CHAPITRE DEUXIEME
Travaux pour l'extraction. — Aérage. — Gaz hydrogène carboné.
Machines.
Fosses
du Pavé.
Premier puits
souterrain.
a communication entre les deux fosses du Pavé étant terminée (1), on fit un puits souterrain de G toises et on exploita . la veine découverte ; mais elle ne fut pas de longue durée : 2PM^£*f?A»ii insensiblement elle dégénéra , se trouva irrégulière et même remplie de terre grise , au point que Ton fut contraint de l'abandonner ; l'espoir
1 Ce qui suit est pris dans : — 1" Mémoire par demandes et réponses, p. 27 et suivantes ; 2" Observations sur le local, etc., p. 12 et suivantes. — Voir le plan a la p. 188.
de la trouver meilleure à une seconde taille fit creuser le puits jusqu'à 10 toises; mais cette dépense fut inutile , la veine valut encore moins , elle consistait presqu'en pure terre.
On fit alors commencer, dans la tête des rochers, une galerie transversale du nord au midi. Cependant en continuant les recherches dans ce premier puits on découvrit un filet de charbon de quatre doigts d'épaisseur seulement ; on le suivit, et, peu à peu il se trouva de huit paumes (0 m. 88). C'était une branche de veine plate qu'on se mit en mesure d'exploiter ; mais les fiais d'extraction prélevés, cette veine seule n'aurait pas produit la dixième partie de ce qu'avait coûté la première fosse.
On prolongea la galerie de 25 toises et on perça un nouveau puits : ce travail donna deux petites veines de chacune 4 paumes (0 m. 44).
La galerie fut continuée dans une longueur de 25 toises où l'on découvrit une veine de G paumes (0 m. 66) d'épaisseur, que les ouvriers appelèrent Maugrétout (malgré tout), à cause de l'opiniâtreté des obstacles qu'on fut obligé de vaincre pour la découvrir et pour l'extraire, ou bien, suivant une autre version (1), « à cause que le porion l'a fait travailler malgré la volonté même des chefs de l'entreprise. » On y perça un troisième puits.
On augmenta encore la galerie souterraine de 80 toises environ , mais sans succès; on n'y trouva qu'une petite veine plate hors d'état d'être exploitée.
Cependant le premier puits fut augmenté de 24 toises à travers les rochers,
et, bien qu'on employât la mine, on fut douze mois à faire ce travail. On ren-
Cinquième contra une veine plate de 6 paumes (0 m. 66); mais il fut impossible de
veines l'exploiter avec un puits aussi profond. On fit donc , au milieu de celte distance,
une chambre où il fut pratiqué un nouveau puits qui, à 8 toises, donna une veine
de 4 paumes (0 m. 44).
Pour l'exploitation des deux petites veines trouvées à 25 toises dans la galerie
Galerie transversale.
Première
veine
exploitable.
Deuxième
puits souterrain.
Deuxième troisième et
Quatrième
veines
exploitables.
Troisième
puits souterrain.
(1) Travail général sur les mines d Anzin, par Blavier.
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on établit sous le puits (le deuxième dans la galerie) trois autres puits de 1 3 toises chacun avec leurs chambres, Mais au fond du troisième, les veines devinrent si minces qu'il fallut cesser de les suivre.
La veine Maugrélovt fut exploitée jusqu'à G8 toises de profondeur à plomb, au moyen de six puits souterrains superposés, cinq de 12 toises et le sixième de 8. Au fond du sixième puits, celte veine ne se fesant plus, elle fut reprise par la fosse du Jardin.
Extraction en « Veut-on rentrer à présent, dit J. Désandrouin (1), dans ces vastes avenues de l'intériorité et dans la profondeur de ces puits , pour y voir un moment la main-d'œuvre de l'extraction ? Le curieux ne court aucun danger de s'y laisser conduire ; et s'il n'ose se confier à la solidité de l'échelle de fer dressée perpendiculairement dans toute la longueur de la fosse , une machine à l'épreuve d'un poids beaucoup plus lourd l'y descendra en toute sûreté. Des forêts entières employées à étayer les galeries , les chambres et les routes qu'il faut se frayer pour suivre les veines, soutiennent les rochers qui l'environnent de toutes parts et les torrents qui coulent sur la tête. A l'aide des lumières qui éclairent ces sombres demeures , il verra des chefs de travaux et des piqueurs y tracer les différentes opérations qui vont occuper mille ouvriers. Dans l'exploitation d'une
a une' vein" veuie plate , le puits creusé perpendiculairement par la force de la poudre à P,ate' canon, coupe la veine en deux; les ouvriers , les uns en montant , les autres en descendant, suivant le degré d'inclinaison , travaillent à briser le rocher qui est devant eux et qui renferme la matière. Chacun d'eux , dans une attitude gênée, avance et se forme une voie étroite qui ne lui permet pas d'y manœuvrer debout, parce que celte route serait trop dispendieuse. Ici ce sont des scieurs qui coupent les bois dans les proportions convenables ; d'autres les font servir au soutien des ouvertures. Dans l'impossibilité de se servir d'ouvriers d'une grandeur ordinaire pour pénétrer dans ces cavernes étroites , des jeunes gens s'y introduisent, trient les pierres d'avec le charbon, et chargent séparément les uns et les autres sur
(1) Tout ce qui suit est tiré textuellement des Observations sur le local, etc., p. 16 et suivantes. — Il nous a paru intéressant de faire connaître , par cet extrait, quels étaient les moyens d'extraction jusqu'en 1756, date de ce mémoire.
