‹ Histoire de la Raison d'EtatChapitre 12 sur 112 · LES RÉACTIONS DANS LES MONARCHIES · texte numérisé non relu

LES RÉACTIONS DANS LES MONARCHIES

Elles sont à leur tour républicaines ; — Mais elles passent aussi vite que les explosions révolutionnaires.

A toute révolution succède régulièrement son inévitable réaction qui la considère comme un accident, une surprise, un sacrilège momentané destiné à bientôt disparaître. C'est alors que les ingénus de la vieille monarchie s’éprennent d’un amour soudain pour la liberté des interrègnes; ils s’attachent aux anciennes lois, aux institutions décrépites, aux droits acquis ; ils forment une véritable opposition, une sorte de république sinistre et suffoquante, qui empoisonne de ses miasmes l’atmosphère de la monarchie régénérée. L’Etat souffre dans toute son étendue; semblable au malade qui éprouve la sensation douloureuse de scs pulsations, de ses digestions, de tous ses mouvements intérieurs, il sent le joug des résistances s’appesantir sur tous ses organes avec une intolérable pression. Le progrès conquis s’évanouit, le peuple retombe dans son passé; on le ramène vers son berceau qui devient pour lui le lit de Procuste. Il voit ses idées contestées, ses dogmes mis en doute ; ses moindres velléités rencontrent une objection émise dans des formes légales, avec des prétentions parlementaires, et son despote devient soudain bonhomme, fainéant, respectueux pour les formes, incapable de rien décider sans s'astreindre aux plus fastidieuses

Page 1