‹ Histoire de la recherche, de la dâecouverte et de l'exploitation de la houille dans le Hainaut franðcais, dans la Flandre franðcaise et dans l'Artois, 1716-1791Chapitre 13 sur 70 · AUGUSTIN -MARIE LE DANOIS DE CERNAI · texte numérisé non relu

AUGUSTIN -MARIE LE DANOIS DE CERNAI

Ancêtres de M. deCernay.

Les Cerna v.

£>;/ ugustin-Marie Le Danois, marquis de Ckrnay, seigneur do la $fc paroisse de Raismes, sous le nom duquel se forma la compagnie ' houillère de Raismes (2), appartenait à Tune des plus anciennes ^Sf?é®^ familles de France. Lesliisloriograplies du temps en font remonter l'origine aux anciens rois de Danemarck qui, chassés de leur pays, seraient venus se fixer en France, sous le règne de Louis-le-De'honnaire.

(I) Tous les détails do celte notice, dont la sourca n'est point indiquée, ont été puisés dans les papiers de famille de M. le prince d'Aremberg qui a eu l'obligeance de nous les communiquer ; quelques-uns nous viennent aussi de renseignements particuliers que nous avons tout lieu de croire exacts.

2) Voir t, t. p. 102.

C1est des Le Danois que descendent les comtes de Scnlis cl les anciens comtes de Guines. C'est aussi d'une partie de cette famille, résidant en Champagne et en Normandie, que viennent les marquis de Jofl'reville, les vicomtes de Rouchcr, et les seigneurs de Novion et de Cernay, alliés aux premières maisons de Lorraine et des Pay-Bas (1). — En 1208 un Le Danois servait dans les armées de Charles V. — En 1295 on en compte un autre parmi les chevaliers qui accompagnèrent le comte d'Harcourl, grand amiral de France, dans la guerre contre les Anglais.

Leui alliance En 1560, la seigneurie de Raisinés appartenait à la famille Rolin, Tune des Toiin68 branches de la famille de Luxcmhourg, alliée à celle des comtes de Hainau!, fondateurs du château et du village de Raisinés. — Jeanne de Rolin était alors seule héritière de cette seigneurie ; elle était, du chef de son père, grande maréchale, grande vénéresse et première vicomtesse héréditaire du Hainaul ; elle épousa, en cette année 15G0, à St.-Genn;iin-cn-Laye, Charles Le Danois, comte de <"ernay. Le roi Henri III, qui reconnaissait Jeanne de Rolin pour sa parente, lui donna la main pour la conduire à l'autel.

De ce mariage est né Jean-Philippe Le Danois, comte de Cernay, lieutenantgouverneur de la ville et château de Rocroy. II eut pour fils Charles-Joseph Le Danois, comte, puis marquis de Cernay.

Charles-Joseph Le Danois , qui était maréchal-de-camp, commandant les chevau-légers de Berry , mourut en 1734(2), il avait épousé Marie Gillelle d'Eslourmel, de laquelle il eut le marquis de Cernay qui fait l'objet de celte notice.

Lemarquisde Augustin-Marie Le Danois, marquis de Cernay, né le 4 mai 1710, était, seigneu/de avons-nous dit, seigneur haut-juslicier delà paroisse de Raismes. Celle pa- Raismes.

(1) C'est sans doulc à cause des alliances de la maison de Cernay avec la maison de Lorraine que M. de Courcelles dit, par erreur, le marquis de Cernay originaire de ce pays. (Histoire généalogique et héraldique, t. 5. p. 18).

(2) De Courcelles Histoire généalogique etc., l. o. p. 18.

roissc comprenait la Petite Franche-Forêt (!) et la Grande Forêt de Raismes ; celle dernière, divisée en deux parties, parfois séparées, alors réunies entre les mains du marquis de Cernay. — Augustin-Marie était commandeur de l'Ordre Royal et Militaire de St. -Louis, en 1748. Lieutenant-général des armées du roi, en 1749; il fut fait gouverneur du Quesnoy, en 1762, et créé grand'croix de St. -Louis en 1766; il était en oulre grand maréchal héréditaire du Hainaut(2) et directeur avec M. de Croy, de la société d'agriculture de la province (3).

Fait panic En ^754 il s'était trouvé placé à la tête de la société houillère de Raismes.

de la r

Compagnie Ses co-associés étaient, comme on Ta vu (A), M. P.-J. Laurent à qui nous

houillère de ... • r» 1 1 r» i i i- * n »

Raismes. consacrons la nolice suivante ; namsault de Iiaulcourt, chevalier de St. -Louis, ingénieur du roi, en Hainaut; Renault, maître de forges à Cousolre, en Hainaut(5); Mauroy, directeur et receveur-général des domaines du roi, en Hainaut; Lamolinary , propriétaire de la manufacture de porcelaine de Valenciennes(6), et MM. Lclong, Benoit, Darlot et Ravenau.