Exploitation
d'une veine droite.
Aérase.
de petits traineaux qu'ils conduisent jusqu'aux puits en se baissant, et quelquefois en marchant à quatre dans toute la longueur de la veine (Il y en a eu d'exploitées à 400 toises d'un puits). Ces petites voitures ainsi arrivées, on en remplit des hottes et des paniers que Ton monte à force d'homme, de puits en puits, et jusques dans la grande galerie. Là, d'autres ouvriers entraînent ces matières dans toute la longueur des souterrains , jusqu'à ce qu'elles soient parvenues sous celle des deux fosses qui sert à les évacuer ; alors on les charge dans des sceaux ferrés, et sont enfin enlevées jusqu'à la superficie par la machine que les chevaux font mouvoir.
» A l'égard de la veine droite , l'extraction s'en fait en même temps que l'on creuse les différents puits. Quoiqu'elle soit appelée droite , on se ressouvient qu'elle incline plus ou moins vers l'occident. Pour rencontrer sa direction au milieu d'un puits perpendiculaire de 13 toises, il faut écarter plus ou moins l'ouverture de ce puits qui se commence toujours au levant , en sorte que la dernière des 13 toises se trouve, dans un sens opposé, aussi éloignée de la ligne penchée que la première. Quand on a extrait de ce puits toute la matière combustible et les pierres , dans la longueur de 400 toises au moins, on pratique vis-à-vis la lin de la douzième toise , et au levant , une chambre que l'on recule assez loin pour y prendre la même proportion et direction d'un second puits qui vient également recouper la veine, et cette manœuvre se recommence jusqu'à ce que la matière tombe en défaut, ou que la trop grande profondeur empêche de l'exploiter. »
Le mémoire , auquel nous empruntons les lignes qu'on vient de lire, dit aussi que « la facilité avec laquelle on ouvre des fosses dans les autres exploitations du royaume, est cause qu'on ne s'est attaché nulle part à continuer l'air au-delà de 100 toises, dans les travaux souterrains. Le vicomte Désandrouin est le seul qui ait imaginé d'aller à 400 , par le secours de feux allumés de distance en distance, et qui communiquent à celui delà fosse (1). Si les travaux de l'in-
(1) M. Ad. Castiau, dans ses notes, parle d'uu ouvrage anglais imprimé vers 1810 ou 15 qui montre combien alors encore on était en retard sur ce point en Angleterre. On y proposait comme une idée neuve d'opérer le renouvellement de l'air des mines au moyen de la raréfaction par des foyers. —
Grisou.
tériorité sont prolonges au-delà de ces 400 toises , si le feu vient à manquer, ou que les soupiraux s'ouvrent ou se ferment mal à propos, alors il se forme un feu de météore si actif, qu'il parcourt comme un éclair les souterrains , et suffoquerait tous les ouvriers, s'ils n'avaient la précaution de se rendre précipitamment à l'embouchure de la fosse , dès qu'ils voient la flamme de leurs lumières s'allonger, signal infaillible qui précède toujours cet événement dangereux, et qui indique qu'il faut de toute nécessité ouvrir une fosse pour donner de l'air dans cette partie de l'exploitation , ou réparer les travaux particuliers. »
L'auteur cite l'exemple suivant des terribles effets de l'explosion du gaz hydrogène carboné appelé grisou par nos mineurs : « H y a quelques mois, dit-il (ce qui reporte à l'été de 1756), que dans une pareille exploitation, située au Yieux-Condé , et appartenant au prince de Croy, un accident semblable a fait périr onze ouvriers, de trente et un qu'ils étaient dans les travaux : les vingt autres ne doivent leur vie, dont on a long-temps désespéré, qu'au courage et à l'adresse de leurs camarades qui les ont arrachés des flammes » (1).
