COLLOQUES DE SEMAUTE ANOLIS
Qu'un avait quelque doute là dessus; toutefois avec oxpresse réserve qu'on n’y enseignerait aucune doctrine contraire à la dispute et à la réforme de Borne, et au serment prêté; puisqu'on 'y devait rien proposer qui ne ft propre à l'avancement de la gloire de Dieu et à l'édification de l'Eglise, pour éviter lons les troubles.
onticrement; » que cependant ils ne voulaient pas dler la liberté aux doyens, d'assembler les ministres lorsqu'ils le jugeraient à propos pour des chosos nécessaires. !
La classe de Lausanne fat fort afligée de celte abolition des colloques de semaine: Elle députa en novembre Pierre Viret à Berne, pour en obtenir la révocation. Les Seigneurs remiront l'examen de cotte affaire aux ecclésinstiques de leur capitale, qui donnèrent le 9 novembre leur sentiment par écrit, comme s’ensuit : « qu'ils approuvaient fort l'édit de LL. EE. sur ce sujet, comme étant fort équitable; que si toutefois il plaisait aux ministres de s’assembler plus de quatre fois par an, on pourrait le leur permettre, à condition : « 4° Que personnene seraitcontraintde s'y rencontrer, sinon aux quatre généraux; 2° qu'on n’y disputerait point comme | cela s'était pratiqué par le passé, maïs que l'un des ministres devait simplement axpliquer quelque passage de Ecriture, et ensuite se retirer, et que les autres fissent l'examen de sa conduite et de sa doctrine, ot que lee avis de l'assemblée lui fussent adressés par le doyen: 3° que les professeurs on hébreu et en grec pourrai aussi expliquer quelque passage de l'Ecriture; 4° qu'ils n'introduiraient aucune nouveauté; 5° qu'on ne leur ac-
2 Wei. Miss. p 31.
Es LAUSANNE. MIBLIOTHEQUE PUBLIQUE,
cordât celte liberté que jusqu'aux premiers chapitres généraux, dans lesquels on verrait si cos colloques auraïent été utiles ou non, pour lescontinucr ou lesabolir, Les Seigneurs approuvèrent cel avis, ot le munirent de leur autorité dans les leltres qu'ils écrivirent aux classes de Lausanne et de Payerne. ! (Aujourd’hui il est établi depuis longtemps que ces colloques 20 s'assemblont que deux fois par an. )
Dans ce temps-là les professeurs et les ministres de Lausanne étaient divisés entr'eux et ne s'entendaient pas bien pour l'exercice de leurs emplois, et pour la pro: pagation de la réforme. Les Scigneurs do Borne informés de leur division, avaient envoyé lo 9 de février leurs députés à Lausanne, pour réformer le collége el l'académie, et accorder entr'eux les académicions. À
Cette année les Seigneurs de Berne donnèrent u56 somme considérable pour achcter des livres pour bliothèque publique de l'académie de Lausanne, auachèrent une pelite pension snnuelle pour Î ter peu-à-peu ; avec ordre au baillif d'en tônir um Sistre, dont il rendrait compte à sa sortie an lui succédersit. * L'an 1728, LL. EE. de Berne don: nèrent à l'académie trois mille francs pour augmentée celte bibliothèque. Ses Les
L’académie de Lausanne avait perdu Humbert Pie. colet, lecteur en langue grecque. Cette perte fut riches. ment réparée par Théodore de Bèxe, qui y fut pour exercer la profession de cette langue. Jai va son nom écrit de sa main dans le livre des signatures, avee
1 Ms, Amp p. AOL. Inste. b, 95.
3 Ms Amp490.
5 Ms. Amp. pe 1.
THÉODORE be nÈLE RO
celai de Jean Togaut, qui fut fait en même Lemps pro= fesseur en malhématiques.
