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CHAPITRE III

Sou incertitude apparente. — Pétrarque lui donne la forme de la monarchie tribunitienne. — Il peint le roi dictateur, le Rrulus couronné de l’époque. — Bartolo fixe son inspiration par îles formules juridiques. — Successeurs de Pétrarque : Platina, Ponlano, D. Ciraffa, — Patrizzi à la fois républicain et royaliste. — Les peuples étrangers à l’Italie restent en arrière par excès de bonheur. *

A Dante, saint Thomas et Colonna succède Pétrarque, qui remplit à lui seul toute l’époque des seigneurs. Ici les colères s’apaisent tout à coup, l’art de feindre disparait, même les contrastes indispensables à la lutte s’évanouissent, et l’on plonge dans un chaos brillant et nuageux où, faute de teintes fermes, on s’égare et on croit à l’éclipse totale de la raison d’État.

Après avoir lu et relu le chantre de Laure, après l’avoir admiré, vénéré, appris par cœur, analysé dans sa perpétuelle beauté, comment ne pas regretter Colonna, Thomas, et même les plus médiocres scolastiques du treizième siècle? Au moins ils présentaient des contours, des arêtes, des aspérités auxquelles on pouvait s'accrocher; au moins ils ne péchaient que par l’excès des définitions, des distinctions, des explications, de peur qu’on ne se méprît sur leur véritable pensée. Mais Pétrarque nous désespère à chaque pas ; sa magniloquence voile sans cesse toutes les différences d’où pourrait jaillir un raisonnement; son enthousiasme jette les idées les plus opposées dans un chaos

uniformément splendide; son vers éternellement amoureux confond tous les principes, et son admira lion pour l’antiquité gréco-latine déborde tellement en paroles inutiles ou insensées, qu’on ne discerne plus l’ami de l’ennemi. Jusqu’à son absence de pédanterie nous accable; jamais il ne fait des leçons ex cathedra ; jamais il n’expose une théorie ex professo ; jamais une conclusion que le syllogisme puisse serrer dans ses catégories. Pourrions-nous regarder comme des traités instructifs ses déclamations : De optima repubiica adminis frauda, ou De officio imperatoris ? Diffus, vagues, oratoires, ils s’évaporent en paroles, et, si nous les écartons, que nous reste-t-il? Des discoure philosophiques où l’on trouve des consolations banales que toutes les infortunes répudient ; des lettres où la continuité d’un même enseignement se disperse en détails d’une vulgarité fatigante ; des félicitations, des condoléances, des invectives, qui peuvent convenir à tous les systèmes, comme des robes officielles à toutes les personnes, et enfin quelque chanson, quelque polémique bizarre, des fragments épistolaires et des églogues où des bergers dépaysés font allusion à des exploits si étrangère à l’innocence des champs, que la fiction pastorale n’y peut tenir. Que nous importent Phillis, Ménalque, quelques amis de Pétrarque ou mademoiselle Laure de Sade, quand il s’agit de surpasser l’auteur de la Somme ou le poëte de la Divine Comédie ? Que peut d’ailleurs nous apprendre un homme ami des Guelfes, des Gibelins, des tyrans, des seigneurs, des partis, des chefs les plus opposés, et si naïf, qu’il devient le type de l'innocence académique?

Mais, à l’instant môme où Pétrarque nous excède le plus par son inintelligente bonhomie, les nuages se dissi-

pent, le soleil se montre peu à peu, et le poète parait enfin sous son véritable jour comme le maître de l’époque. En effet, que lui demandons-nous? Des traités réguliers sur les roueries politiques? Mais leur temps n’était pas encore venu, et puis ils ne l’auraient pas conduit loin. Rien de plus hideux que l’injustice méthodique. Aurait- il dû nous donner des régies, des préceptes pour diriger les coups d’État des A isconti, ou les manœuvres des Carrare, ou l'imposture foudroyante des Scala? Dans ce cas, nous n’aurions pas eu seulement à prononcer son nom, et ses écrits seraient tombés dans cet oubli qui emporte toute consultation, toute harangue sur des affaires courantes condamnées à devenir inintelligibles au bout de vingt ans. Nous ne saurions exiger de Pétrarque qu’un progrès, non pas d’abstraction, non pas d’école, mais d’attitude ou de forme nouvelle, qui montre l’art de régner sous un aspect imprévu, répétant dans une région supérieure cette scintillation d’idées que ses devanciers avaient révélée en luttant contre les républiques, représentées d’abord par les tumultes consulaires et ensuite par l’anarchie des sectaires. C’est ce qu’on voit dans sa poésie, qui résume la force des seigneurs, l’embellit, l’inonde de lumière et en fait jaillir un nouvel absolutisme qui prend la physionomie d’un tribunal athénien, et dont les chefs se montrent à la fois capables de toutes les entreprises de Brulus et de César. Sont-ils républicains ou monarchiques? Personne ne le peut savoir. Dans la même page, dans la même ligne, le poète embrasse dans ses phases enthousiastes les extrêmes les plus opposés de la gloire. Mais s’il célèbre tous les grands hommes* pourvu qu’ils aient exercé un instant la dictature du génie, s’il est l’homme de la paix universelle improvisée par la grâce des arts, tans dis-

