CHAPITRE Vin
Pope : Traduction de Vlliade. — Le cardinal Wiseman : Sur l’amvur de la nature chez tes anciens et les modernes.
Nous avons déjà vu Pope faire cause commune avec Swift, contre le docteur Bentley. L’irritable poète détestait Bentley et le poursuivait à outrance, parce que Bentley l’avait blessé dans son orgueil. Johnson raconte qu’un jour, à diner chez le docteur Mead, Pope, curieux de connaître l’opinion de Bentley sur sa traduction de V Iliade, lui dit : J’ai prié mon libraire de vous envoyer mon livre. — Quel livre? dit Bentley. — Mon Homère. — Oh! je me rappelle votre traduction. C’est un fort gentil poème, mais ne l'appelez pas Homère. — Pope ne pardonna jamais cette distinction entre Homère et lui, et plusieurs années après, dans la Dunciade, il traça le portrait célèbre de l’orageux Bentley ftempesluous), député par les universités pour représenter le pédantisme et la polémique au pied du trône de la Stupidité ’. Mais malgré sa rancune contre Bentley, et son amour pour l’antiquité, Pope ne devint jamais un idolâtre des anciens comme Temple, dont il se raillait en le vengeant. Dès sa plus tendre enfance il avait lu, traduit et imité les anciens. Dans sa pension de Londres, il détachait de la traduction de Y Iliade, par Ogilby, des scènes choisies dont il faisait un drame ; il y mêlait scs propres vers, et représentait cet essai dramatique avec le jardinier de la maison , comme Goèlhe jouait avec sa sœur Comélie les plus beaux passages de la Messiade. A vingt ans,