Grég., Epiit. XXXVI
c'est ainsi que Vigile appelait sa décision canonique, les accusait au contraire d'en soutenir la doctrine. Cette réserve ou contradiction ridicule déplut aux Acéphales et ne satisfit pas davantage les orthodoxes. L'Église d'Occident en fut révoltée. L'évéque de Milan abandonna le pape, ses propres diacres Sébastien et Rustique le dénoncèrent partout comme ayant renié la foi de Chalcédoine. Vigile répéta qu'il la reconnaissait * et qu'il ne l'avait point reniée; qu'il restait fidèle aux doctrines du saint-siége. Mais ses lettres aux Occidentaux étaient publiées et revenaient à Constantinople soulever la colère des Acéphales. Celle des orthodoxes l'avait forcé pour ainsi dire de retirer des mains de Justinien son malheureux judicaium^ de déclarer qu'il avait eu tort de juger de luimême sans avoir attendu l'avis du concile auquel il avait assisté, et il en demanda un autre. Tout était remis en question. L'empereur était ébranlé. Il consentait à une trêve, et par conséquent à la suspension de son édit jusqu'à une nouvelle réunion des évêques. Les Acéphales en frémissaient. Anthime et Sévère avaient espéré au contraire que Vigile rétracterait son approbation des canons de Chalcédoine. Le refus du pape, la promesse d'un nouvel examen leur firent craindre une défaite. Théodore de Césarée, le promoteur de l'édit, alla trouver Justinien : c II serait honteux, lui dit-il, pour le » maître de l'univers de plier sous le caprice d'un prêtre f qui ne sait pas lui-même ce qu'il veut. Il disait ana- » thème hier à ceux qui ne condamnaient pas les trois