûler cinquante prétendus Manichéens, et en allant s'humilier à Rome aux pieds d'un pape qui était en ce moment le véritable souverain de l'Europe.

Benoit VIII mourut le 10 juillet 1024, et les comtes de Toscanelle, ses parents, retinrent à force d'argent la papauté dans leur famille, en faisant élire son frère qui n'était pas même dans les ordres. Il prit le nom de

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