‹ Histoire de la Réformation à Bordeaux et dans le ressort du parlement de GuyenneChapitre 279 sur 310 · PIÈCES JUSTIFICATIVES · texte numérisé non relu

PIÈCES JUSTIFICATIVES

Interrogatoire des dames de Fa bas.

« Extrait des faits justificatifs au procès du scindic de Saint-Macary, le procureur général du Roy joint à luy, par Marie Dorriès et Anne de Favars (sic), sa fille, damoiscllcs, et desquelz a esté ordonné, par arrest ce jour d'huy donné, que les dites Dorriès et de Favars feroient aparoir.

» Premièrement fera la dicte Doriès aparoir

» Que incontinent que le seigneur de Duras fut entré dans la ville de Sainct-Macary, des soldatz allèrent en sa maison où prindrent ce que bon leur sembla et aussy allèrent à une mestairie où prindrent ung paire de bœufs et deux asnes; que, à sa prière, luy en fit rendre partie.

» Qu'elle prioit le dit seigneur de Duras pour tous ceux qui se plaignaient des soldats, tellement qu'elle garda plusieurs d'estre offancés, par prières ou supplications qu'elle fit au dit sieur de Duras.

»Que tant s'en fault qu'elle ayt pillé ou faict piller aulcuns des habitans, qu'elle a retiré les meubles de tous, des habitans de Sainct- Macary et des catholiques qu'elle leur a gardés et conservés.

» Qu'elle a retiré en sa maison, lorsque le dit seigneur de Duras entra en la dicte ville, plusieurs prebstres, hommes, femmes et enffans pour les garder de mal.

» Aussi fera la dicte de Favars aparoir :

» Que sa mère et elle ont gardé de mal, tant que leur a esté possible, ceulx de l'Église catholique, les cellans et cachans en leur maison.

» 20 octobre 1562.

» (Signé à la minute :) I. Benoist, premier président. » Belcier.

» XXII-1 OCtobl'is m. vc lxii. «

(Arch. départementales de la Gironde, série B, Parlement : Minutes des arrêts, portef. 166.)

Au lieu de Favars, nom que portait une grande famille de nos contrées, il s'agit des Favas ou Fadas, dont les scribes estropient le

nom. Le jeune blessé dont il est question dans la pièce ci-dessus était un frère du célèbre capitaine Jean de Fabas, dont M. Barckhausen a publié les mémoires en 18G8 pour la Société des Bibliophiles de Guyenne; ce dernier, comme on sait, était seigneur de Roux, cVOrriès, nom qu'il tenait de sa mère, Marie d'Orriès, et de Castets-en Dorthe. Il devait être encore jeune à l'époque du siège de Saint-Macaire par Duras, en 1562. Il était alors absent du royaume et prisonnier de guerre en Italie.

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