‹ Histoire de la querelle des anciens et des modernes, par m. Hippolyte RigaultChapitre 128 sur 180 · Preface de Ylliade, p · texte numérisé non relu

Preface de Ylliade, p

elle ou Fenelon qui laisse 6chapper ces lignes aimables : « J’aime a voir les heros d’Homere faire ce que faisaient les patriarches, plus grands que les rois et que les heros. J’aime a voir Junon s’ajuster elle-m6me, sans cet attirail de toilette, sans coiffeuse et sans dame d’atour? » Ce n’est pas un mediocre honneur pour Mine Dacier d’ avoir compris dans'Homere, a force de 1’ aimer, les beautes que le xvne siecle estimait le moins en lui. C’est l’amour d’Homere qui instruit Mme Dacier de ce que le gout ne lui r£v61erait pas. Qui avait plus de gout que Racine etBoileau? Et pourtant Boileau decouvre dans Homere la noblesse qu’Homere n’a jamais cherchee S et Racine invente Areas, un de ces gentilshommes, comme dit Mme Dacier, qu’Agamemnon n’a jamais eus. Apres Fenelon, cette amante d’Homere est l’esprit le plus antique du siecle de Louis XIY.

De toutes les traductions de Ylliade, celle de Mme Dacier est la mieux 6crite et la plus fidele ; aussi devint-elle l’occasion d’une reprise de cette guerre contre Homere , plus longue que celle qu’il a change. Plus Homere traduit se ressemblait a lui-meme, moins les beaux esprits d’alors devaient le bien accueillir, puisque son tort le plus grave etait simplement d’etre le vieil Homere, et de n’avoir pas atlendu le xvii* siecle, pour murir les fruits de son gtmie au soleil de Louis XIY. Aujourd’hui, Mme Dacier a regu le prix de son d6vouement au grand poele. Longtemps delaiss6e, elle a repris

faveur aupres de nos contemporains , qui retrouvent dans

ses quality et m6me dans ses defauts nos principes actuels de traduction et notre goiit de l’exactitude, sinon notre idolatrie de la litldralitd. Nous louons en elle ce qu’y bldmait La Motte, et il n’est pas jusqu’aux vulgarity accidentelles de son style qui ne chatouillent agrdablement notre oreille, liabituee depuis quelque temps a confondre le simple avec le commun. Peut-6tre m6me que 1’on r6pare aujourd’hui

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