CHAPITRE PREMIER
Découverte de la houille en Belgique, et spécialement en Rainant. Exploitation dans le Hainaut en 1697.
Bassin*
boitillera de
la Belgique
■ ■i de
Vaienciennes
e que nous appelons le bassin /touiller de V alenciennes (I),
V'îv^n,esl <\ne 'e prolongement de l'immense formation houillère dont
^ l'extrémité nord-est se montre en Prusse , sur les bords de la Ruhr,
à Eschweiler et à Holduc , et que Ton retrouve à Liège, à Namur,
à Cliarleroi , à Mous (2), puis en France, à Condé, à Anzin , à
) Voir t. 1, p. ".
î) Itésumé des travaux statistique des l'administration des mines. 1806. p. 10.
Dcnain , à Rœulx , plus loin à Hardinghen, et plus loin encore en Angleterre, en suivant une ligne légèrement inclinée du nord- est au sud-ouest jusque Namur , et une ligne à peu près droite de Test à l'ouest depuis Namur jusqu'à Hardinghen (I).
" La Belgique est traversée, à peu près de l'ouest à Test, par une zone de terrain houiller renfermant un grand nombre de couches superposées.
« Cette zone se divise en deux bassins principaux. Ils commencent, l'un au levant, Tautre au couchant de la gorge étroite et profonde dans laquelle coule le ruisseau de Samson (province de Namur).
<( Le bassin occidental, qui est le plus important, se dirige par Namur et par la vallée de la Sambre, en s'élargissant constamment jusqu'à Charleroi , point où il atteint son plus grand développement (trois lieues du nord au sud). Le terrain houiller continue alors sur une largeur d'environ deux lieues vers Mons, puis vers Valenciennes et Douai. Au-delà, on n'en a qu'imparfaitement reconnu l'existence.
« L'étendue de ce bassin en longueur est :
dans la province de Namur «le ('2) (3 lieues (3) (30,000 m.)
— du ïiainaut 13 — (65,000 )
dans le département du Nord 0 — (45,000 )
Total 28 lieues (L'iO,000 m.)
« L'étendue superficielle du bassin est :
province de Namur, de 14,326 hectares
— du Hainaut 75,725
département du Nord .... GO, 025
Total 159,070 hectares » ('i).
(1) Brlavoine, t. 2, p. 2.">5.
(2) Il s'agit i'i des provinces actuelles, ce qu'en France nous nommons départements, cl non <!es provinces anciennes.
(~>) " Les lieues soûl calculées .i raison de 5,000 mètres. » t Statistique de la Belgique. — Mines, usines minéralurgiques machines à vapeur, 18*2. p. NI
Nous n'avons point à nous occuper ici du bassin occidental , situe dans les provinces de Namur et de Liège sur une longueur de 13 lieues (1).
A quelle époque la houille de ces bassins fut-elle découverte? par qui et dans houille quelle province d*al ord ? dans les environs de Mous, de Liège ou de Charleroi ? provinces ^es questions ne sont point résolues et ne le seront peut-être jamais.
Belges
De ii irionu Les chroniqueurs du Hainaut semblent avoir dédaigné de s'occuper d'un événement aussi important que celui de la découverte des mines de houille dans
Hainaut » '
>i le pays de leur province (2). — M. de Reiffenberg, qui les a compulsés, doute si l'extraction de la houille est plus ancienne dans le Hainaut que dans le pays de Liège ; les documents que la presse nous a laissés ne suffisent pas, suivant lui, pour résoudre cette question, quoiqu'ils paraissent la trancher en faveur du pays de Liège. En effet, les historiens Liégeois du XIe siècle devaient bien connaître le Hainaut cl cependant ils parlent de la découverte de la houille à Liège « comme d'une chose nouvelle, inouïe, et qui n'avait par conséquent point d'analogue dans les contrées voisines. ... »
M. Drapiez, le minéralogiste , prétend que l'exploitation de la houille, dans le Hainaut , remoule à des époques très-reculées, puisque, dit-il, des chartes qui datent de plus de 800 ans, en font mention. — Mais M. de Reiffenberg se demande où sont ces chartes. Il fait remarquer que, dans le dénombrement des prairies de Hainaut, de 1473, imprimé par St. -Génois au premier volume de ses monuments anciens, ainsi que dans l'inventaire de J. Godefroy, qu'il a également publié, il n'est fait aucune mention des houillères ou fosses (3).
M. Delebèque, qui cite cette dissertation de M. de Reiffenberg, en conclut qu'à défaut d'une preuve contraire , on doit faire au pays de Liège l'honneur de la première découverte (4). — C'est aussi l'opinion de nos auteurs, un seul
l Statistique de la Belgique. — Minet, usines miner aiurgiques, machines à vapeur, p. XII. •2 Delebèque, t. 1. p. '204.