Nous avons raconté ce que fit celle compagnie, quelle lutte elle soutint contre la compagnie Désandrouin, comment finit la lutte, par la création de la compagnie d'Anzin (7). — Le marquis de Cernay fut fait régisseur de cette dernière

(1) La Petite Forêt était alors aux mains de la famille d'Aremberg dont le chef en était seigneur hautjusticier. Mais des deux seigneurs de Raismes, le marquis de Cernay était le seigneur principal, ou commme l'on disait alors, le seigneur du clocher, c'est-à-dire le seul qui eut droit de se dire seigneur de la paroisse ou du lieu.

(2) De Courcelles. (Histoire généalogique etc.] t. 5. p. 18. — Calendriers de Flandre. — DeSars. Recueil de généalogies etc. A. d'Aremberg p. 574. De Cernay, p. 8, 10, 11, 12.

(3) Calendrier de Flandre de 1784.

(4) Voir t 2. p. 102.

(5) « Entrepreneur des cuirasses si renommées, pelit-flls du fameux Renault inventeur et constructeur do la machine de Marly, qui fournit toutes les cascades d'eau pour les plaisirs et l'utilité de S. M. à Versailles et à Marly. [Second mémoire de Cernay contre Désandrouin.) »

(6) Cet industriel faisait des produits remarquables ; ce qui en reste est très recherché.

(7) Voir t. 2, p. 99 et suivantes et t. I . p. 117 et suivantes.

compagnie et cette fonction fut déclarée héréditaire dans sa famille, comme dans celle du duc de Croy (1).

Sa i ' '"o" Le marquis de Cernay notait pas seulement un crand seigneur, il devait le

lans le pays. . .

respect dont il était entouré à ses qualités personnelles ; les bienfaits qu'il répandait dans son village y font encore aujourd'hui aimer et chérir sa mémoire. Grâce à lui, Kaismes était un charmant but de promenade, où, pendant Télé, la société de Valenciennes et de la garnison se donnaient rendez-vous ; on parcourait la forêt, dont les allées étaient soigneusement entretenues, on s'empressail d'assister aux fêles que donnaient le seigneur du lieu, fêtes dont Tune a été reproduite par le valenciennois Louis Watteau, dans un tableau qui décore Tune des salles du nouveau château de Raismes.

C'est M. de Cernay qui a fait bâtir l'église de la paroisse. — On lit au-dessus de la porte de celte église :

DE CERNAY ME LOCAT BEATOE 3IARI0E ET BEATO NICOLAO DICAT.

Du château qu'il habitait, et qui fut vendu lors de la première révolution, il ne resle absolument aucuns vestiges qu'une décoration du jardin, dont l'architecture et la sculpture ne sont pas sans mérite ; elle est située dans la portion qui fait aujourd'hui partie de la propriété de M. Baudrin, maire de la commune.

Sa fille

M. de Cernay eut la douleur de survivre à sa fille unique qu'il avait eue de son mariage avec Jeanne -Françoise Colette de la Pierre, fille du marquis de Bousies, Pair du Cambrésis (2).

Celle fille, Maric-Françoisc-Colellc de Cernay , née en 1739 , avait épousé, en premières noces, François-Joseph Le Danois , marquis de Joffreville , sou parent, et en secondes noces, le comte de Puységur, colonel du régiment de

(i) Contrat de société de la compagnie <f'Anzln'l757, art. 9. (Pièces justificatives).

(2) De Sars. Recueil de génalogies . A. p. T>~t\.

Normandie. — Elle avait eu de son premier mariage une fille unique, qui fut élevée par son grand-père (1).

Sapeiiie-mie, Marie-Françoise- Aucustine-Ursule Le Danois, marquise de Cernay, du chef

princesse ° J J

d'Aremberg de sa mère et de son grand-père, née en 1757, épousa le 23 novembre 1774

comtGsso

ue la iMarck. au château de Raismes, le prince d'Aremberg, comte de la Marck (2).

Mon Le marquis de Cernav mourut le 18 juillet 1784 (3), il avait eu un bras

du marquis ^ J J v J

deCemay. emporté par un boulet , à la bataille de Lausfeld, en 1745. — On raconte que, le bruit ayant couru qu'on lui avait substitué un bras d'argent et que ce bras était enterré avec lui, des voleurs vinrent nuitamment pour l'enlever, mais que ne le trouvant point, ils prirent le cercueil qui était de plomb ; qu'arrêtés aux portes de Valenciennes, ils furent jugés et condamnés.

Le marquis de Cernay et sa petite fille reposent dans le chœur de l'église de Raismes, à gauche en entrant. — Dans l'endroit réservé à la famille, sur un marbre blanc surmonté d'une petite croix, on lit :

Ici repose, dans l'église de Raismes, François-Marie Le Danois , marquis de Cernay, etc., maréchal héréditaire du Hainaut, lieutenant-général des armées du Roi, grande croix de l'Ordre royal et militait e de St.-Louis, gouverneur des ville et château du Quesnoy, né le 4 mai 1710, décédé le 1 7 juillet 1 784. Sa vie fut consacrée, au service de son pays et de son roi, sa fortune au soulagement des malheureux.

