Ëlie Benoit, 1. 1", liv. III, p
i04 HISTOIRE DE LA RÉFORMATION FRANÇAISE.
restèrent bruyamment leur joie; trente-cinq ans de guerre les avaient lassés; ils soupiraient après la paix, cependant tout ce que le catholicisme comptait d'hommes honorables se sentit abaissé dans l'humiliation que le pape avait infligé à la royauté dans la personne du monarque. Ils blâmèrent vivement Du Perron et d'Ossat, de s'être soumis à la formalité de la baguette. Quant au roi, il ne partagea pas l'indignation de son entourage; habitué à rire de tout, il rit des coups de baguette, car elles lui venaient en aide contre les ligueurs, sur les épaules desquels le pape avait frappé plutôt que sur les siennes. Après la cérémonie de l'abjuration et celle du sacre il pouvait tout se permettre; il fut fidèle à lui-même.
Le jour où il reçut la nouvelle de sa réhabilitation il envoya des courriers dans toutes les provinces de son royaume pour apprendre aux gouverneurs cet heureux événement ; il disait dans ses lettres « que le plus grand honneur que les monarques laissent d'eux a la postérité est de s'être humiliés et d'être enfants de l'Église.»'