(3) Nouveaux mémoires de l'Académie de Bruxelles, t. 1. Essai sur la statistique ancienne de la Belgique, \<. 71 .
; Delebèque, t. I, p. i20G.
diverses
excepté, bien qu'ils fassent remonter jusqu'au XIe siècle la découverte de la houille dans le Hainaut (I).
M. Briavoine pose en fait cette priorité : suivant lui, l'origine de l'exploitation
découverte » . .
i Liège do la houille, en Belgique et dans la province de Liège, après avoir occupé plu—
opinions sieurs savants et fourni matière à plus d'une dissertation , aurait été déterminée
avec une clarté satisfaisante par M. Ed. Lavalleye, professeur de l'université de
Liège. M. Lavalleye a fixé cette découverte à Tannée 1213, en l'attribuant à un
nommé Hullos de Plcinevaux , qui a exécuté ses premiers travaux à Publémont.
Avant les recherches de ce professeur , on fesait remonter la découv erte , dit
M. Briavoine, les uns à 1198 (2), les autres à 1149 (3).
Malgré celte affirmation, l'administration des mines de la Belgique est encore dans le doute : k \? exploitation de la houille à Liège, disait-elle en 1842, paraît remonter à la fin du XIIe siècle, ou au commencement du XIIIe » (4). — M. Polain partage ce doute. Il ne lui paraît pas possible de préciser l'époque de la découverte de la houille dans le pays de Liège. Ce que les chroniqueurs rapportent de la découverte de ce combustible ne doit s'entendre , dit-il , que des
(t) M. de Croy (Histoire de Condé, p. 186 ) fixe à l'année 1202 la découverte du charbon de Mons.
— a 11 y a près de huit siècles que la découverte et l'usage du charbon de terre sont connus dans la province du Hainaut » (Mémoire sur les mines et minières de la subdélégation de Valenciennes. 1705).
— « Il y a plus de 700 ans, dit Morand en 1768, que cette province des Pays-Bas connaît le charbon de terre » (p. 154). — Jacques Désandrouin dit, en 1756 : t II y a environ 750 années que la découverte et l'usage du charbon de terre sont connus dans le Hainaut Impérial » ( Mémoire pour Désandrouin contre de Cernay, p. 4). — « Dans la partie do la Belgique connue sous le nom de Hainaut Impérial , on en avait fait la découverte, dit Dieudonné, et commencé l'extraction au XIe siècle » (t. 1, p. 156). — - « Vers l'an 1000, dit Pajot-Descharmes, des mines abondantes de houille furent découvertes autour de la ville de Mons » (p. 506). — Cette découverte, fait dire M. Jouy à M. Courouble, ancien receveur principal des mines d'Anzin, « date du XIe siècle » [l'Ermite en province) . — Dieudonné ajoute : « Dans le pays de Liège , l'exploitation do ces mines était déjà en exploitation au XIIIe siècle n t. I , p. 155. — L'auteur du Mémoire par demandes et réponses (p. 2), et Pajot-Descharmes. ( p. 306), disent que l'on avait découvert antérieurement de la houille dans le pays de Liège.
(2) Jars. Voyages métallurgiques , p. 285 — Guicciardin. Description des Pays-Bas, p. 466. — Chroniques de Th. Mouslces, t. 1, p. 597. (5) Briavoine, t. 2, p. 253.
(4) Statistique de la Belgique. — Mines, etc. p. XIII.
Histoire a <v sujet.
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développements donnes à son extraction (1). — C'est l'opinion de M. Hénaux, comme celle Je M. de Villenfagne ('2). — Ecoutons M. Hénaux.
Sous Albert de Caik (I 194-1200) , après une horrible famine qui désola le pays de Liège, et comme par compensation des maux soufferts , les chroniqueurs placent la découverte de la houille, découverte due, disent-ils, à une révélation divine (3).