Extraction Duhamel, dans un excellent travail sur les mines du Hainaut (2), nous donne, n i78o. g(]r i'extractjon, en 1783, les renseignements qu'on va lire et qu'il ne sera peutêtre pas inutile de comparer avec ce qui se fesait à l'origine et ce qui se fait aujourd'hui.
M. Castiau dit aussi qu'il lui a paru que les fosses de Mons étaient en retard, pour la ventilation, il y a quinze ans. — Ces faits donnent plus d'importance encore à l'invention dont nous parlons et que M. de Tilly attribue aussi à M. Désandrouin [Mémoire sur l'utilité , etc., du charbon minéral, p. 103).
(1) Observations sur le local , etc. p 16. — Dans le Recueil de notes et observations sur les fouilUs que j'ai vu faire, le fils du directeur de Bernissart raconte que son père, étant chef-porion à Vieux- Gondé, lors de la suspension des travaux de Bernissart, a il fut pris dans la fosse alors nommée le Gros-Caillou , au moment où le feu avait pris aux bois d une place à feu intérieure, pour faciliter la circulation de l'air. Cet incendie souterrain étouffa, par les fumées qu'il occasionna, tout l'atelier entier, qui était d environ quarante personnes . mon père fut du nombre ; la plupart furent rappelés à la vie par les secours qu'on leur procura , mais à la suite de cela , mon père fit une maladie de trois ans, il y eut onze personnes qui y périrent sans pouvoir leur rendre la vie. » — 11 semble bien qu'il s'agisse ici du même événement, bien qu'attribué à une autre cause? Toutefois, il est singulier que l'auteur de la dernière version lui assigne la date de 1757. Les Observations sur le local, etc.. sont imprimées en 1756.
(2) Inspection des mines de charbon du Hainaut, Flandre et Artois. 1783.
Exploitation
d'une veine
plate.
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« Les troi; établissements d'Ànzin , de Fresnes et du Vieux-Condé , dit-il, sont faits et se suivent sur une douzaine de veines qui ont leur direction de l'orient à l'occident et leur pente communément vers le nord. Mais il y en a qui sont presque perpendiculaires et d'autres inclinées à l'horizon , et qui , venant se joindre aux premières , forment ensemble un angle plus ou moins obtus à raison de leur inclinaison respective.
i> Lorsque les veines sont inclinées, après les avoir découvertes, soit par puits ou autrement, Ton commence par pousser une galerie horizontale , suivant leur direction. L'on en ouvre ensuite une perpendiculaire à celte première, à peu près comme aux mines d'Ardenghen, mais de manière à pouvoir recombler derrière le mineur pour se dispenser de laisser des massifs de charbon ; pour cet effet, ils posent du bois ou étançons perpendiculairement au toit de la veine, et, comme Fou a très-souvent des galeries de traverse à faire, tant pour recouper, dans des endroits différents, les veines déjà connues, que pour procurer la circulation de Pair, tous les décombres qui en proviennent sont mis entre ces étançons, que Ton enlève même souvent à mesure du remplissage. D'un autre côté, les veines que l'on exploite ne sont pas toujours de la largeur nécessaire pour le passage du mineur et des hercheurs. L'on est alors obligé d'écoreher le mur, ce qui fournit encore des décombres ; alors, c'est le mineur qui exploite la veine qui fait lui-même sauter cette partie de rocher et le place dans la galerie voisine qu'on veut recombler et qui se trouve immédiatement à côté de lui ; l'on n'augmente point pour cela son salaire et l'on ne diminue pas même sa tâche. Cet ouvrage n'est pas difficile, vu la nature du rocher, qui est un schiste feuilleté qui se débite très-aisément ....
Exploitation » Voici la manière d'exploiter les veines qui approchent de la perpendid,u"lLeine culaire :
droite.