A sa dé fouille mortelle , la piété filiale a réuni celle de l'héréditaire de son nom et de ses vertus, Marie-Françoise-Ursule- A ugustine Le Danois de Cernay, épouse de tris-haut et trcs-puis.sant prince Auguste-Marie Raymond d'Arembcty, etc., née le 4 septembre 17 '57 , décédée le 12 septembre 1810.

(1) De Sais. A. p. 57 i lï\ De Cou réelles .

*mm 42 guise»

Aux dons les plus rares de t esprit, elle joignait toutes les grâces de la modestie, une piété éclairée, une vertu douce, une inaltérable bonté. Priez pour celle que le pauvre n'implora jamais en vain.

Lecomte Par suite du mariage de la petite fille du marquis de Cernav, la seigneurie de

de la Marck . , , • ,

Raismes, à la mort de ce dernier, avait passé dans la famille d Aremberg. — Le prince d'Aremberg, époux de la marquise de Cernay, était le second fils de Charles-Léopold-Marie Raymond, duc d'Aremberg, feld-maréchal et colonel d'un régiment d'infanterie de son nom, grand bailli du comté de Iiainaut, capitaine-général, officier souverain du même comté, gouverneur de Mons, chevalier de la Toison d'Or, et grand'eroix de l'Ordre de Marie-Thérèse, et de Louise-Marguerite, comtesse de la Marck, fille unique et seule héritière du comte de la Marck (1).

Auguste-Marie Raymond, prince d'Aremberg, comte de la Marck (nom sous lequel il fut connu), Grand d'Espagne de première classe, était né le 30 août 1753; il eut de son père, lors de son mariage avec la marquise de Cernay, la seigneurie de la Petite Franche-Forêt de Raismes, de sorte qu'il fut, à la mort de son beau-père, seigneur de toute la paroisse de Raismes, dans toute l'étendue qu'elle avait alors (2).

Député lois Le comte de la Marck, successivement général major de l'empereur d'Autriche,

de la loi sur maréchal-de-camp et colonel d'un régiment d'infanterie allemand au service de

France (3), fut nommé député aux Etats-Généraux de 1789 pour le baillage du

(1) DeCourcelles , t. 5. p. 14. — Charles-Léopold-Marie Raymond duc d'Aremberg, était seigneur de Wallers el de la Petite Franche-Foret de Raismes. Wallers passa à son fils aine le duc Louis Engelbert qui dût , en 1 803, abandonner son duché d'Aremberg pour venir habiter la France , et mourut à Bruxelles en 1820. La Petite Franche-Forêt de Raismes fut donnée, comme nous le disons ici . au second fils du duc, le prince Auguste comte de la Marck. — Elle est défrichée.

(2) Vicoigne était alors un village séparé.

(3) De Sars, D. p. 8, 10, 11, 12.

Quesnoy (I). — Ami du célèbre Mirabeau, il ne contribua pas peu à lui faire prendre parti dans la discussion sur la loi des raines, en 1 791 , pour la conservation des exploitations existantes ; le comte de la Marck rendit en cela un service signalé à la compagnie d'Anzin dont il était l'un des régisseurs depuis la mort de M. de Cernay.

Le comte de la Marck, à l'époque de l'érection du royaume des Pays-Bas, Samort. reprit du service (1 81 G) avec le grade de lieutenant-général (2), et mourut à Bruxelles en 1833. — De son mariage avec la marquise de Cernay, il n'eut qu'un fils, le prince Ernest d'Aremberg, actuellement existant.

Le prince Ernest Eiigelberl, prince d'Aremberg, est né à Paris le 25 mai 1777 ; il est,

dArcmberg. comme l'était son père et son ayeul, régisseur de la compagnie d'Anzin, et en remplit assiduement les fondions, lorsqu'il est dans le pays. — Il a fait construire un nouveau château dans la portion de la Grande Forêt de Raismes, attenante à la place de la commune , portion qu'il a fait défricher il y a quelques années ; il Thabile une grande partie de l'été avec sa famille, la princesse Auersperg sa femme et ses deux filles. — Il avait épousé en premières noces la comtesse Windisgralz, sœur du prince Windisgralz, général au service de l'Autriche.

Le prince d'Aremberg est auteur de fart de la fortification publié en 1824 et dédié à l'empereur d'Autriche (3). — Il possède, dans son château de Raismes, un buste et un portrait du marquis de Cernay. Deux autres portraits de M. de Cernay existent au musée de la ville de Valenciennes.

(]). Grille, t. '2. p. 514.

(2) De Sars. D. pages ei-dessus.

(3) Dinaux. Nomenclature des personnes <[tii se sont fait remarquer dans l arrondissement de

Valenciennes.

Généalogie n° h.

Charles-Léopold-Marie Raimond , duc d'Aremberg, né à Enghien ,

le 31 juillet 1 72 i , mort

au même lieu le 17 août 1778.

marié à Louise-Marguerite

comtesse de la Marck.

Louis Engelbert

duc d'Aremberg ,

ne le 3 août 1750 ,

mort le 7 mars 1820,

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