« Un jour qu'un pauvre maréchal-ferrant , nommé Hullos, était à l'ouvrage dans sa forge, bâtie sur la chaussée, en Publémont, il passa un vieillard vénérable par sa barbe blanche et par ses cheveux blancs, portant un vêtement blanc. L'étranger, après avoir dit le bonjour au maréchal, lui souhaita beaucoup d'ouvrage et particulièrement un gain considérable. — 0 bon vieillard! quel gain voulez-vous que je fasse , puisque mon métier peut à peine me procurer du pain ? Est-ce que la plus grande partie de mon bénéfice n'est pas absorbée par Tachât du charbon de bois, du cockis? — Mon ami, dit l'inconnu, il y a un moyen de rendre votre état plus lucratif. Allez près de la montagne des Moines. Là vous trouverez, à la surface du sol, des veines de terre pierreuse très-noires. Prenez-en des fragments et employez-les comme le charbon : ils chaufferont parfaitement le fer. —
« L'inconnu avait à peine achevé ces mots qu'il avait disparu. /
<( Le maréchal courut à l'endroit indiqué et en rapporta ladite terre noire ; l'essai qu'il en fil vérifia l'assertion du vieillard en tout point. Aussitôt Hullos, transporté de joie , révéla à ses voisins la précieuse découverte qu'il venait de faire, et le bruit courut que c'était un ange probablement qui lui avait inspiré de brûler de celle terre noire.
I Histoire de l'ancien pays de Liège, t. 1, p. 285.
(?) Villenfagne. Recherches sur la découverte du charbon de terre dans la principauté de Liège y eaux mémoires de l'Académie dé Belgique , t. 2, p. 291). — Hénaux, Bêcher ches historiques sw F exploitation de la houille dans le pays de Liège, 1843.
5 Hénaux, p. G. — Villenfagne, p. -292
« C'est ainsi que fut trouvée la houille, selon les historiens religieux que nous avons suivis mot à mot <> (I). . . .
Réflexions sui « Cette mystérieuse intervention ne trouva pas d'incrédules parmi le peuple cette histoire. . . . . . ■ > » ......
et moins encore parmi les moines , qui la propagèrent. Le premier était parlois
si malheureux, qu'il avait besoin de croire que Dieu ne l'abandonnait pas dans sa misère; et les autres y trouvaient trop bien leur compte pour ne pas l'accréditer ». (2).
« D'après l'ordre naturel des choses, après ceux qui constatent naïvement le miracle, viennent ceux qui l'expliquent et l'annotent. . . » — « L'un crut, sur la foi de différents chroniqueurs, que » le vieillard « ne pouvait être qu'un ange, angeltts : celte opinion fit long-temps autorité (3). Un autre (^i) , moins orthodoxe que le précédent,. . . prétendit que l'on avait pris dans les manuscrits latins le mot angélus \>quy anglus , et que l'ange n'était tout au plus qu'un anglais » (5). — Mais c'est, dit M. Hénaux, après avoir rejeté tout d'abord la première version , « faire beaucoup trop d'honneur aux habitants de la Grande- Bretagne, qui, à cette époque, étaient les béotiens de l'industrie. En dépouillant
(1) Hénaux, p. 7. — Villenfagne, p. 292. — M. Hénaux cite les auteurs suivants: Chronicon Tungrense, Chronicon Carmelitarum, Magnum Chronicon Delgicum, dans les Gest. Pontif. Leod. Script t. 2, p. 191. — Lobbet : Gloria eccl. Leod., p. 98. — Roberti : Liège catholique, p. 62 et 63.
« Celle pierre (le charbon), dit Guicciardin, fut premièrement trouvée auprès du Liège dès l'en de grâce 1 1 98, et ceci (comme l'on dit, et l'on a laissé par écrit) par un passant et voyageur, qui la montra à un maréchal, et qui soudain s'évanouit, sans qu'on pût jamais savoir autre cas de l'auteur d'une si grande commodité » (p. 466).
(2) Hénaux, p. 8.
(3) Fisen. Hist. eccl. Leod., t. 1, p. 272.
(4) Bouille : Histoire du pays de Liège, t. 1, p. 213.
M. Em. de Condé raconte aussi l'histoire que l'on vient de lire: « Qui était ce vieillard? dit-il, d'où venait-il? comment connaissait-il seul ce grand secrot caché pour tous les habitants du pays Nous avons consulté a ce sujet les vieux auteurs. Le plus ancien livre qui en parle est un antique manuscrit excessivement détérioré. Après avoir raconté en détail cette histoire, il ajoute « qu'il n'\ a » aucun doute à avoir sur ce mystérieux personnage, et que celait à coup sur un ang. . . » les dernières lettres du mot sont mangées par le temps. Le manuscrit voulait-il dire un ange, ou bien un anglais ? chacun choisira la version qui lui plaira davantage » (Monuments et souvenirs de la ville de Liège
(5) Hénaux, p. 9.
donc le l'ait de l'invention de la houille de ce qu'il a d'obscur el d'inadmissible, OD arrive à cette solution si simple et si naturelle qu'elle n'eût dû être un doute
sérieux pour personne, à savoir, que l'auteur de celle découverte
n'est autre que notre ouvrier Liégeois ». — C'est le sentiment de M. de Vil— lenfagne, de Morand, et, comme déjà nous l'avons vu, de MM. Briavoine t Lavalleye (I).
