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LES RÉFORMATEURS

Synchronisme Oc la réformât ion. — Luther à Byzance, — en Tartarie — et en Chine. — Confusion postérieure. — Louis XIV et Pierre I #r . — Le pape et le sultan. — Paris et IVking. — Pourquoi le Mexique et le Pérou n’ont pas résisté â l'invasion espagnole.

Le dernier synchronisme qui se présente complet dans le monde est celui de la réformalion protestante. On sait comment, en 1517, Luther prêcha l'insuiTection contre Rome, cl comment, en moins de trente ans, toute nation eut son réformateur indigène : Zwinglc révolta la Suisse, Calvin la France, Crammer l’Angleterre, Knox l’Ecosse, Gustave Vasa la Suède ; le schisme même de Photius se trouva renouvelé par la sagesse barbare d’Ivan IV, le saint et le cruel régénérateur des Russes. Par contre-coup, Rome se retrempa par le concile de Trente, et chaque nation catholique s’avança, à son tour, par un progrès équivalent et peut-être supérieur à celui de Luther. Comment contester sa grandeur à l'Espagne de Philippe II, ou sa force à la France qui immolait ses lirons, ou son inspiration à la religion, qui compensait sa tyrannie en protégeant les sciences, les lettres et les arts, proscrits dans toute la région innovée? L'Église renouvela la musique avec Palestrina, la peinture avec Gui et les Carraches; Galilée découvrit le mouvement de la terre; le calendrier grégorien tixa celui du ciel, et la littérature catholique pour-

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suivit sa marche solennelle avec les chants du Tasse et les

mystères de (laideron.

Or ce mouvement s’arrète-l-il dans les confins de la civilisation européenne'. 1 Non, certes; ce sont encore des réformateurs qui donnent une nouvelle vie à l'islamisme où nous trouvons le drame même de l'Allemagne, de la France, de la Suède, de l’Angleterre, de la Itussie, répété avec ses deux actes de la révolution et de la réaction, de Luther et de Wallenstein, de la Saint-Barthélemy et de la Ligue, de Crainmer et de Cromwell, de Gustave et de Gustave-Adolphe, de Ivan IV et de ses successeurs. C'est d’abord Soliman 1" qui se présente à Constantinople et que le peuple acclame législateur; ses succès éclipsent ceux de scs devanciers, ses monuments lui méritent le • surnom de Magnifique; il conquiert le premier l'alliance de la France, une place dans la fédération européenne, et il puise si bien chez lui les forces qui l'élèvent au niveau de François l", son allié, et de Charles-Quinl, son rival, qu’en écrasant l’uléma Kabir, novateur quasi chrétien, il défend de donner à Jésus-Christ la préférence sur Mahomet, ne fut-ce que dans la discussion. A sa mort, en têGG, les historiens de la Turquie foiil remarquer la décadence visible de l'empire, des désastres multipliés et la décrépitude soudaine qui semble atteindre les descendants d’Oltoman. Cependant les troubles, les rébellions, l'insu- t bordination générale de l’empire ne correspondent-ils pas à l’agitation qui travaille la France sous Catherine de Médicis et l’Allemagne aux approches de la réaction catholique? S'il restait le moindre doute à cet égard, le règne d’Amurath IV le dissiperait sur-le-champ; les historiens mêmes qui avaient annoncé le déclin de la Turquie se

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