I. Parall , t. I, p ki
marets l'argument tiré de la vérité divine du christianisme.) Nous aurons plus d’une fois l’occasion de nous élonner qu’il n’en ait pas tiré un meilleur parti. Par là , il est inférieur à Saint-Sorlin; mais il développe avec plus de force et d’ampleur que lui l’argument philosophique tiré des progrès de l’esprit humain , considéré comme un seul esprit ‘. Perrault est un chrétien de l’école de Descartes ; il a vu avec sagacité jusqu’où pourrait conduire Descartes en passant du domaine de la philosophie dans celui de la religion ; mais , bien résolu à rester dans les bornes de la littérature , il déclare expressément qu’il veut appliquer à l'examen des ouvrages d’esprit la liberté que Descartes a portée dans la philosophie , et secoue le joug de l’autorité en littérature , comme Descartes en métaphysique.
Un autre argument de Perrault contre le préjugé de l’antiquité , c’est l’excès d’admiration que nous avons pour les inventeurs. Inventer est un grand mérite; mais qui fait les inventions? Un hasard de date et de priorité; ce qu’ont inventé les anciens, nous l’aurions inventé nous-mêmes, si nous avions été les anciens *. Sont-ils d’ailleurs d’aussi grands inventeurs qu’on le croit? Il fut louable au premier homme d’avoir construit ces toits rustiques dont parle Yitruve. Mais n’était-il pas presque impossible de ne pas imaginer quelque chose de semblable , dans la pressante nécessité de se défendre des injures de l’air? Celui qui s’avisa le premier de creuser le tronc d’un arbre, et de s’en faire un bateau pour traverser une rivière , mérite quelque applaudissement. Mais si l’on voulait examiner de près ces toits rustiques et ces premiers
1 . Parait. . p. 49 et suiv. Perrault s'y inspire directement de Fonteneile