Suite Reste à connaître la date de cette découverte. Elle ne pcul être fixée, dit
'.'" M. Hénaux, à 1213, comme le prétend M. Lavalleye ; elle ne peut l'être à 1 108.
Un auteur contemporain la porte à 1 195, sans certitude (2). Un autre, qui vivait
tverte ' ■ K ' '
•> Liège. en 1 '230 , commence sa narration par on dit : ferturÇi). Tous deux auraient du Conjectures. 6U parler savamment si le fail avait eu lieu de leur temps. — Une charte de 1202 nous révèle qu'il y avait dans un champ près de Liège un bure (un puits d'extraction). Or, il est évident qu'il a fallu un temps considérable pour qu'une houillère, un bure, ait été nécessaire à Liège pour l'exploitation de la bouille, là où l'on pouvait la prendre à la surface (4). Aussi MM. Villenfagne , de
(1) Hénaux, page 9. — Villenfagne, page 298. — Morand, page 1. — "Voir ci-dessus, page 10. — Il faut dire que les auteurs Belges , en général , ne repoussent pas la version qui attribue la découverte à un anglais, par les motifs donnés par M. Hénaux, à savoir: que les anglais étaient alors les béotiens de l'industrie. — M. Villenfagne ( page 292) pense que l'on fesait peutêtre en Angleterre usage du charbon de terre long-temps avant qu'il fut connu en Belgique. Jars, dit-il (Voyages métallurgiques), « croit qu'on doit fixer à I06C la date des premières exploitations des mines de charbon de terre dans la Grande-Bretagne, parce que Guillaume-le-Conquérant disposa, celte .muée . do celles de Nieuwcasllc ; mais ces mines ne pouvaient-elles pas être connues avant cette époque? » — M. de Condé dit positivement qu'à l'époque où il place la découverte de la houille à Liège, en 1198, « le charbon de terre était déjà connu en Angleterre. »
(2) Reinier . qui vil le jour à Liège en 1155 et y mourut en 1230. — « Par deux fois il revient sur la date qu'il avait précédemment émise. Il donne d'abord l'année 1195, ensuite l'année 1213, sans déclarer celle qu'il accepte comme la plus exacte. C'est par conséquent lui qui, sur celte matière, ouvre tout à la fois la série des opinions et des doutes » (p. 10). — « Voici, ajoute M. Hénaux, le texte de cet auteur, en faveur de l'an 1195 : Hoc anno (1195) XCXCV terra nigra ad focum facicmlinn optima per hasbamam in multis lotis est inventa » (Heineri chronicon, dans l'Amplissima collectio. i .'», p. 1" ei 49).
3 (iilles d'Orval, dans les Gesl. l'onlif. Leod. Script., t. 2, p. 191. — Gilles d'Orval naquit à Liège en 1209. Il compilait en 1230 (Hénaux, p. 11). Hénaux. p. 12. — Villenfagne, p. 29."j
•iBSiSE i-i S^S*îo
Date de la découverte
.1 Cliarleroi.
Mêmes dures
Dewez et de Ernst, reculent-ils et placent— ils la découverte au XIe et même au Xe siècle (1). — M. Hénaux va plus loin.
Suivant cet auteur , il faudrait placer la première exploitation de la houille en grand vers Tannée 714, en Publémont, — el attribuer la gloire de quelqu'innovation remarquable à Hullos. — Les principaux motifs de cette opinion sont les suivants: — 1° Le vieillard qui apparut à Hullos lui dit: Perge ad montent Monacorum , allez à la montagne des Moines. Cette expression si nue, sans autre explication , prouve qu'un seul établissement religieux y existait. Il y en eut un second en 8G0 ; le premier datait de 714. — 2° Le plus ancien peuple qui ait habité le pays de Liège était celui des Eburons, Heyboren , synonyme de mineurs. Le midi de la Gaule était alors inondé d'armes de guerre qui en provenaient. On peut conjecturer que les Eburons connaissaient l'usage de la houille, ce combustible étant connu des anciens, au témoignage d'Àristole et de Théophraste (2).