linction de race ou de nation, il est loin de n’avoir ni ennemi ni adversaire, et, encore plus militant que ses devanciers, il combat, non-seulement la liberté du grand interrègne, mais les deux sectes elles-mêmes, Dante et saint Thomas qui les ont idéalisées, et tout entier le passé de l’ Italie. Peu lui importe que ce passé ait été utile, nécessaire, inévitable, que la séparation des deux pouvoirs ait dû désarmer le pape, chasser l’empereur, armer les sectes, affranchir les villes; la confusion artificielle ou plutôt inspirée de ses idées repousse cet affranchissement anarchique fondé sur la faiblesse, obtenu par la discorde, et il invoque la foudre d’un despotisme républicain ou d’une monarchie athénienne contre toutes les divisions de l’époque. Qui peut oublier ses immortelles apostrophes contre la race venimeuse des sectaires ! Quelle colère quand il parle de Louis de Bavière, chef des Gibelins! Et qui îe surpasse en véhémence contre l’Église guelfe. d'Avignon? Ce n’est à ses yeux qu’un repaire de bandits, un complot de prélats dans le but d’escroquer l’or des fidèles; ses deux Clément ont causé plus de dommage que ne pourraient en réparer sept Grégoire; son chef est l’antechrist; son juge Belzébuth, et c’est ainsi que le poëte transporte l’ancien despotisme du podestat dans une région supérieure, non-seuleinent aux républiques, mais au pape, à l’empereur, on dirait même au Christ et à César. Ni païen ni chrétien,’ son Dieu embrasse tous les siècles sous une même loi, son Eglise se fonde beaucoup plus sur les Scipion et les Marcellus que sur les saints du moyen âge, et sa Rome n’attend encore un pontife que pour dissiper la fausse religion des barbares. Dans l’espoir que Rome renaîtra et que l’Italie donnera encore la paix à la terre, Pétrarque écrit des

*2i2 HISTOIRE DE LA RAISON D'ÉTAT.

lettres aux hommes de l’antiquité, comme s’ils étaient encore vivants et impatients de travailler au grand œuvre italien; il multiplie en môme temps les appels aux princes, aux peuples, comme s’ils devaient encore accourir à la voix des dictateurs et des consuls de la ville éternelle. Chaque manuscrit qu’il déterre, chaque souvenir qu’il exhume, chaque événement qui s’accomplit, lui prouve la vérité de son inspiration prophétique et nationale.'

Plus il est naïf et inexpérimenté dans ce qu’on appelle les affaires, plus il fortifie son despotisme poétique, dont il n’aperçoit ni les lugubres mécomptes ni les inévitables infamies. Il ne voit pas qu’à Milan un chef disparait dans un festin, un autre dans une cage, un troisième à la fin d’un souper; il semble ne pas se douter qu’à Venise le fratricide se montre à visage découvert ; qu’à Padoue les seigneurs se succèdent le poignard à la main ; que la trahison -est le grand levier de l’époque; que seule elle désarme les partis, elle déroute les sectaires, elle remplit l’Italie de mille situations fausses, glissantes, tragiques. Aucune prévoyance 11e l’engage ni à lutter ici, ni à céder plus loin, ni à se rectifier plus tard ou à se roidir contre les mille obstacles invisibles de l’ère qui ferme les parlements et qui jette les orateurs dans le délire de la colère. Jamais la logique ne le prend à ses rouages mordants; le syllogisme, le sorite, le dilemme, toutes les vilaines figures de l’inexorable fatalité ne l’entraînent à aucune de ces transactions, où Louis de Bavière aurait pu prendre le pas sur son empereur imaginaire ou le pape d’Avignon enlaidir sa papauté classique. Son aveuglement lui permet de poser absolument son principe, sa forme, sa sympathie; aux ennemis le soin des principes, des formes, des sympathies opposées ;

aux maladroits l'hésitation qui rend la prose raisonnable, mais détestables les livres et inanimées les conceptions.