Bère était né le 24 juin de l'an 1519 à Vezclay, petite ville du duché de Bourgogne, d’one famille considérable; Son père s'appelait Pierre De Bèze, c+ sn mère Marie Bourdelot. Dès se plus tendre enfance il fut élevé à Paris, par les soins de Nicolos De Bèze son oncle, conseiller au parlement, qui lorsqu'ileut atteint l'âge de. cinq ans, l'énvoya à Bourges, pour y éludiar sous, ls conduite de Melchior Wolmer, allemand, matifde Roth wyl, professeur en droite en langue grocque, Il y demeura sept'ans et y fit tant de progrès, qu'à l'âge de douze ans il avais déjà la toux les meilleurs auteurs grecs ot latins; mais le principal fort que Wok mar, qui était protestant dans lo cœur, lui inspire du goût pour la décirine évangélique. Bèze alla ensuite à Orléans, où ses parens voulaient qu'il étudiât le droit. Comme ilavait plus de goût pour les belles-lettres que pour la jurisprudence, il s'attache beaucoup à la lecture des poëles, et se sentant du talent pour la poésie, il publis, n'ayant pas encore vingt ans complels, un recueil d'épigrammes latines, qui lui firent beancoup d'honneur dans l'esprit de ceux qui aimsient cale sorte de lectures. Dans la suite ses ennemis, entre les catholiques, en ont pris occasion de le celomuier horriblement, cotnme s'il eût ét6 coupable des plus honteuses débauches. Mais il dt voir à ses calomnialeurs, et l'on a fait voir après lai encore que Lous ses vers n'élaient que des jeux d'esprit et la production d’on jeune homme entélé, el pour minsi dire aNolé de la poésie, et que du reste sa conduite avait été loijours pure et irrépréhensible, Lorsqu'il fut parvenu à un âge plus avancé, illeut honte de ses incpties ; il voulut lex supprimer, mois ses ennemis pour lui faiee
586 MÉTOINE DE dépit, les firent réimprimer avec soin. 11 a bien réparé celle faute on cansacrantsa muse à un meillour usage, es composant doi hymnes 6L traduisant en vers français les cent psaumes que Marot avait laissés, et tout le psautier en vers latins, À l’âge de vingt ans il prit à Ocléansle | degré do licencié en droit, et de là il rotourna à Paris, | | où il trouva son oncle Nicolas mort, qui lui avait procuré | doux bénéfices, dont la vente annuelle! était de 700 écus. Un autre oncle, Pierre De Bèze, abbé de Praimosi, | dont le bénéfice valait cinq mille écus, voulait lui ré signer son abbaye. Un frère aîné qui était mouranty foi | destinait aussi de bons bénéfices qu'il avait. Aïnsirretenu à Paris dans les délices, dans les agrément de Ve bondance et do la compagnie des gons d'esprit; ül y de: | meura neuf ané entiers. Cepondant la connaïssance quil avait de la véritable religion réveillait do Lempahen temps sa conscience ; de sorte qu'il résolut de renonest au papisme. E d'abord, pour ne pas tomber! dans les, péchés des jeunes gens, il s'engagon secrète | " messe de mariage avec une demoiselle, en [ deux amis, gens d'honneur, Laurent de se | Joan Grespin, Lous doux habiles ec j réserve, qu'il accomplirait ses promesses au Le qu'il l'épouserait en face de l'Eglise, ot il ne s'engagerait point dans les ordres de ll! maino. Cependant le monde le retenait Loujoursy férait à exécuterses résolutions et ses promesses, | malgré les sollicitations de son épouse. Enfin, Dieu lui. rude maladie dont il crut de mourir, Alors sa consciences M réveillée lui reprochant sa mollesse ct sa lâchoté, il re solut sérieusement de tout qi pour suivre le Sei- ‘abord qu'il fot guéri, renonçant à tousses | bénéfices qui étaient considérables, il s’exila volontaires