Ce que dit ici M. Hénaux pour le pays de Liège, M. Bidaut le dit pour les environs de Cliarleroi. La circonstance de l'affleurement au jour du terrain houiiler et des couches de bouille paraît à cet ingénieur devoir réduire à néant toutes les discussions qui ont eu lieu au sujet de l'époque de la découverte de la houille et de son emploi aux usages domestiques, au moins dans l'arrondissement de Cliarleroi. Il lui paraît évident que la découverte de la houille a eu lieu aussitôt que ces localités ont été habitées d'une manière permanente. 11 est impossible de creuser sous la terre végétale, le moindre sillon dans la roche, sans mettre à nu une des couches de houille, dont les affleurements naturels sont, du reste, visibles dans la plupart des arrachements et des ravins qui existent à la surface du sol.
<( Entre l'époque de la découverte de la houille , dit M. Bidaut, et celle de son application aux usages domestiques, il a dû s'écouler bien peu de temps. En ellet, l'aspect de celte roche est tellement remarquable. . . qu'elle a dû attirer
l Villenfagne, |>. 298. — de Dewez. Histoire du pays de Liège, t. 1 , p 152. Tableau historique et chronologique des suffragans de Liège, p. 309. i! Hénaux, p. H!, 17. 19 et 20.
do Ernst.
particulièrement et de prime abord, les regards. Du moment où Inattention a été
fixée sur la houille , il n'est pas possible de croire que ses propriétés combustibles soient restées long-temps ignorées chez un peuple qui , avant l'arrivée de César dans la Gaule, connaissait Tari de travailler les métaux. . . ».
M. Bidaut fait donc remonter l'usage de la bouille jusqu'aux Nerviens. Si l'ou n'admet pas cette supposition , dit-il , « on ne peut admettre que les armées de César aient parcouru tout notre territoire (le territoire des Nerviens, des Aduatiques, des Eburons, etc.) sans voir la bouille et sans en enseigner l'usage, puisque l'un el l'autre étaient connus des anciens. »
Quelque chose de plus positif, c'est « un acte de Tan 1297, contenant une donation faite par le comte de Namur, Jean , fils de Guy, de la maison de Flandre ou de Dampierre , à Allard deResves, seigneur de Borgelles, du territoire el villages de Gilliers et Charnoy (Gilly et Charleroi). Cette donation est faite à titre héréditaire et constitue un fief relevant du comté ou marquisat de Namur. Dans cet acte on comprend, d'une manière expresse, parmi les choses cédées, les mines de bouille « en tout le territoire de Gilliers et Charnoy et toutes leurs appen- » dances qui sont et seront. » — « Lesquelles houillères, est-il dit dans Pacte » susdit, le sire de Resves devant dit et ses hoirs pourra et peut faire prendre et » lever et poursuivre partout entièrement es dits lieux, aux us, droits et coutumes » que notre très amé père et sire devant dit les y avait et avoir pavait » (1).
« ... Il faut observer que le droit en vertu duquel Jean cède à Allard de Resves les houillères de Gilliers et de Charnoy n'est point un droit qu'il s'arroge. Ce droit, il le tenait de son père Guy, ainsi que cela est exprimé dans l'acte précité, et la cession est faite conformément aux us, droits et coutumes. Or, pour qu'une usurpation devienne droit et soit réglée par des coutumes, elle a besoin de la sanction du temps. . . » (2).
I Bidaut. Etudes minérales. — Mines de houille dans l'arrondissement de Charleroi, p. 1 i et 15.
- Bidaut p. 15 et IG. M Bidaut traite aussi la question de savoir « à quelle époquo les lois ou 1cm coutumes des pays qui composent aujourd'hui l'arrondissement de Charleroi ont, pour la première fois, posé quelques règles touchant la propriété des mines de houille. » A cette occasion, il fait quelque* remarques qui eussent trouvé place dans notre premier volume si nous eussions alors connu l'excellent
iséquence De tout ce nue nous venons de rapporter , il résulte que si Ton s'arrêle aux
■I"- opinions , , . ; .
. i-dossus preuves écrites, Charleroi doit avoir la priorité. Que si 1 on admet les conjectures priorité de* la I11' f°nl remonter jusqu'aux Eburons l'usage de la houille en Belgique, elle a dû
lv,'r,L' être connue à celle époque à Liège comnieàCharleroi, à Mons comme à Charleroi i n Belgique. ' J °
el à Liège. Il y aurait même, dans cette supposition, une présomption de priorité pour les environs de Mons, à supposer que le mot Eburons, Ileyhoren , soit synonyme de mineurs, comme le dit M. Hénaux (I). Car, comme il le fait remarquer, le nom existe en Hainaut, en Hainaut seul ; les mineurs du Hainaut s'y nomment encore aujourd'hui Borains, et les locaux houillers Borincujes.
notoire Voici , au reste , comme Ton raconte la découverte de la houille en Hainaut.
