‹ Histoire de la recherche, de la découverte et de l'exploitation de la houille dans le Hainaut français, dans la Flandre française et dans l'Artois, 1716-1791Chapitre 9 sur 104 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Recherches en divers endroits du Hainaut Français, décoin erte de la houille à Anzin, ensenihle des travaux de la compagnie exploitante.

ssîté

de recherches nouvelles

'exploitation d'un charbon tout spécial, propre seulement à la cuisson des briques et de la chaux , n'était point le but que la compagnie Désantlrouin s'était proposé d'atteindre. — La ^découverte des mines de Fresnes n'était qu'un résultat incomplet; « l'expérience de cette ressource » fesait « sentir plus vivement que jamais de quelle conséquence il était de suivre le projet dans toutes ses parties » (1).

(Ij Mémoire pour Désandrouin contre de Cernay . p. 8.

Il importait de trouver de la houille qui fût propre au chauffage domestique, susceptible d'être employée dans les usines et les ateliers (I) ; d'autant plus que le charbon exploité était loin alors de dédommager la compagnie des dépenses qu'elle fesail (2). — Aussi, à peine avait-on mis en exploitation les mines de Fresnes , qu'on lit de nouveaux fonds , qu'on construisit de nouvelles machines et qu'on se livra à de nouvelles recherches (o). — Malheureusement, excepté l'indication de l'allure des veines de Mons, la compagnie n'avait d'autre guide que les préjugés scientifiques de l'époque, le pays n'offrant absolument aucun indice de l'existence de la houille (4).

On tenta sans succès les puits ci-après :

Tentatives 1° En 1725, derrière le couvent de Bonne-Espérance , sur la

1725-1732. seigneurie d'Aubry, à deux lieues de distance au sud-ouest des fosses

de Fresnes, deux fosses (nommées du Sar.s) (5) que l'on n'enfonça

que jusqu'au premier niveau des eaux ; on dut abandonner à cause

de l'abondance des deuxième et troisième niveaux 2

(t) Pajot-Descharmes , p. 309. — Il parait que Ton ne croyait pas alors pouvoir se chauffer avec le charbon de Fresnes comme on le fait depuis long-temps , bien qu'il soit , pour cet usage , d'une qualité inférieure.

(2) Dieudonné, t. 1, p. 158.

(3) Mémoire pour Désandrouin contre de Cernay , p. 8. — I'ajot-Descharmes , p. 309. — Histoire de l'entreprise, par L. Mathieu. — Blavier, Travail général sur les mines d'Anzin.

fi) « En une infinité d endroits ou a* été conduit à faire de pareilles découvertes, par des indices certains, comme par de petites veines qui se montrent au jour, tel qu'à Liège, ou par des bancs schisteux, noirâtres, qu'on rencontre dans les bas-fonds. Mais , aux environs de Valencicnnes, on ne voit de tous côtes qu'un terrain plat et ù grand terreau , qui n'offre môme pas une pierre qui puisse donner la moindre notion do cette existence. Aussi M. Mathieu n'est-il parvenu à découvrir les mines qu'il exploite actuellement, qu'à force de talonner et de faire des approfondissements considérables de distance en distance, en consultant surtout l'allure des veines do charbon de Mons ■ ( Monnet . Atlas cl description minéralogique de la France. 1780, p. 53). — « C'est un préjugé reçu aujourd'hui par beaucoup de mineurs, de croire que les mines de charbon ont une direction générale autour de notre globe. . . . El le môme M. Mathieu, dont nous parlons, est obligé do convenir aujourd'hui qu'il :> fail des fouilles bien inutiles d'après cette idée » (Idem, p. 54).

5 Rapport de M. Clerc (affaire Dumas). — Mémoire en défense pour la compagnie d'Anzin contre in compagnie Dumas, 30 janvier 1830, p. 31.

"2° En I 726 et '27 , à Etrcux, à deux lieues et demie au sud des fosses de Fresoes, une fosse jusqu'à -'iO loises, et deux galeries au midi et au nord. On n'y découvrit que des terrains de mauvaise nature

3° En I T'28 , au Boquiau (petit bois) de Bruai , à une lieue et demie des fosses de Fresnes , deux fosses {fosses Boquiau) (1), dans lesquelles on ne put passer le premier niveau

4° En 1729, à Quaroube, à une lieue et demie sud-est des fosses de Fresnes, deux fosses qui furent abandonnées à cause de l'abondance des eaux et de l'éboulement des terres

5" En 1730, à Crespin, deux lieues à Test-sud des fosses de Fresnes, une fosse dans laquelle on trouva les vestiges d'un ancien puits, les restes d'un cuvelage rond que Ton avait voulu y établir. Les bois en furent retirés. L'abondance des eaux fit abandonner les travaux , et on sonda vainement les terres de Crespin, Quiévrecliain et Quaroube pour trouver un terrain plus praticable

G" En 1 731 et 32, une fosse nommée la Citadelle (à 2,000 m. de Valenciennes (2), hors la porte Notre-Dame (porte de Paris), vers la citadelle , à deux lieues un quart au sud-ouest des fosses de Fresnes. — On trouva , dans une galerie de 100 toises, du nord au midi , trois petites veines inexploitables de charbon dit de maréchal

Total 9 (3).

(1) Mémoire en défense pour la compagnie d'Ânzin contre la compagnie Dumas , 30 janvier 1830, p 31 .

'2 Rapport de M. Clerc (affaire Dumas). M. Clerc dit que cette fosse était sur Anzin . mais c'est une erreur.

[5 Mémoire sur l'établissement Je l'entreprise , par P. Mathieu. — Projet d'une seconde entreprise, par Christophe Mathieu. — Histoire de l'entreprise, par L. Mathieu. — Mémoire par demandes et réponses, p. 10. — Mémoire pour Désandrouin contre de Cemaij, p. 8. — La nomenclature de ces travaux étant la môme dans ces cinq mémoires, nous l'avons préférée aux autres que nous donnons

I loiiséquences

de ces

entatives

Ces tenlalivcs coûtèrent , savoir :

1" surAubry 12,500 florins .... 15,G25 francs.

2° sur Etreux 23,400 29,250

3e sur Bruai 1 ,000 1 ,250

4° sur Quaroube 29,800 37,250

5° sur Grespin 45,000 56,250

6° près la citadelle. .... 51 ,700 64,G25

Total 103,400 florins 204,250 francs (I).

« C'est ainsi , dit J. Désandrouin , que, depuis 1724 jusqu^n 1732, les entrepreneurs sacrifièrent successivement, chaque année, des sommes immenses.

a la fin de cette note. Quand nous disons la mémo, ce n'est pas à dire que l'on n'y trouve point quelques légères différences , mais elles s'expliquent facilement. — 1° Les mémoires imprimés reportent à 172G la tentative sur Quaroube, mais la place qu'elle occupe dans l'ordre do ces recherches fait voir que l'imprimeur a fait un 6 d'un 9 en le renversant. 2" Ces mémoires indiquent deux fosses à Aubry : L. Mathieu semble n'en indiquer qu'une. Mais lo Rapport de M. Clerc (affaire Dumas) et le Mémoire de la compagnie d'Anzin contre la compagnie Dumas, 50 janvier 1850, p. 51, en indiquent également deux. — Ce dernier mémoire indique deux fosses de la Citadelle, ce qui est contraire à tous les mémoires du temps.

Voici , au reste , les nomenclatures que nous trouvons dans les notes de Jacques Mathieu et de son lils Jean-Pierre. Nous y joignons celle do Pajot-Descharmes (p. 509). Nomenclature

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