Du Jeûne
III. Autant que l'Eglise chrétienne condamne la crft< pule, l'ivrognerie et toute sorte de débauche et d'i&tempérance, autant aussi elle nous recommande avect empressement le jeAae chrétien. Car le jeûne n'est aulrA chose t|u'uDe abslineuce de gens pieux, une discipline^ UD frein que nous mettons à noire chair pour la tenir ev servitude, et que l'on emploie selon la nécessité oii l'ov se trouve , par où l'on s'humilie devant Dieu et l'on rei tranche à sa chair ce qui peut lui donner trop de forcs^ afin qu'elle se soumette plus facilement et plus prompte ment à l'esprit. C'est pourquoi nous disons que ceux-là ne jeûnent point, qui n'ont aucun égard à cela dan» leurs jeûnes, mais qui s'imagineul de jeûner lorsque, dans un certain jour, ils ne so remplissent le venlrfl qu'une fois, et que dans un certain temps prescrit, ils ■'abstiennent de certaines viandes, et croient plaire il Dieu par la vertu de celle œuvre et faire une œuvre mÔr ritoire. Le jeûne est seulement une aide que les saiotl emploient pour prier avec plus de ferveur et pour mieux pratiquer toutes sortes de vertus. Nous voyons dans \t^- Prophètes que Dieu n'agréait point les jeûnes des Juifs,* tandis qu'ils ne s'abstenaient que de manger et non dft commettre des crimes. "