"ouverte C1est ^e nasar(^ i dit— on, comme il arrive si souvent dans les découvertes les plus en Hainaut. jmponanlcs , qui amena celle dont nous parlons (2). — « Il faut d'abord remarquer qu'il y a, dans le Hainaut Impérial, beaucoup d'endroits où les rochers ne sont qu'à 8 , 10 et 12 pieds de distance de la surface de la terre. Un paysan , y lésant un puits pour son usage, y rencontra le rocher, et en même temps la tête d'une veine de charbon. Charmé de cette découverte, il s'associa avec cinq autres paysans pour la continuer. Ils exploitèrent cette veine à leur profit. Leur exemple lui bientôt suivi par beaucoup d'autres, qui firent une extraction considérable de charbon de terre » (3). — Celle heureuse découverte, attribuée, par plusieurs
ouvrage de M. Bidaut. Ces remarques porlenl sur le droit des seigneurs hauts-justiciers de la Belgique, droit dont nous avons spécialement parlé dans la quatrième partie, chapitre 1er, p. 22".
« Au XIIIe siec'e , dit M. Bidaut , la disposition des mines do houille, dans le comté ou marquisai de Namur , appartenait au seigneur. ... Il faut observer que le droit en vertu duquel Jean code ,i Allard Deresves les houillères de Gillicrs et Charnoy, n'est point un droit qu'il s'arrogo , etc. . . »
« Les localités qui composent cet arrondissement (Charleroi) dépendaient autrefois des comtes de Namur et de Hainaut, du duché de Brabant et de la principauté de Liège. ... » (p. 16.)
a Quoique les localités qui composent aujourd'hui l'arrondissement de Charleroi fissent part'1
de quatre élats différents. . . . que, dans ces quatro états, il y euttrois législations distinctes en matière de mines do houille, od n'a cependant suivi (à une exception près) qu'une seule de ces législations, celle qui attribuait la disposition des houilles aux seigneurs hauts-justiciers. . . » (p. 20).
(1) Hénaux, p. 19.
(2) Dieudonné, t. 1 , p. I5G. — Jouy, l' Ermite en province. (5) Mémoire par demandes et réponses, p. 2.
«est 17 acam,
auteurs (I), au hasard que nous venons tic dire , aurait eu lieu , si Ton en croit Léonard Matliieu, <> au levant du \illoge de Frameries qui se trouve au sud de la ville de Mous » ('2).
Nous avons cru devoir donner toutes les versions, soit sur la priorité, soit sur nui bouille. . •' .
les circonstances de la découverte de la houille en Belgique. Nous laissons à la
sagacité du lecteur à en apprécier le mérite. Il verra également s'il doit admettre que le mot houille vient du nom de l'auteur de la découverte, Huilas, lloulloz, ou bien Huuilleux (3); si , au contraire , la houille {huila) a donné son nom à celui qui Ta trouvée , ou le premier exploitée en grand en Belgique (-'») ; ou si, enfin, le mol houille vient du saxon huila, comme renseigne la commission d'enquête de 1832, d'après le dictionnaire technologique, cl ce dernier, probablement, d'après Du Cange (5). — Quant à nous, nous croyons que , d'où qu'il vienne, le mol houille est originaire de la Belgique; tout au moins, il est certain que c'est à la Belgique que nous l'avons emprunté. Morand dit, en effet, qu'il se sert des mots houille , houillerie , ho ailleurs 3 parce qu'ils sont employés à Liège (G). — Si le mot houille est aussi employé en France à cette époque, c'est
(1) Delebêque, t. \ , p. 205. — Jouy. L' Ermite en province.
(8 Histoire de l'établissement d'Anzin. — L'auteur de {'Ermite en province (Jouy) fait dire à M. Courouble. receveur principal de la compagnie des mines d'Anzin, que celui qui fît cette découverte était a un maréchal du pays de Liège, nommé Houilleux. » Les autres circonstances sont celles que mous venons de rapporter. — a Plus justement qu'Améric Vespucc , qui n'avait pas découvert l'Amérique et qui lui donna son nom. Houilleux, aurait ajouté M. Courouble, donna le sien au minéral que le hasard lui avait fait découvrir : on le nomma houille. » — On voit ici clairement que le bon Ermite ;i f.iii confusion entre la découverte à Liège et celle faite en Hainaut.