mnÉoDORE DE BÈZE, 587 © ment de sa patrie et sc retira à Genève, où ilarriva vers la fin d'octobre de l'an 1548. 11 épousa là solennellement sa femme, el résolut de s'établir dans cette ville. Il avait entrepris de s'associer avec Jean Crespin, qui y était arrivé avant lui pour dresser unc imprimerie ; mais la Providence en disposa d'une autre manière. Avant que de s'engager au travail, il voulut faire un voyage à Tubingue, pour y aller voir son bon et ancien maître, Melchior Wolmar, qui y'avait été appelé l'an 1525 par le duc de Wurlemberg. A son relout l'académie de Lau+ soone soubaila de l'avoir pour y enseigner le grec; et les Scigacurs de Berne l'ayant agréé, il accepta cette vocation et ÿ demeura dix ans, #’oceupank à ensvigner de vive voix et par écrit,
Le samedi 15 juin, entre Lroïs eL quatre heurés après midi, il tomba une quantité de grêle si prodigieuse depuis Berne jusqu’à Genève, par les cantons de Berne et de Fribourg et dans les environs, qu'elle gâta entière. ment le blé et les vignes, et endommagea même quelques maisons. Les grains de gréle étaient comme des œufs, el il y en avait qui pesaient une livre, Cette 1empéte joïnte nux pluies froides qui régnèrent autour do la St. Joan, causa une disctte générale dans le pays, de sorte que sans le blé qu’on tira d'Allemagne, la moitié des habitans seraient morts de faim. La coupe de froment coûtait 33 Sp rare 4 prodigieuse pour ce | à, équivalente à plus de doue us lances monnaie d'aujourd'hui, * ! L:
Les douze cantons anciens ont comme chacun sait, quatre bailliages en Jtalie, qui ont été détachés autrefois
* Melch. Adam p. 905 ets. Ant, Fayi Vita Bezæ 2 Ma, Thom. 46,
588 BAILUIT DE MENDRASIO ASSASIINÉ.
du duché de Milan ; savoir, 1° Locarno, en allemand: Luggaris; 2° Lugano, en allemand : Lauïs ; 8° Mendri: sio; et 4° Val-Madio, cn allemand; Maynthal. Cor douze cantons y envoient chacun un baillif, à togrdé rolle pour deux ans. Ces gens-là ont de grands privée lges qui les tendent fort féraces ; et quoique zélés cs tholiques, ils ne sont pas plus soumis aux baillifs de lens religion, qu'aux réformés. L'an 1549, ceux de Mondrys employërent des bandits qui assassinèrent leur baillif nommé Mertz, de Schwrylr, avec son secrétaire et sos fiscal, dans la maison de l'archi-prêtre, et ile!
aussi tous 408 domestiques. Les Scigneurs de Berne prirent part dans celle occasion à la Juste douleur de ceux de Séhwylz, et chargèrent lours'dépulés à ln diète, (le 28 d'août, ) de la leur témoigner, mnix'en même temps de faire ensorte que celle affaire setorminêt par les voies ordinaires de la justice, eL non par la violence, de peur qu'il n'en arrivât un plis grands mal. Le gouverneur du Milanais envoya aussi un offidie à la diète pour témoigner le déplaisir qu'il avait dec assassinats, avec ordre de prendre des mesures nsecles cantons pour punir ces brigands, On dressa donc un rés glement entre le duché de Milan et les Suisses pour lt pusition des bandits ; et tous les bailliËs de ces ]
furent exhortés à prendre bien garde-à eux et à louss domestiques. !
Dans cette diète les sept cantons, Zurich , Uri, | Schwytz, Unterwald, Zoug et Glaris, en l'absence des” Lroïs autres, Berne, Fribourg et Soleure convinrent eveux, qu'à l'avenir les comptes des monastères de ls Thurgovie ne se rendraient plus qu'en présence du bail
* Stottler 468, à, bostr. be. 90.