I. Lettre vu. — 2. Lettre vm. — 3. Ibid
sée dans le dernier chapitre, il plut à tout le monde, parce que chacun crut avoir obtenu ses suffrages. Après la lecture de sa lettre dans l’Académie française, La Motte s'empressa de N lui écrire : « Je passe au discours que vous avez envoyé à l’Académie; tout le monde fut également charmé des idées justes que vous y donnez de chaque chose. Il n’appartient qu’à vous d’unir tant de solidité à tant de grâces ; mais je vous dirai que sur Homère les deux partis se llattaicnt de J vous avoir chacun de leur côté*. » Fénelon avait réussi. Il avait dit sa pensée de façon à n’être compris que des témoins désintéressés du combat, et à ne mécontenter aucun des combattants. Mais La Motte, qui veut savoir si Fénelon est décidément pour lui contre Homère, ou avec Homère pour Mme Dacier, insiste et pose des questions pressantes. « Malgré le talent de peindre que je trouve avec vous dans Homère, la raison n’est-elle pas révoltée à chaque instant par des idées quelle ne saurait avouer, et qui, du côté de l’esprit et du cœur, trouvent un double obstacle à l’approbation? » Fénelon lui répond par de nouveaux compliments et par une nouvelle protestation de neutralité entre les opinions extrêmes : « Est-Il possible que je combatte les deux partis des anciens et des modernes, moi qui craignais tant de les fâcher tous deux ? Me voilà tenté de croire que je ne suis pas loin du juste milieu, puisque chacun des deux partis me fait l’honneur de supposer que j’entre dans son véritable sentiment. C’est ce que je puis désirer de mieux, étant fort éloigné de l’esprit de critique et de partialité5. » Et Fénelon se trouve si bien dans cette retraite paisible qu’il s’est ménagée entre les deux camps, que, malgré les instances de La Motte, il persiste à ne la pas quitter. Au lieu de répondre directement à ses questions, il lui transcrit de nouveaux extraits de sa Lettre à l'Académie, qu’il couronne par celte invitation gracieuse : « Que ne dirions-nous pas là-dessus si jamais Cain-