‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 3)Chapitre 68 sur 98 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

Des exhortations et des censures.

Puisque le S. Esprit doit parler par les ministres , et prêcher le salut du monde, qui est notre Seigneur Jésus- Christ, que cet Esprit conduit à Dieu, et censure le monde de péché; il faut que les ministres dans toutes leurs prédications exhortent les hommes d'aller a Jésus-

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Christ, el de produire des fruîls de jusUce^ et ensuite qu'il censure les péchés du monde $ non seulement les péchés extérieurs et les vices grossiers > que Ton doit toutefois attaquer vivement, mais aussi les péchés spirituels, secrets et cachés, les illusions de la chair, comme^ la'cofnplaisadce pour soi-méme, l'hypocrisie, l'bi^ueil spirituel > le manque d'amour fraternel, les manières rudes el choquantes, et toute autre isemblable disposition du cœur désagréable à Dieu.

' niais en cela il est nécessaire que le prédicateur censure, non pas par un mouvement charnel^ mais par un sentiment constant de la vérité, coilime devant Dieu, et en la présence de notre Seigneur Jésus-Christ. De^là vient, qu'il ne Censurera jamais , que par l'effet d'une charité vive^ dont son cœur livré à Dieu est rempli ()ar Jésus-Christ, et ne censurera pas plus qu'il ne faut pour produire de l'édification chez ses auditeurs ; d'autant qu'il faut que dans l'église tout se fasse pour la correction des pécheurs, et non pas par un emporte* ment charnel et par querelle, comme malheureusement il arrive souvent, que ceux qui se glorifient de ne faire que ce que le Seigneur leur a commandé , se prêchent eux-mêmes, exercent dans ces occasions leur haine contre leurs ennemis, et assouvissent ainsi leur passion déréglée; et par la donnent lieu au gens d'appeller leur ministère cathedra impudentiœ (une chaire d'impudence) au lien de cathedra ecclesiœy (la chaire de l'Eglise.)

Il ne faut pas qu'il entre aucune aigreur dans un cœur qui entreprend de prêcher Jésus-Christ , qui est débon* naire^ mais la charité de Dieu doit être répandue dans un tel cœur par le St. Esprit, qui lui est donné, et doit y

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conduire ses auditeurs. Quand donc ta censure n'est pas tirée de 4a connaissance de Jésus-Christ, selon la volonté de Dieu , que la rudesse de la censure n'est pas -tempérée par la douceur et la charité, et que tout le monde ne ^'aperçoit pas^ que l'on cherche uniquement la gloire dé Dieu et le salut des auditeurs, ce n'est point ag;ir chrétiennement. C'est ce que noua recon- . naissons et que nous avouons à la gloire de notre Seigneur et de notre Dieu^ lequel nous pi-ions ici, qu'il lui plaise de diriger no^ coeurs et nos. langues, et nous donne de tenir un îujste-miUe^. Car a^ssi d'autre côté, ce serait très mal fait de voulpir garder 1^ silisnce , ou attaquer trop doucement les vices.. Celiii qpi regarde uniquement au jij^emctpt de Dieu , peut trQuver assez d'instruction sur ce sujet, dans les réflexions qu'on vient de faire.

En censurant, on ne doit point s'exprimer d'une manière qui sente un esprit léger et mondain, mais parler d'une manière qui marque un esprit grave, ferme, et élevé, pour ne point ternir la gloire de Jésus-Christ, qui a prononcé librement la censure du péché contre le monde. Car dans l'Eglise toutes choses dévoient se faire avec bienséance. Au lieu que quelques-uns d'entr'eux parlent d'une manière peu mesurée et fort grossière, qui fait de la peine aux oreilles chastes ; ce qu'il faut éviter. C'est qourquoi nousjaoïis exhortons, et nous nous conjurons les uns les autres, de nous exprimer d'une manière sage, convenable et modeste, qui serve à édi6er et non pas à troubler les faibles.

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pas présens^ et qa'il avertit de se donner garde d'eux, afin que TEglise du Seignenr pût se garantir contre leurs entreprises , au cas qu'ils vinssent à Ephèse ; an reste il met soigneusement devant lestyeuz de ceux a qui il écrit les bons, exemples des fidèles des autres Eglises , afin de les animer par ce motif a la repentance et à l'amendement • Il y a assez de mauvais exemples par tout, sans qu'il soit nécessaire d*en aller chercher bien loin, mais pour ce qui est des bons exemples, on ne les trouve pas en aussi grand nombre en tous lieux. C'est pourquoi il est nécessaire de ne rien taire de tout le bien que font les fidèles des autres Eglises. Nais il y a des gens qui font tout le contraire^ découvrent la turpitude de chacun^ €;t ne trouvent rien de louable en qui que ce soit; ce qui peut aussi se faire à bonne intention, savoir, parce qu'on est plus attentif à faire qu'on évite le mal, et qu'on s'en garantisse, qu'à porter les hommes à faire le bien par Jésus-Christ ; ce qui est pourtant la chose qui convient proprement aipL Chrétiens..

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