L. Mathiec, poir Anzin en général
Terres labourables 1 toises. \
Tut jaune 4
Tuf bleu 5
Marne blanche pour la
chaux 5
Pierre blanche à bâtir. . . 1
Silex mêlé de marne ,
Couche de terre bleue 1 . .
Pierre grise 1 . .
Bleu !..
Pierre grise 1 . .
Bleu 1..
Pierre grise 1 . .
Dièves vertes 10. .
Tourteau de terre verte mêlée da
marbre !..
Mémoires dans les détails :
| terres .... 10 t.
terres pierreuses... 6
7 1er Diveau 6
. . glaises 1
. . Srniveau 1
. . glaises 1
. . 3e niveau 1
. . glaises 1
dièves 11
tourlia 1
Plans
1 La paume équivaut à environ 11 centimètres (d'Aubuisson. DescrijHion des houillères d'Amin. — Journal des mines , t. 18. An XIII, p. 1"
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et les empêcher de rompre les cuvelages, on entreprit de construire un aqueduc ou canal souterrain, conduisant à la rivière les eaux du premier niveau , travail qui aurait effrayé des hommes moins courageux que ceux qui étaient à la tète de la compagnie Désandrouin (1).
Ce canal, commencé , comme nous Pavons vu , pour la fosse du Pavé, lut creusé de 10, '12 et 15 toises de profondeur, suivant les lieux. Mené d'abord de celle première fosse à l'Escaut pendant un espace de 214 toises, il fut continué à mesure que l'exploitation s'étendit. Il avait, en 1756, sur Anzin et St.-Vast 1,113 toises (2). Une grande partie était construite sur piloti et revêtue de bois dans l'intérieur à cause de l'instabilité des terrains (3). En l'an XII (I804), ce canal avait 5,847 mètres 108 (18,000 pieds) de longueur (4).
Maçonnage Ce n'est point à la compagnie Désandrouin qu'est due l'idée de muraillcr des puils. . . , ... . , i> * • i li-
en briques la portion du puits qui n a pas d eau a contenir, mais c est elle qui
introduisit cette méthode en France. « Les Liégeois, dit Pajot-Descharmes (5),
font maçonner en briques les puits de leurs mines de houille. Il paraît qu'ils sont
les premiers qui aient exécuté ce revêtement , puisque c'est à leur exemple que
M. Désandrouin fit murailler en briques les premières fosses qu'il ouvrit dans le
Hainaut Français. »
invention Dans un mémoire présenté à l'Assemblée Constituante, la compagnie d'Anzin " Ci aï! 8° s'attribue l'invention du cuvelage sans désigner l'auteur de celte invention et sans pi<f~^.se' en fixer l'époque : « On inventa, dit-elle, un boisage de madriers de chêne trèsépais, et si arlistcment arrangé , qu'il forme un trou de 7 pieds carrés perpendiculaires jusqu'à 900 pieds » (G).
(1) Dieudonné, t. 1, p. 164.
(■}) Observations sur le local, etc., p. 9.
(3) Idem. i>. 18.
(i) Dieudonné. 1. 1, p. 164.
(G) Mémoire sur les mines du Hainaut Français. 1790. p. 2.
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Le fait, ainsi présenté , pourrait être sujet à contradiction; en effet, on lit dans un mémoire antérieur émané de la compagnie Désandrouin : « Dans les autres exploitations, la forme du cuvelage est ordinairement ronde, mais le vicomte Désandrouin a éprouvé que la carrée était plus solide » (1). Un autre mémoire de la même époque dit que c'est M. Désandrouin qui a inventé les cuvehujes quarrés (2). Suivant Morand : « Communément la forme de cet ouvrage est ronde; mais le vicomte Désandrouin prétendait que le cuvelage en carré est plus solide •> (3).
On cuvelait donc les fosses antérieurement à l'existence de la compagnie Désandrouin; le fait n'est pas douteux; on peut se rappeler ce que nous avons dit ailleurs (4), qu'à Crespin , en 1730, la compagnie trouva les vestiges d'une ancienne fosse , d'où elle retira les bois que les entrepreneurs y avaient laissé. Enfin, L. Mathieu, comme nous l'avons vu (5), ne dit pas que son père inventa le cuvelage, mais le cuvelage carré avec le piccolage; c'est là, en effet, qu'est l'invention (6).
Le cuvelage sert à deux fins : il soutient les terres, il maintient les eaux. Il est évident qu'on arrêtait l'éboulement des terres par un cuvelage avant la compagnie Désandrouin ; dans les environs de Mons, où les fosses étaient alors d'un petit diamètre, on les garnissait de douves assemblées à la manière de cuves , d'où vient sans doute le mot cuvelage (7) ; mais nous avons vu que, par ce moyen, les eaux ne pouvaient être suffisamment maintenues. On construisit donc un boisage si artistement travaillé , pour nous servir des termes de la compagnie,
(1) Observations sur le local, etc., p. 8.
(2) Mémoire par demandes et réponses, p. 8. (5, Morand, p. 478.
(4) Voir ci-dessus, p. 43.
(5) Idem. p. 30.
(6) Dans les houillères d'Anzin, dit l'ingénieur Lefebvre, a par un travail particulier nommé picolagi'. on est venu à bout de maîtriser et de contenir, dans les niveaux supérieurs, dos masses d'eaux qui y affluent, b ( Lefebvre. Mémoire du conseil des mines. — Journal des mines , t. 2. An IV. p. 902).