5 Généralement appelé Hitllos. M. de Condé lui donne le nom de Houlloz et M. Jouy celui de Houilleux. — a de Hullos. dit M. Hénaux . est dérivé le mot de basse latinité huila, en français houille, en wallon Hoye » f p. 9.) — « Ses concitoyens reconnaissants, dit M. Villenfagne, . . . donnèrent son nom à la mine précieuse qu il venait de découvrir » ( p. 298).
i Si l'on en croit Morand, la découverte serait réellement due à un forgeron de Plénevaux ; mais la houille lui aurait donné son nom au lieu de le recevoir de lui. « Cet homme, dit-il, est appelé Prud homme le Houilleux, ou le vieillard charbonnier, Indlolus plcnevallium, c'est-à-dire, littéralement, le charbonnier ou forgeron de Plénevaux » ( p. 1 ).
5 En/juHe sur la houille, p. 2. — Dictionnaire technologique des arts et métiers, t. 1(1. art houille. — Lu Cange , t. G. au mol Huila.
G, Moroiid prévient, en commençant son ouvrage sur le charbon de terre, qu'ayant a s'étendre
dans le nord ; on se sert encore alors, dans le midi, des mois charbon de terre et charbon de pierre , et c'est après la révolution de 1789 seulement, que Ton semble s'accorder à employer en France le mot houille, « en usage, disent les rédacteurs An Journal des mines, dans nos départements qui avoisinent le pays de Liège et la Belgique » (I).
Exploitation Quoi qu'il en soit, la houille exploitée suffit lonsr-teraps aux besoins des habitants
de la houille . . . . . .
aux enviions du Ilaiuaut et des provinces voisines , la Flandre, la Picardie, etc. (2). « Dès 1697. le XVIIe siècle , les mines du Hainaut commençaient à prendre de l'importance et attiraient l'attention des capitalistes » (3). C'est alors (1678) qu'arriva la division de cette province, qui , peu après , fut momentanément réunie aux mains de la France (1691 à 1697) (4). — A cette dernière date, l'intendant du Hainaut donnait à Louis XIV les renseignements suivants sur ces houillères :
« La houille ne se trouve que dans la partie du Hainaut qui est de la dépendance de Mons, depuis Quiévrain jusque vers Marimont , cela fait sept lieues de
spécialement sur les mines de Liège , il a « adopté les termes de houille , les dénominations do houillerie, dont on y qualifie la chose et le métier. J'ai appelé, dit-il,... . houilleurs ceux qui en entreprennent l'exploitation, ou qui s'adonnent aux travaux de la houillerie. Ce qui n'empêche pas que. lorsque je décris les mines des autres pays, je ne fasse usage des termes qui y sont reçus, en les comparant avec les premiers, suivant les circonstances » (p.l).
(1) Le mot houille a été adopté, nous dit Pajot-Descharmes, « par les mineurs étrangers , » pour remplacer la dénomination impropre de charbon de terre ou de pierre ( p. 542), dénomination employée, dit Morand, dans le Languedoc et les provinces méridionales, tandis que a dans le Nord du royaume » ce charbon « porte plus communément le nom de houille, s
« On semble s'accorder généralement , disent les rédacteurs du Journal des mines, a adopter le mot houille pour signifier la substance bitumineuse, connue aussi sous le nom do charbon de terre ou de pierre, le charbon minéral, carbo fossilis, ou petrœus et lithantrax. Ce terme, déjà en usage dans nos départements qui avoisinent le pays de Liège et la Belgique, a, sur les autres dénominations, l'avantage d être simple, court, et de ne point présenter la même équivoque que le mot charbon appliqué à une substance qui n'est point carbonisée et celui de terre ou de pierre ù ce qui n'est ni l'un ni 1 autre. > (Aperçu de l'extraction et du commerce des substances minérales en France avant la révolution. — Journal des mines, t. t, p. 58 ).
(2) Dieudonné, t. 1, p. 157.
(3) Briavoinc, t. 1, p. 238.
(4; Voir t. 1, p. 14.
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lon-'iieur, et le terrain où les veines se trouvent a environ deux lieues de large. » — Les puits ont 35 toises de profondeur.
» Les paysans qui travaillent aux houillères ne sont pas assez riches pour faire les frais de l'épuisement des eaux , cela fait qu'ils ne travaillent que sur une première superficie. ... Il serait à souhaiter que des personnes plus riches et plus intelligentes s'appliquassent , par l'usage des machines pareilles à celles dont on se sert dans le pays de Liège, à tirer d'une même fosse tout ce qif il peut y avoir de charhon. Il s'est fait depuis deux ans une société d'ouvriers et de marchands qui ont établi un travail sur ce pied , sur le territoire de Wasmes , à deux lieues de Mons. . . Ils ne craignent point que l'eau les surmonte et les accable , parce qu'ils ont une machine pour la tirer continuellement, faite à peu près en petit comme celle de Marly. . . »
L'Intendant compte, aux environs de Mons, 120 fosses ouvertes. Chaque fosse occupe 45 ouvriers, hommes ou femmes. En tout plus de 5,000 ouvriers. — On porte, dit-il, dans lesautres provinces, plus de 300,000 wagues de charbon (1) ("246,000 quintaux métriques). La vvague (144 livres) coûte 15 sols dont 12 sols pour le marchand , 2 sols C deniers pour le droit des étals de Mons et 6 deniers [tour droits sur les bateaux, pour l'entretien des écluses , etc. (2). — Telle était l'exploitation des mines de Mons au moment (1G97) où le Hainaut fut divisé pour la seconde fois et définitivement.
