‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 3)Chapitre 81 sur 98 · ACTES DU 8T1I0D · texte numérisé non relu

ACTES DU 8T1I0D

le coB^eil de Dieu, qui esl caohé sous la lettre. Sam cela on lit ordiDairement l'Ecriture sainte sans dévotion, comme une histoire mondaine^ et l'on y exerce uniquement sa raison. Aussi cela ne produit-il autre chose , qu'une sagesse enflée et charnelle, que l'on propose ensuite au pauvre peuple, comme venue de Dieu et tirée de sa Parole. C'est pourquoi St. Jaques dit fort bien dans son Epitre : « Si quelqu'un d'entre vous a besoin de de sagesse, qu'il la demande à Dieu , qui la donne libéralement, etc. » (Chap. I.)

Quand on a ainsi présenté à Dieu la prière d^un cœur pénitent et altéré de la grâce, alors il faut ouvrir le Livre, et le lire comme la Parole de Dieu, ainsi qu'il e^t véritablement, et non pas comme la parole des hommes; en persévérant dans le désir qui a dicté la prière qu'on vient dé faire, jusqu'à ce qu'on sente quelque peu d'intelligence divine découler d'en haut^ que le lecteur doit incessamment recueillir avec soin, et penser d'abord qoe le St.-Esprit parle en lui, pour le censurer et le corriger; c'est-à-dire^ le lecteur doit se regarder comme écarté de toutes les créatures, et agir uniquement avec Dieu, atec un esprit simple et consacré à son service, et ne pas se mettre en peine de ce qu'il doit dire au peuple^ mais comment il pourra lui-même recevoir de Dieu de nouvelles lumières.

Il faut alors que le lecteur compare ensemble d'autres passages de l'Ecriture, avec Texpérience que sa foi a faite auparavant, lorsqu'ils pourraient paraître opposés à l'intelligence qu'il aurait présentement^ et prier de pouvoir les concilier ensemble; et persévérer constamment dans cet exercice, jusqu'à ce que la vérité de celle même Ecriture reluise vivement dans le cœur ; afin que

DE BBEHB. 509

cela soit suivi d'une vive aclion de grâces^ el d'une méditation appliquée de la connaissance qu'on a reçue.

Ensuite il faut prendre en main les livres et les commentaires qui ont été publiés de notre temps , et dans les temps passés, et les conférer avec Tintelligence que nous avons obtenue ; c'est ainsi qu'on peut les lire avec jugement, et avec proGt. Ah ! quelle joie n'est-ce pas , lorsqu'un homme trouve que Dieu lui a aussi donné quelque chose, qui s'accorde avec ce que les autres ont reçu, ou>^que même les autres n'ont peut-être pas encore reçu ? Cependant il ne s'en enfle point, puisqu'il l'a ob^ lenn do la bonté de Dieu, après le lui avoir demandé; el il sait bien ce qui s'en ensuivrait, s'il tombait dans la passion de la vaine gloire.

Il est bon aussi que chacun «nette ses pensées par écrit, et qu'il les compare avec celles qui suivront. Car il faut toujours avancer dans la voie de Dieu , d'autant plus que la mémoire est faible, il nous est donc avantag;eux d'avoir dans nos recueils quelque chose qui puisse nous servir dans l'occasion; et un tel exercice fait de nos âmes un arsenal bien fourni pour le service de Dieu notre Seigneur ; dans lequel sont mises en réserve des armes spirituelles , pour repousser les machinations de Salan.

810 ACTBS DU STUODE

Page 1