(7) Notes de M. Ad. Castiau.
qu'il arrêta la filtration ; et on imagina un moyen tel de relier ce boisage au terrain dans lequel on le plaça, qu'il ne fit qu'un avec lui. C'est le piccotage, qui consiste à enfoncer des coins de bois derrière le cuvelage, dans la mousse et le mortier dont on garnit l'intervalle entre les bois et le terrain (I). Ces dcu\ innovations réunies, qui forment ce que vulgairement on appelle aujourd'hui cuvelage, sont dues à la compagnie Désandrouin. C'est donc à elle qu'on doit de pouvoir extraire le charbon de nos pays.
C'est sans doute en se plaçant au même point de vue que nous, que M. de Bonnard (2) et M. Dusouich (3) fixent à l'époque dont nous parlons l'invention du cuvelage et du piccotage. Quant à Pajot-Descharmes , il se trompe en ne la fesant remonter qu'à 1734 (4). Elle date de 1720, comme déjà nous l'avons dit. Elle ne peut être postérieure , puisqu'elle fut appliquée à 2 fosses qui furent inondées la veille de Noël de cette même année et abandonnées par suite de cet accident (5).
L'auteur de cette invention est-il le vicomte Désandrouin , comme l'indiquent les ouvrages que nous venons de citer, ou Pierre Mathieu, comme le disent, son fils (G), directeur après lui des mines d'Anzin, et M. Ad. Castiau (7) ? C'est ce qu'il nous serait difficile de décider preuves en main. Mais que ce soit le grand seigneur devenu industriel ou le modeste ingénieur, l'honneur n'en appartient pas moins à la compagnie Désandrouin, aujourd'hui compagnie d'Anzin. — Plus tard, on substitua à la forme carrée, la forme octogone et la forme décagone.
(1) Pajot-Descharmes, p. 553.
(2) Notice sur les recherches de houille dans le Pas-de-Calais. [Journal des mines, 1809, t. 26, p. 426.
(3) Essai sur les recherches de houille dans le Nord, p. 6.
(4) Pajot-Descharmes, p. 550.
(5) Voir ci-dessus, p. 30 et 32.
(6) L. L. Mathieu. Histoire de l'entreprise.
(7) Mémoires de la société d'agriculture de Valenciennes , t. 2, p. 221. — Un discours 'le M. Baillot, inspecteur des mines en l'an VII, attribue l'invention du cuvelage aux mineurs Français u Valenciennes. (Notes de M. Ad. Castiau).
La première lut imaginée par Guillaume Castiau, la seconde par M. Paul Casiiau, tous deux ingénieurs de la compagnie d'Anzin (1).
Percement Toutes les fosses du Hainaut Français ont nécessité rétablissement dispendieux
de la fo^- , .
de la Bleus.- et dillicilc du cuvelage , accompagné du piccotage, pour pouvoir traverser le niveau des eaux. — « On a mis trois ans pour le passer, dit d'Aubuisson , en creusant le puits de la Bleuse-Borne, (2) et cependant on employait à l'épuisement des eaux trois machines à vapeur, dont deux étaient de 60 pouces et une de 40. Elles travaillaient continuellement à la fois. La quantité d'eau fut si considérable, qu'on mit à sec tous les puits des habitations voisines, ceux du village de Raismes et même une partie de ceux d'Aubry, village situé à plus de 3,000 mètres de distance. Les fossés de la citadelle de Valenciennes furent également desséchés, ce qui excita les plaintes du commandant de cette place. » — .... «(On estime, ajoute Daubuisson (en 1805), qu'un puits, avant d'avoir atteint la houille, revient à une centaine de mille francs : il y entre pour 25 ou 30,000 francs de bois. Le puits de la Bleuse-Borne a coûté, m'a-t-on dit , plus de 300,000 francs » (3).
Si Ton en croit l'exposé que fit, en 1790,1a compagnie d'Anzin, chaque puits creusé jusqu'à cette époque, à la profondeur moyenne de 160 toises, lui aurait coûté 400,000 1. (4). Mais Dieudonné , d'après le journal économique de 1756, estime la dépense d'un puits de 60 à 72,000 1. (5), et nous avons vu la compagnie Désandrouin citer, comme chose remarquable 50,000 écus (150,000 1.) de dépenses pour deux puits inutiles sur Fresnes (6). — Le cuvelage d'un puits de 160 toises coûtait, eu 1784, 11,520 1.(7). —
(1) Notes de M. Ad. Castiau.
(2) Voir ci-dessus, p. 152.
(3) Description des houillères d Anzin (Journal des mines, 1. 18. An XIII, p. 163 et 170). — Brard. p. 365.
(4) Mémoire sur les mines du Hainaut. p. 3.
(5) Dieudonné, t. 1, p. 102.
(6) Voir ci-dessus, p. 62.
(7) Pajot-Descharmes (Mémoire sur les mines du Hainaut). — « Quatre pièces de cuvelage , dit-il, en bois de chêne , de 7 pieds de longueur. 12 pouces de hauteur et 8 pouces d'épaisseur, forment, toutes assemblées, ce qu'on nomme une trousse , chaque trousse, l'une portant l'autre, placée, revient
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Pour creuser une fosse de 7 pieds carrés en dedans du cuvelagc on payait, par toise, depuis 28 écus jusqu'à 32 (de 84 à 9G 1. ) dans les querielles (grès houiller) et depuis 16 écus jusqu'à 20 (de 48 et 60 I.) dans les rocs (schiste houiller) (1).
Nous allons maintenant parler des travaux d'extraction , en revenant aux fosses du Pavé, dont nous avons d'abord fait connaître les travaux d'approfondissement.
i i't 1. » — Or, une trousse ayant 12 pouces de hauteur, un cuvelagc de 1G0 toiles ou 480 pieds de haut devait coûter 11,520 1.
(1) Registre do L. Mathieu.