Tant que le Hainaut était resté entier, le besoin de substituer la houille au bois étant satisfait , on ne se livra point à d'autres recherches. Mais la division étant Hjmaut survenue, les nouveaux Français, devenus tributaires de leurs anciens compa-
Français. , 1 • • / \ » '.',-'".,
triotes, songèrent à les imiter (3). — Le gouvernement qui voyait sortir de inutiles France des sommes considérables pour l'achat du combustible (4), encourageait
jusqu'en 1710'.
(1) Voir, sur le poids delawague, t. 1, p. 325 et 331. J Mi-moire concernant la province du Hainaut, p. 3C. — Voir aussi Morand , p. J34. 3 Dii'udoiiné. t. 1. p. 157.
(4) Mémoire par demandes et réponses, p. 2. — Mémoire pour Désandrouin contre de Cernay, p. 5. — Pajot- Descharmes, p. 306. — Nouvelles observations pour les anciens propriétaires des mines d'Anzin. — Indemnité. — p. 5.
« Le gouvernement , dit la compagnie d'Anzin, voyant sortir du royaume, chaque année, des
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les reclicrches « au point de contribuer lui-même aux dépenses » (1). Les tentatives furent nombreuses , mais pas une ne réussit, et la plupart des entrepreneurs se ruinèrent ("2).
La situation devenait de plus en plus difficile : Non-seulement, disent les mémoires, la mine était tout-à-fait inconnue, rien n'indiquant l'existence de ces liions cachés à 300 pieds du sol ; non-seulement il n'y avait point en France d'exploitation régulière de mines de charbon qui pût servir de modèle (3), mais encore la ruine totale et effrayante de plusieurs entrepreneurs qui s'étaient associés successivement , avaient fait de nombreuses tentatives et avaient toujours échoué à cause des difficultés résultant de la nature du terrain et de l'abondance des eaux (4) , toutes ces circonstances avaient appris que pour avoir des chances de mener à bien une pareille entreprise, il fallait joindre à de grands moyens pécuniaires les connaissances de Part (5).
Les choses en étaient làjorsqu'en 1716, une nouvelle compagnie résolut de lutter contre des chances si défavorables et jusque-là si fatales (G). C'est d'elle que nous allons parler dans les chapitres suivants.
sommes considérables pour lo prix des charbons nécessaires aux consommateurs Français, invita les mineurs les plus expérimentés de faire , dans la partie du nord de la France , des recherches pour y découvrir une mine de charbon » ( Réponse et observations sur l'analyse, etc. 1790, p. 19).
(1) Christophe Mathieu, Projet dune nouvelle entreprise dans le Hainaut Français.
(2) Idem. — Mémoire pour Désandrouin contre de Cernay, p. 4. — Dieudonné, t. 1. p. 157. — «On ne donnera pas ici, dit Christophe Mathieu, lo nom des lieux où les recherches ont été faites, ni des compagnies qui les ont fait faire. Qu'il suffise de dire qu'il y a eu des tentatives sans nombre, que pas mu' n'a réussi , et que de riches particuliers , s'étant associés successivement, se sont tous ruinés. — Nous regrettons vivement l'absence de ces renseignements que Christophe Mathieu n'a pas cru devoir donner, ils eussent eu pour nous de l'intérêt.
(5) M /'moire sur les mines de charbon du Hainaut Français, p. 1 et 2.
(4) Idem. — Mémoire par demandes cl réponses, p. 5 et 4. — Dieudonné, t. 1, p. 157. — Mémoire pour Désandrouin contre de Cernay, p. 5. — Réponse et observations sur l'analyse, etc. , p. 20. 5) Pajot-Descharmes , p. r>07.
(6; a Ces malheurs, dit Christophe Mathieu, avaient tellement discrédité les travaux, qu'on paraissait y avoir renoncé pour toujours. G'est dans ce découragement qu'une compagnie entreprit ce qui commençait à passer pour être d'une impossibilité reconnue » (Projet dune seconde entreprise . etc