Au reste, que ce soit là sa véritable pensée, en dépit de sa magniloquencc, qui en efface si souvent les contours, c’est ce qui résulte de la fascination qu’il exerce sur ses contemporains. Partout où il se montre, la foule se rue sur ses pas : les rois, les seigneurs, les tribuns, les multitudes, c’est à qui se surpassera en démonstrations pour fonder le culte de sa personne; scs lettres s’ouvrent d’eîles-mômcs entre les mains des courriers pour se révéler aux peuples impatients de les connaître avant qu’elles arrivent à leur adresse, et quand la fortune des révolutions contemporaines se plaît à faire paraître un homme qui fixe un instant l’attention de l’Ilalie, on voit Cola de Kienzi, le fils bien-aimé des théories de Pétrarque, le restaurateur de ltome, le dictateur qui appelle à son tribunal le pape d’Avignon et l’empereur d’Allemagne, le despote, en un mol, qui joue le rôle de seigneur en prenant le litre de tribun. Il passe, il est vrai, comme les explosions momentanées qui avaient réalisé un instant la monarchie de saint Thomas ou celle de Dante; mais il y a un jurisconsulte contemporain qui ne passe pas et qui ouvre ses formules aux idées les plus entraînantes de l’époque. C’est Bartolo, et son système détermine avec une sorte de précision mathématique tout ce que Pétrarque désigne sous les figures les plus capricieusement nuageuses du canzoniere. Bartolo démontre la décadence de cet empire que Dante divinisait, il le déclare une invasion étrangère, il félicite l’Halie de s’en délivrer occulto Dei judicio. Suivant lui, le pontife est le pire des rois, et il crée exprès une septième catégorie au delà des six gouvernements d’Aristote pour y placer le sien comme un

2il HISTOIRE DE LA RAISON D'ÉTAT.

monstre sans pareil, regimen monstniosum. Épargne-t-il les Guelfes ou les Gibelins? Non, il écrit exprès un traité pour indiquer comment on doit leur tourner le dos et les trahir. Voudrait-il abolir les deux principes de l’Église ou de l’empire? Loin de là, il les considère comme les deux sources premières du droit, et il espère qu’un jour ils apaiseront l’anarchie en détruisant ou en légitimant ces tyrans que Pétrarque attaquait et flattait. Quel est enfin le gouvernement qu’il proclame? Suivant lui, la monarchie doit régir les grands États, et, en la discutant d’après le traité de Coîonna, ■ on dirait qu’il adopte la forme traditionnelle des révolutions italiennes. Et quelle idée propage-t-il avec le gouvernement monarchique? Celle des seigneurs; il prêche la renaissance des anciens, si ce n’est qu’au lieu de mulliplier les appels poétiques aux Scipion, aux Caton, aux César, il évoque la jurisprudence du Latium, qui efface par ses lois sages et humaines toutes les aspérités du droit féodal.

Depuis Pétrarque, la politique reste un siècle et demi dans le cercle qu’il lui a tracé; les condottieri succèdent aux seigneurs, les peuples se perfectionnent par des révolutions, les dynasties par des massacres, et tant de batailles, tant de bouleversements, qui un instant réduisent au silence la poésie et les lettres, ne font que donner plus d’éclat aux idées pacifiques du canzoniere. Vers la fin du quinzième siècle, elles brillent encore de leur lumière naturelle dans un nouveau genre de traités où Colonna, dégagé de son bavardage scolastique, rajeuni, retrempé par l’enseignement révolutionnaire de l’époque, dicte de nouveaux préceptes aux seigneurs. Ainsi Platina soumet son prince à la protection de Dieu, mais son Dieu dirige

eu meme temps David et Numà, il n’est pas moins sccourabie aux Romains qu’aux Juifs ; ses miracles en faveur de Mantouc ressemblent aux prodiges profanes enregistrés par Titc Live, et la grâce qu’il accorde inspire les vertus païennes de Brulus, Curtius et Decius. C’est avec son assistance que les Gonzagues de Mantouc se défendent contre Milan, Vérone et Venise, comme jadis les tribuns d’Athènes avait combattu Sparte, Mégare ou Corinthe. Point de noblesse, si co n’est celle conquise par le mérite; désormais le courtisan . est un sage, le prince un héros. Les mêmes sentiments animent Ponlano, qui s’adresse, non plus aux Gonzagues, mais à Alphonse d’Aragon, et, plus court, plus vif, plus léger, il mêle à son tour les anciens aux modernes, et la république du mérite à la monarchie des seigneurs. Diomède Caraffa nous offre le tableau séduisant du chevalier fidèle donnant ses conseils à la duchesse de Ferrare, qui F écoute avec une sympathique intelligence et le fait traduire en latin, unique rédaction sous laquelle il arrive jusqu’à nous, à côté de Platina et Pontano, et véritablement digne des neuf Muses. Ce' Latin nous fait encore entendre les paroles pacifiques du chantre de Laure, des préceptes pour régner sans exils, sans terreur, par l’unique art de l'amour, et, de plus, il nous montre dans le fond de la scène l’apparition plébéienne du roi de Naples qui donne ses audiences mensuelles à tout venant, qui favorise les marchands, qui prête son argent, son bétail, ses charrues aux laboureurs et ses*navires au commerce, dans l’intérêt du royaume. Des traits encore plus piquants se trouvent chez Panormita, apologiste d’Alphonse d’Aragon, qu’il translorme en une sorte de divinité olympienne dont les paroles agréablement érudites retentissent plus tard dans

une foule de livres italiens et étrangers. Enéas-Silvius Piccolomini réclame aussi une mention honorable, ne fùt-ce que pour sa lettre sur les tribulations du courtisan et par la peinture saisissante qu’il fait de ce pauvre chien à l’attache, si pompeusement malheureux, si rudement malmené, sans que personne s’en doute, et toujours à la recherche de la richesse, du plaisir, de la puissance qui s’enfuient devant lui comme des apparitions décevantes.