» Un mineur extrait le charbon sur une hauteur de 6 pieds et 3 pieds de longueur en avançant sur la direction de la veine ; tandis que ce mineur fait cette extraction , un autre mineur est chargé d'y placer les pièces de bois nécessaires pour la rendre solide, ce qu'il ne peut faire sans enlever une épaisseur assez considérable de mur dont il place les déblais dans l'ouvrage à recombler le plus voisin ; c'est pour cela qu'on place deux mineurs par poste par chaque galerie,
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qui, comme nous Pavons dit, sont obligés, dans leur poste de 8 heures, d'avancer de 3 pieds dans la veine sur 6 pieds de haut 5 lorsque cette première galerie est avancée de 6 ou 9 pieds, Ton place deux autres mineurs, aussi par poste, immédiatement à la voûte de cette galerie qu'on nomme voye. Ils y forment une excavation en montant de 15 pieds de hauteur qu'ils sont obligés d'avancer de 3 pieds par poste en suivant la voye que l'on avance en même temps. Ils sont également tenus de poser des bois ou étançons provisionnels , jusqu'à ce que cette galerie, que l'on nomme coupe, soit recomblée. Ils ont, pour l'ordinaire, comme ceux qui poussent la voye , une partie du mur à ôter. Ils sont encore chargés de le faire sauter et d'en ranger les décombres sous leurs pieds ; cette coupe étant avancée d'une quinzaine de pieds , l'on en recommence une seconde à la voûte et ainsi de suite.
» Entre deux coupes, l'on ménage dans les décombres une galerie horizontale pour l'exploitation de chacune. L'on ménage aussi, dans les mêmes décombres, de petites cheminées par où les mineurs montent chacun à leur atelier, et par où ils précipitent le charbon dans la voye , d'où les hercheurs le transportent aux différents puits d'extraction comme nous le dirons. Ces recomblages, ainsi que les boisages, se font avec beaucoup d'intelligence et de prudence.
» L'on nomme havre'e une extraction de charbon de 3 pieds en avant sur une veine , sur 3 pieds de hauteur, quelle que soit la puissance de la veine. L'on voit donc que les deux mineurs qui conduisent la voye sont obligés à 2 havrées par poste et que l'on en exige 5 des deux mineurs qui , sur 1 5 pieds de hauteur, sont obligés d'avancer horizontalement de 3 pieds en suivant la voye ou galerie ; cette différence vient de ce que la voye étant faite par les deux premiers mineurs, les deux autres ont moins de peine à détacher le charbon qui se trouve dégagé par la dite voye.
» Chaque poste de mineurs est payé depuis 20 jusqu'à 22 sous ; la quantité que chaque mineur extrait , dépend , comme on le voit , de l'épaisseur de la veine.
Transport (( Le transport du charbon, du bout des galeries au fond du puits d'extraction, se fait par des ouvriers nommés hercheurs , au moyen de sceaux fixés sur de
inteneur.
petits traineaux. On y emploie des hommes et même de jeunes garçons ; mais lorsque ce sont des enfants faibles, comme depuis dix ans jusqu'à quinze ou seize, Ton eu met deux à chaque traîneau , l'un pousse et l'autre tire. Chaque traineau parcourt un espace de 10 toises dans la voye , soit que ce soit des enfants ou des hommes qui le poussent, au bout duquel espace, d'autres ouvriers le traînent au relais prochain , 10 toises plus près du puits d'extraction, ainsi de suite; les hercheurs qui ont poussé ces sceaux pleins vers le puits ramènent en même tems les vides vers l'ouvrage : il faut 3 de ces sceaux pour remplir les grands sceaux des machines à molettes qu'on nomme paniers. Les hercheurs sont obligés de livrer par poste 300 de ces sceaux auprès des puits, d'où les machines à molettes les enlèvent dans de grands sceaux de 32 pouces de diamètre dans le haut , de 26 pouces 1/2 de diamètre dans le bas et 3G pouces de hauteur, ce qui fait qu'ils contiennent 1 3 pieds , 6 pouces, 4 lignes cubes. C'est d'après ces grands sceaux que l'on mesure bien exactement, dans le fond des puits , que l'on compte l'extraction. Les machines en enlèvent 24 de 600 pieds de profondeur en deux heures ou deux heures et. demie, après quoi on change les chevaux. Le poste des enfants est payé depuis 8 jusqu'à 12 sous, et ceux des hommes faits de 15 à 17 sous. Si ces hercheurs, en sus de leur taxe , font parvenir au puits un plus grand nombre de sceaux, on leur tient compte de cet excédent »
Enlèvement Les eaux des galeries « sont élevées à la superficie par les machines à feu de
(les GfllUX
600 jusqu'à 900 pieds de profondeur »
« Comme les machines ne sont pas constamment en jeu , l'on a, au fond des travaux, des réservoirs de 6 à 7 pieds de profondeur sur 6 de largeur, et 40 toises plus ou moins de longueur, qui se remplissent pendant que les machines sont dans l'inaction, d'où elles les puisent ensuite. Lorsqu'on approfondit un nouveau puits au jour, dès qu'on est arrivé au niveau de la grande galerie d'écoulement ci-dessus, l'on pousse de suite une galerie de ce puits pour aller y rendre , ce qui fait qu'elle communique par quantité d'embranchements à tous les puits au jour auxquels elle peut procurer quelqu'écoulement.