Enfin après Platina, Pontano et Caraffa, s’élève Patrizzi, citoyen de Sienne et évêque de Gaëte. Républicain * par sa patrie et favori d’un roi dans son diocèse, il mous donne un traité de la république et un autre du royaume qu’il met fraternellement au niveau de la forme opposée. Nulle part je n’ai vu un style plus fleuri, ni des images plus charmantes, ni une plus merveilleuse facilité de multiplier les exemples empruntés aux anciens. Les attraits de la renaissance s’y montrent dans leur fraîcheur primitive, et une imagination hellénique répand l’air et la couleur du Pirée sur mille préceptes auxquels obéissent paisiblement les villes et les seigneurs de l’Italie. Les vertus qui ornent le prince, ses exercices, ses études, ses voyages, ses jeux; d’un autre côté la sculpture, la peinture, les arts qui embellissent la ville libre; ses halles, ses routes, ses ports, ses places, scs bibliothèques offrent je ne sais quoi d’agréable et d’antique, à tel point que parfois on croit entendre la voix de Platon expliquant les lois de Naples ou de Venise. Il est vrai que le digne évêque ne passe pas de la république au royaume sans une sorte de malaise intérieur qui se traduit en mouvements de mauvaise humeur contre la constance de Caton et contre les hommes incapables de bien apprécier la flexibilité grecque de

Thémistocle. On comprend aussi que ses concitoyens ricanent en le \oyant au milieu des satrapes napolitains; ce sont évidemment leurs railleries qui déconcertent notre Alcibiade en soutane. Mais nous n’avons pas à nous enquérir de sa conscience ou de ses intentions; nous le prenons tel qu’il paraît avec ses deux formes autorisées par la tradition de Pétrarque, et il n’en est pas moins le citoyen royaliste, le Brutus sur le trône, l’homme de son temps, l’auteur avidement recherché, protégé, réimprimé, traduit, arrangé; son livre de Regno est reproduit trois fois, quatre celui de la République , et la Bibliothèque nationale de Paris en montre encore une cinquième copie traduite en français et ornée d’images à ravir.

Avec Patrizzi nous fermons l’ère de Pétrarque. Ce froissement même de deux formes pour la première fois étonnées de se trouver en présence annonce quelque chose de nouveau, et nous n’avons plus qu'à remarquer la suprématie italienne dans les études politiques de cette période. Aucune nation ne nous offre une page comparable, je ne dis pas aux écrits de saint Thomas, de Dante ou de Pétrarque, mais à ceux de Pontano, Patrizzi, Caraffa ou Platina. La France, l’Espagne, l’Allemagne ne nous présentent que des traités comme le Spéculum Principum , où Belluga de Valence croit faire merveille en entassant pêle-mêle force considérations légales sur la curie, l’amortissement, la monnaie et les dîmes. Et à qui dédie-t-il son livre? Encore à un roi italien, à cet Alphonse de Sicile, le demi-dieu de la littérature italienne. Un anonyme suédois écrit, vers 1400, un livre sur le prince; mais il se borne à abréger Colonna, qu’il a probablement connu à Florence ou à * Bologne, et que de retour à Stockholm il

étudie de nouveau dans ses cahiers. Cette stérilité des autres nations en présence de 1 Italie confirme d’une manière éclatante la loi que nous avons vue présider à l’apparition des politiques. Ce sont partout des révolutionnaires; ils proposent partout des théories en contradiction avec les

laits; ils protestent constamment, au nom d’une idée, contre le gouvernement qui les accable. Cette même raison qui a suggéré le despotisme à Colonna, à Dante, à saint Thomas et au naïf auteur de YOculus pastoralis; cette liberté anarchique qui a conseillé à Pétrarque et à ses imitateurs de prêcher par contre-coup la monarchie classique, manque aux Français, aux Allemands, aux Espagnols, soumis à des gouvernements réguliers et par là dispensés de conquérir leur nationalité contre le pape et l’empereur; ils laissent donc aux Italiens la gloire et le malheur de chercher avidement toutes les formes de l’indépendance, de la paix et de la stabilité politique,

DIHJ COMPROMIS.

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