Aérage. „ L1a;r est très-bien administré dans toutes ces minières , l'on ne ménage point les galeries de communication, quand même elles ne pourraient pas se faire
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sur le charbon , nous en avons vu de plus de 300 toises de longueur dans un rocher extrêmement dur. On les fait très larges; dans l'un de leurs côtés, Ton construit un soupirail pour le passage de Pair de 18 pouces ou 2 pieds de largeur, la maçonnerie s'en fait en briques et bon mortier, pour ne laisser dedans aucun interstice. Des portes artistement placées dans les galeries font passer l'air par ces canaux , ce qui établit une circulation parfaite dans toutes les parties de la mine. L'air entre communément par les puits à molettes , où Ton tient à cet effet une grille remplie de charbon allumé. L'on fait souvent servir au même usage des galeries faites sur le charbon , mais alors on les élargit pour pouvoir y construire des canaux eu maçonnerie, comme il vient d'être dit. »
Pajot-Descharmes disait, en 1784, que si « les mines d'Anzin sont peu sujettes au feu terroit , c'est à la bonne distribution de l'air qu'on est redevable de l'éloigneraent de cet ennemi des mineurs » (1).
Hazenfratz, dans des mémoires qu'il fit à l'occasion d'un procès relatif aux mines d'Aniche, en 1786 et 87, insiste sur la possibilité de faire l'extraction et Taérage par une seule fosse, contrairement à l'usage établi (2).
Si cette méthode n'était pas encore suivie à Anzin , nous voyons toutefois que la plupart des fosses étaient divisées en deux parties, dont l'une , la plus petite, appelée g oyait servait aux ouvriers pour descendre et monter, et l'autre pour tirer le charbon. Le goyau était établi dans l'un des coins de la fosse, comme dans cette figure jH\] (3).
Perfectionne- Il devait encore se passer bien du temps avant qu'on appliquât la machine machine à vapeur à l'extraction de la houille. C'était à la force des chevaux qu'on remon-
dexpgC5"on tait le charbon, et on se servait, à cet effet, d'une machine fort imparfaite, connue sous le nom de machine à molettes. En 1785, Léonard Mathieu, directeur des mines d' Anzin, apporta des perfectionnements à celte machine.
Descente
pour
les ouvriers.
(11 Mémoire sur les mines du Hainaut Français.
(2) Mémoire pour l'exploitation des mines de charbon de terre de M. le marquis de Trainel , 10 novembre 1786. — Deuxième mémoire sur l'exploitation, etc. 1787. (3) Mémoire de Blavier. Prud homme et Brigaudin.
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Il « avait imaginé, nous dit Pajot-Descharmes , un tambour conique qu'il se proposait de substituer au tambour cylindrique en usage. Il était construit de manière que la corde montante parcourait la circonférence des petits diamètres, et la corde descendante celle des grands.
« Les diamètres de ce tambour changeaient , comme on conçoit , à chaque instant; les chevaux, à raison de l'équilibre résultant de cette disposition, qui, dans la montée des sceaux pleins, et la descente des sceaux vides, présentait une compensation de forces, eu égard au pouvoir des différents diamètres parles deux cordes, éprouvant une résistance en quelque sorte constamment la même, ne paraissaient jamais plus fatigués dans un moment que dans l'autre. Cette heureuse invention ne pouvait qu'être bien goûtée ; aussi a— t— elle été accréditée de plus en plus. Elle est , en effet , employée dans toutes les exploitations des mines de houille. Cette application a subi depuis une nouvelle modification qui tient au même principe » (1).
Blavier et Hécart nous disent qu'un contrepoids a été ajouté par Léonard Mathieu à sa machine, telle que la décrivent Duhamel et les autres auteurs (2). « Il ne faut au panier, dit M. Hécart , que six minutes pour monter, au moyeu de quatre chevaux aveugles et d'une chaîne servant de contre-poids , et qui pèse 1,2001. Avant l'invention de ce contre-poids, on employait six chevaux pour faire le même ouvrage. »
« La mine extraite monte au jour, disent les intéressés aux mines d'Anzin en l'an IV, dans un panier, à l'aide d'une machine ingénieuse qu'on nomme tambour, que des chevaux font mouvoir, et d'un contre-poids dont nous sommes les inventeurs » (3).
(1) Pajot-Descharmes, p. 318.
(2) Mémoire de Blavier, Prud'homme et Brigaudin. — Manuscrit de M. Hécart de 1191. (5) Lettre adressée au département en l'an IV.